vendredi 23 septembre 2022

Betty de Tiffany McDaniel 🎧 📘 [Prix audiolib 2021]


J’ai mis du temps à écrire ce billet comme j’ai mis du temps à lire ce roman !
Le succès a été énorme autour de ce texte, mais je dois malheureusement avouer que je fais partie du petit groupe de lecteurs et lectrices qui n’ont pas vraiment accroché.
Pourtant, je l’ai fini ! (À mon grand étonnement et c’est très probablement grâce à la version audio car le pavé « papier » serait resté dans les limbes de ma bibliothèque.
 



Betty est née dans une famille pauvre où la survie est parfois un combat de tous les jours.
Avec ses frères et soeurs, elle mène sa vie entre l’école, les déménagements, le potager.
Sa mère et son père, chacun à leur manière, maintiennent la famille hors de l’eau malgré les évènements qui s’acharnent sur eux…

Ce roman est un immense pavé qui vous mènera de Charibe en Scylla !
L’histoire de Betty et de sa famille est tragique, les évènements s’acharnent, tous plus cruels les uns que les autres !
La famille est métisse, le père de Betty étant indien et sa mère d’origine européenne.
Dans leur vie quotidienne, ils subissent la discrimination, la peur des voisins, les coups, les moqueries contre les enfants, les difficultés à trouver du travail, le rejet social.
La famille vit des deuils, des accidents, des tempêtes sans cesse et sans répit.
Les espoirs sont tous déçus et en écrivant ce billet, je ressens à nouveau cet océan de malheur.

Le portrait du père de Betty, cet homme qui tente de protéger ses enfants de la méchanceté du monde, est néanmoins magnifique.
La résilience de Betty est admirable et j’ai bien conscience que son histoire est tirée de celle de la mère de l’écrivaine mais quelle complaisance dans le malheur !
Je sais que la plupart des lecteurs et lectrices de ce roman ne seront pas d’accord avec moi mais certains évènements sont décrits encore et encore sur des pages et des pages comme s’il fallait s’en repaitre.
On a l’impression que cela ne va jamais s’arrêter.
J’ai eu envie de hurler, de crier « stop, n’en jetez plus » et j’ai fait plusieurs pauses dans cette écoute.
La version audio permet d’accélérer la vitesse d’écoute et j’en ai allégement profité.

La lectrice Audrey d’Hulstère donne au texte une espièglerie parfois, une gravité à d’autres moments qui permettent de suivre cette histoire et les émotions qu’elle suscite.
Et comme je l’ai dit plus haut, sans cette version audio, je n’aurais pas terminé.

Mon avis est loin d’être partagé, je le sais, alors n’hésitez pas à aller voir chez d’autres lectrices si le leur est plus enthousiaste ! 
 
 
 
 

 
 
 

 
 


 

vendredi 16 septembre 2022

Ma PLL d'été 🌞📚🏄🏼‍♀️🧘🏼‍♀️

Les vacances sont terminées, l’été file doucement vers sa fin, la rentrée est passée…
Il est temps de revenir par ici et de dépoussiérer un peu ce blog qui est resté bien silencieux pendant les semaines passées.

Pourtant, j’ai beaucoup lu.
J’avais emprunté une grosse pile de livres à la bibliothèque et j’ai profité des soirées d’été pour aller d’une page à l’autre.
J’avais aussi un petit stock dans ma liseuse et j’ai pu découvrir des titres qui feront l’objet de petits billets prochainement, et d’autres qui auront droit à quelques mots rapides parce qu’ils m’ont moins plu ou parce qu’ils font partie de séries très longues. 

Voici donc ma PLL, ou pile de livres lus 😁 ! 



J’ai ainsi lu mon habituel Agatha Raisin de début d’été, et comme la bibliothécaire avait réussi à me réserver deux tomes, j’en ai même lu un deuxième au mois d’août !
J’aime cette série qui annonce pour moi les déplacements longs de fin d’année, qui se lit en quelques après-midi et qui ne me déçoit jamais.
Peut-être est-ce parce que je n’en attend pas trop.
Les tomes se succèdent et Agathe reste égale à elle-même, parfois agaçante, parfois touchante.
J’aime savoir ce qu’il va lui arriver et l’auteur arrive tout de même à se renouveler quelque peu.
Ces deux volumes étaient encore une fois bien sympathiques avec un changement de cadre et de personnages pour le premier.
Je me suis bien amusée à suivre ces histoires. 



J’ai commencé la série Les Beaux étés pour la seconde fois.
J’avais déjà emprunté les premiers tomes mais les premières pages ne m’avaient pas plu.
Cette fois, je m’y suis mise et je poursuis… les tomes suivants sont sur ma table de nuit. Je ne suis pas hyper fan des dessins mais j'ai envie de mieux connaitre ces personnages.



J’avais noté le Prince et la couturière depuis longtemps dans mes envies.
J’ai trouvé ce gros roman graphique joli mais un peu prévisible.
L’histoire est plutôt attendue, on devine vite ce qu'il va se passer. Elle fait néanmoins du bien dans notre monde un peu trop sectaire souvent.

La fin est sympathique et permet de renforcer l'interrogation de notre rapport à la différence.
J’aurais toutefois apprécié un peu plus d’originalité dans la trame du récit.

Je garde les autres pour des petits billets plus détaillés... 

Et vous ? Vous avez lu quoi pendant l'été ?? 

Des lectures communes avec les miennes ? 



jeudi 28 juillet 2022

L'ange de Munich de Fabiano Massimi 🎧 📘 [Prix audiolib 2022]

 Je vous emmène en 1931 à Munich pour ce billet de lecture, avec un roman qui ne vous laissera pas indifférent·e.
C’est une période historique que j’ai longtemps eu du mal à retrouver dans les romans.
Ce n’est pas très gai et souvent tragique.
Je me suis laissée tenter par plusieurs romans ces dernières années et je ne l’ai pas regretté.
C’est encore le cas cette fois-ci. 

 


1931, Munich.

Le commissaire Sauer et son adjoint sont appelés sur les lieux pour constater le décès.
Ce qui ressemble à un suicide n’est pas tout à fait convaincant et les deux enquêteurs soupçonnent quelques secrets.
Le propriétaire de l’appartement où ils se trouvent, un certain Adolf Hitler, vient ajouter à cette affaire une complexité qui leur laisse peu de latitude pour enquêter, surtout que l’affaire est close dans les heures qui suivent, puis rouvertes ensuite…  

Saviez-vous qu’Adolf à la petite moustache aimait les jeunes femmes ?
Il savait s’entourer de jeunes et jolies femmes toujours beaucoup plus jeunes que lui.
Il y en a eu de célèbres, comme Eva Braun, et de moins connues comme Geli.
Il faut dire qu’Angela Raubal, dite Geli pour la distinguer de sa mère, n’a pas vraiment eu le temps de se faire remarquer.
A 23 ans, elle a été retrouvée morte, une balle en plein coeur tiré avec le pistolet de son oncle, le fameux Adolf.
Comme il était absent, il n’a pas été accusé et a pu continuer son ascension politique.
L’affaire a été étouffée et on n’en a plus entendu parler.

Fabiano Massimi propose de revenir sur cette affaire et de mettre en scène deux enquêteurs aux prises avec les secrets et les manipulations du parti Nazi.
Ils n’ont pas encore accédé au pouvoir mais les piliers du futur régime sont déjà en place.
Himmler, Goebels et les autres se croisent et brouillent les pistes dans un récit raconté du point de vue du commissaire Sauer qui, lui-même, a des choses à cacher.
Et cela fonctionne rudement bien !
On suit le commissaire avec plaisir, on guette les révélations, on a peur pour lui quand un danger le menace, on voudrait qu’il y voit plus clair dans cet imbroglio à la fois politique et sentimental.
Le rythme est haletant, et les évènements se succèdent jusqu’à la dernière ligne.
Pourtant, si les personnages sont réels, y compris les deux enquêteurs, rien ne dit qu’il s’agisse ici de la bonne version des faits.
Mais cela fonctionne et c’est tout ce qu’on demande à ce genre de roman !

La lecture de Nicolas Matthys est vive et expressive, sans trop en faire.
C’est parfait pour ces 14h d’écoute (que j’ai écouté, comme à mon habitude, à vitesse 1,25).
Comme les personnages sont connus, on s’y retrouve facilement, même s’ils sont beaucoup.

Un roman à écouter si cette période vous intéresse !! 
 
 
 


 


 



mardi 12 juillet 2022

Einstein à la plage de Marc Lachièze-Rey 🎧 📘🔬

C'est le début des vacances, c'est le moment idéal pour vous parler de ce titre qui appartient à la série de livres "à la plage". 
L'idée est de présenter les théories d'un grand penseur ou d'une grande penseuse (mais j'ai l'impression qu'il y a surtout des hommes jusqu'à maintenant) sur un mode plutôt ludique et accessible.
 
 

 
Dans ce texte, il est donc question d'Einstein, et, évidemment, de sa théorie de la relativité. 
Marc Lachièze-Rey nous explique ce que signifie exactement la théorie de la relativité et tente de rendre claire la fameuse formule E=mc2
Évidemment, le livre ne se limite pas à ces deux sujets car les recherches d'Albert ont été plus vaste que ce petit espace restreint qui le symbolise. 
Il explique comment il en est arrivé là et ce que cela représente pour la recherche mondiale, ce qui permet de comprendre le passage de la formule dans la culture commune. 

La lecture de Jean-Philippe Renaud est claire et fluide, ce qui permet de bien suivre et surtout, de ne pas trouver cela trop lassant. 
Néanmoins, je vous invite à bien choisir le titre que vous allez écouter sur la plage. 
Dans la série, vous trouverez Schrödinger et Einstein aux éditions Audiolib. 
Il y a également beaucoup d'autres titres pas encore enregistrés comme Hawking, Darwin, Napoléon, Freud, Charles de Gaulle, Kant, Turing, Newton, Galilée, Pasteur, Pascal, Pythagore, et quand même quelques femmes : Halimi et Colette ! 
J'ai été intéressée par ce titre parce que je voulais comprendre un peu mieux la relativité. 
Le contrat est rempli. 
Le livre est clair, complexe mais c'est normal et je n'attendais pas qu'on me prenne pour une enfant. 
Cependant, si vous choisissez un sujet qui vous intéresse vaguement seulement, vous risquez d'être vite perdu car il faut s'accrocher un peu. 
Il ne s'agit pas seulement de se détendre sur le sable, mais également d'apprendre quelque chose. 
 
C'est donc une lecture instructive, qui pourra aider les lycéens à comprendre ce qui peut traverser leurs cours et leur paraitre compliqué, et les plus grands à enfin pouvoir dire E=mc2 en comprenant de quoi ils parlent !   
 
 
 
 
 
 

 

dimanche 10 juillet 2022

Sunday mood banané !! 🍌 ☕️ 📚

Hello !!
Il y a bien longtemps que je n'étais pas venue discuter un dimanche soir par ici. 
Il faut dire que l'année scolaire a été chargée, longue et bien remplie.
Elle touche à sa fin dans quelques jours et je ne suis pas mécontente, même s'il me reste encore pas mal de choses à finir.
 
 

 
Comme vous l'avez peut-être constaté, je n'ai pas fait de cuisine depuis pas mal de temps (mis à part les repas familiaux pour lesquels je n'ai d'ailleurs plus vraiment d'idée !) et il n'y a pas eu de gâteau ou de plat depuis plusieurs semaines. 
J'avais aussi un peu abandonné mon crochet. 
J'ai commencé des bidules, et puis je les ai reposés. Rien ne me tentait vraiment. 
Pour essayer de contrer un peu ce petit coup de mou, je tente de cuisiner avec mon crochet plein de petits trucs rapides à fabriquer ! 
Et cette après-midi, cela a fonctionné. 
Me voilà avec 6 rondelles de banane qui attendent la suite d'une petite salade de fruit qui va me suivre cet été.
 
 

 
Je lis aussi, même si je ne vous en parle pas vraiment. 
Après un manga, 3 ou 4 BD, un Agatha Raisin, j'ai ouvert Et à la fin, ils meurent de Lou Lubie qui est absolument réjouissant ! 
L'autrice s'amuse à reprendre les origines des contes pour montrer qu'ils sont bien plus cruels que ce que l'on pourrait penser ! 
C'est très amusant.
 
 
 

 
J'ai très envie de vous parler bientôt des quelques BD lus dernièrement. 
Certaines sont vraiment chouettes et ce serait dommage qu'elles ne soient pas plus connues et surtout lues. 
Mais on a un programme chargé la semaine prochaine à base de siestes, spectacle de marionnettes, goûter de crêpe, encore un spectacle de marionnettes, petites tranches de kiwi au crochet et un peu de travail quand même aussi !! 
Je dois aussi ranger intégralement mon "dressing" 😆. 
On a refait intégralement la pièce ces dernières semaines, avec changement de fenêtres, plafond en placo et peinture. 
On a monté ce matin une énorme commode mais il faut la remplir désormais...

En attendant, bonne semaine à vous et bonne soirée !
 
 
 
 


 
 
 
 
 

lundi 4 juillet 2022

Les gardiens du phare d'Emma Stonex 🎧 📘 [Prix audiolib 2022]

Parmi la sélection du Prix Audiolib cette année, il y avait un roman dont je n'avais jamais entendu parler, un de ces romans dont le sujet est intéressant mais qu'on ne lit pas forcément, même si on n'est pas sûre de ne pas manquer quelque chose (je sens que je vous ai déjà perdu avec ma phrase à rallonge...). 
Ce roman s'intitule sobrement Les gardiens du phare, ce qui décrit exactement le sujet du récit. 
 
 
 
 
Lorsque les trois gardiens de l'un des phares les plus isolés de la côte disparaissent d'un seul coup, sans prévenir, les hypothèses les plus extravagantes surgissent. 
Mais que s'est-il réellement passé sur ce rocher en pleine mer pour que leur disparition soit si soudaine que le phare semble avoir été déserté sans préméditation, en un instant, comme si les gardiens s'étaient évaporés ? 
20 ans plus tard, un écrivain célèbre vient interroger les veuves des gardiens pour tenter de démêler la vérité... 

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre lorsque j'ai commencé l'écoute de ce roman. 
Était-ce un thriller ? Un roman fantastique ? de la science-fiction ? 
Mais finalement, ce n'est ni l'un ni l'autre. 
Le récit est construit en deux temps. 
Il y a les entretiens que l'écrivain mène avec les veuves dans le temps présent et puis on change de partie et ce sont les gardiens qui s'expriment et racontent leur histoire. 
On attend des révélations mais comme je l'ai dit, ce n'est pas un thriller. 
Chaque chose arrive donc en son temps, après avoir fait le portrait de tous les personnages importants pour que le lecteur parvienne à bien comprendre ce qui a pu se passer. 

Le style est fluide, le récit nous conduit où il veut sans heurt et même si parfois on se perd un peu au début, on finit par repérer tous les protagonistes. 
Mais ce qui est vraiment intéressant, c'est justement les portraits psychologiques construits pour chacun. 
Les veuves ont dû se reconstruire après les disparitions, tandis que les gardiens racontent leurs vies cloisonnées, coupées en deux où ils ne peuvent pas vraiment vivre pleinement. 
La disparition sera le résultat d'un télescopage de tous ces fils au mauvais endroit au mauvais moment. 

La lecture de C. Braconnier et de G. Orsat permet de faire entendre l'alternance de voix entre les hommes du passé et les femmes du présent. 
Ils savent s'effacer derrière l'histoire pour ne pas interpréter et laisser le champ libre à l’imagination du lecteur. 
 
C'est donc un très bon roman pour l'été ! (à déguster aussi cet hiver pendant une bonne tempête !)

 


 


 

 

 

 

dimanche 26 juin 2022

Des recettes so british pour le mois anglais 🇬🇧☕️🫖🍰

Comme chaque année, j'étais pleine d'espoir à propos de ce mois anglais version 2022. 

Et puis comme c'est le cas chaque mois de juin ces dernières années, malgré un programme très raisonnable, le mois de juin a filé comme une flèche (mais une flèche bien remplie 😅). 

Qu'à cela ne tienne, il était hors de question que je ne fasse pas ce petit récapitulatif de bonnes recettes anglaises !

Vous y trouverez beaucoup de sucré... quasiment que du sucré 🙈. 

Mais le sucré, c'est la vie, non ? 

Alors c'est parti ! 

 


 


 

 

Alors ? Une de ces recettes vous tente ? 

N'hésitez pas à me dire en commentaire si vous avez testé !











mercredi 8 juin 2022

Ce que nous confions au vent de Laura Imai Messina 🎧 📘 [Prix audiolib 2022]

Enfin une lecture que j’ai adoré sans réserve dans cette sélection du prix Audiolib 2022 !!
J’ai aimé mes lectures précédentes mais il y avait toujours un « mais ».
Pour celui-ci, pas de mais, pas de réserve, j’ai tout aimé !
Et pourtant, ce n’était pas évident.
Il est question de deuil, de tsunami, de chagrins, et également de reconstruction,de résilience, de beauté de la vie. 


 
 
Yue a tout perdu lors du tsunami de Fukushima.
Sa mère et sa fille étaient dans un refuge mais l’eau a été la plus forte.
Depuis, elle vit à Tokyo où elle exerce son métier de journaliste radio.
Un soir, lors d’une émission sur le deuil, un auditeur évoque une cabine téléphonique située dans un jardin à des centaines de kilomètres de la capitale.
Le téléphone n’est pas raccordé au réseau mais les personnes en deuil vont y parler à leurs défunts et y trouvent un grand réconfort…


Voilà un roman qui aurait pu être d’une tristesse infinie mais qui s’est révélé d’une grande beauté.
Tout est délicat.
Les personnages sont fragiles et tout pourrait les casser d’un moment à l’autre.
Le jardin de Bellegardia lui-même semble si frêle en haut de sa colline face au vent.
Dès le préambule, l’autrice nous annonce qu’il va lui falloir subir un typhon qui pourrait tout détruire.
Et c’est précisément ce que chacun des personnages a vécu avant de se retrouver là.
Mais c’est aussi un roman de la reconstruction, de la force trouvée en soi, de ces personnages qui retrouvent un second souffle, comme une seconde vie.
C’est un roman du deuil et de la survie.

L’écriture est toute aussi délicate.
Les chapitres racontent principalement l’histoire de Yue et de temps en temps, celle des personnages qu’elle croise.
Quelques chapitres sont consacrés à des listes, au contenu d’une conversation évoquée dans le chapitre précédent, comme des respirations, des pauses techniques pour le lecteur qui font irruption dans le récit.
Là encore, cela apporte de la douceur au récit en permettant de se reprendre, de ne pas se laisser emporter par ce récit de la peine.

La lecture de Clara Bratjman correspond parfaitement au texte.
Elle se fait oublier tout en donnant un rythme convaincant à ce roman.
Pourtant, le sujet n’était pas facile et la lecture aurait pu basculer vers le sordide mais ce n’est pas le cas.

Je vous conseille donc sans réserve ce petit roman qui va se classer sans hésiter dans les premières places de mon classement pour cette édition du prix Audiolib !!  
 
 
 

 


 
 

samedi 4 juin 2022

Seizième printemps de Yunbo

Attention, pépite !! 
Je me suis remise à lire des bandes dessinées et quel régal quand on tombe sur de beaux livres comme celui-ci ! 
 
 
 
 
 
Yeowoo a cinq ans quand sa maman part et la laisse seule avec son papa. 
Incapable de s'occuper de l'enfant, il la confie à sa tante et son grand-père à la campagne. 
Yeowoo doit apprendre à vivre dans ce nouvel environnement où elle a perdu tous ses repères. 
Mais un jour, une nouvelle voisine, Paulette la poule, s'installe dans la maison d'en face...
 
Publié aux éditions Delcourt, cet album fait la part belle aux couleurs douces, pastels, avec des foisonnements de touches plus vives. 
Le dessin est doux comme une brise d'été, et on aimerait aller visiter ce village où Paulette et Yeowoo ont trouvé refuge. 
Les visages sont expressifs, fins, et le choix d'avoir mis en scène des animaux sert parfaitement le récit. 
On ressent toutes les émotions de Yeowoo et on a envie de la serrer dans nos bras. 
 
Le format à l'italienne donne un autre rythme au récit et permet d'admirer de pleines pages comme des tableaux. 


 
Le choix des prénoms est amusant et montre les liens de l'autrice coréenne avec la France où elle vit. 
 Chaque nouveau chapitre est illustré par une fleur et porte sur une année supplémentaire passée au village. 
Car Yeowoo, vous vous en doutez peut-être, va rester quelques années chez son grand-père et sa tante. 
Cette situation est effleurée et on n'en sait pas beaucoup plus sur l'absence de sa mère notamment (pour son père, on voit bien l'idée !) car l'histoire est centrée sur la petite fille qui grandit. 
Son caractère parait difficile, mais elle est surtout infiniment malheureuse. 
Paulette va apporter une touche de fantaisie et d'originalité dans sa vie qui prend ensuite un autre tour.
 
 
 
J'ai vraiment aimé cette histoire d'une vie qui se construit, de la peine qu'il faut assumer, de l'abandon qu'il faut accepter. 
Mais Paulette amène à réfléchir au regard que l'on porte sur ceux qui viennent d'ailleurs (une poule chez les renards...), ceux qui n'ont pas peur d'être eux-mêmes, bien que cela semble les isoler. 
 
C'est donc une très jolie histoire d'émancipation servie par un trait d'une douceur infinie que je vous recommande sans hésiter, y compris pour les enfants sans doute à partir de 8 ou 9 ans !!!



 
 


 

 

mercredi 1 juin 2022

Un mois so british !! 🇬🇧📚💂🏻‍♀️

 En ce premier jour de juin, revoilà le mois anglais !! 
 
Pour notre plus grand plaisir, comme chaque année, Lou et Titine nous emmènent en Angleterre pour partager le plaisir de lire british mais aussi de manger, de regarder des séries ou de parler de ce qui nous convient du moment que cela a un rapport avec l'Angleterre !! 

Il y a eu des années avec beaucoup de participations, comme en 2013, 2015, ou 2016 et puis d'autres où je n'ai apparemment rien publié 🫣 mais j'allais sûrement voir les billets des copines ! 

Pour cette année, je vais rester prudente. 
Ma pile à lire contient deux romans empruntés à la bibliothèque. 
Il faut donc impérativement que je les lise dans des délais raisonnables. 
Pour le reste, je les ai sorti et on verra bien. 
Nos organisatrices ont prévu un calendrier très alléchant, je vais essayer de publier une ou deux fois dans les thèmes. 

J'ai déjà quelques lectures dans ma besace, comme les Gardiens du phare, et Mythos en livre audio. 
Il y aura un billet regroupant toutes les recettes british publiées sur ce blog et j'ai bien envie de vous parler de quelques séries regardées sur Netflix ces derniers temps comme The Crown ou Bridgerton (que tout le monde a vu j'imagine 😆).

Et chez vous ? Quel est le programme ??



Mes billets anglais sont par ici... 

 

 



 

lundi 30 mai 2022

Un jour ce sera vide d'Hugo Lindenberg 🎧 📘 [Prix audiolib 2022]

 Un peu de nostalgie, ça vous dit ? 

C'est ce que propose ce roman qui vous emportera sur une plage qui ressemble à toutes ces plages qu'on a connu enfant, pour une aventure d'enfant qui rencontre un autre enfant... 

Vous n'avez rien compris ? 

Ce n'est pas si grave, il n'y a rien à comprendre, pas d'intrigue trépidante ni de révélations cachées.

 Il y a parfois des livres qui me laissent sans voix.
Sans voix d'ennui. Sans voix de vide. Sans voix d'attente pour rien.
J'ai commencé ce roman en me disant que, pour une fois, allez, on se motive, j'allais aimer un roman Prix du livre Inter.
Et puis finalement non.
Encore une fois, c'est un grand non !!
Le jeune narrateur passe ses vacances à la mer avec sa grand-mère.
Il voit des méduses et imagine ce qu'elles pensent, mais surtout, il se fait un ami...
Bon, ça partait plutôt pas mal en mode "nostalgie", "souvenirs d'enfance", "je vais jouer sur la corde sensible de mon lecteur qui revivra peut-être des petits bouts de son enfance".
Oui, mais non.
Le texte est bien écrit, plein de sensibilité et de ces petits moments qui ont effectivement fait nos vacances quand on était petits.
Qu'on soit allé à la mer ou non, les petits plaisirs et les petites hontes racontés ici évoquent forcément quelque chose d'une enfance enfuie, d'un temps qui n'est plus.
On écoute ou on lit ce texte en attendant des révélations sur la vie du narrateur, on attend qu'il se passe quelque chose, que l'histoire passe un cap... mais non.
Rien de tout ça.
Il y a bien quelques informations en filigrane et un tout petit évènement vers la fin mais les fils narratifs qui s’annoncent et auraient pu être intéressant, ne sont qu’effleurés.
Et lorsque le dernier mot est arrivé, j'ai juste eu envie de dire « tout ça pour ça ?? ».

Mais heureusement, il s’agissait de la version audio !
La lecture de Clément Hervieu-Léger (de la Comédie Française) est douce comme l’est le texte, mais surtout, l’audio permet d’accélérer le rythme.
Je suis donc passée à la vitesse supérieure (la 2 😅) pour pouvoir le terminer rapidement, et c’était pas mal tellement je m'ennuyais.

En bref, j’ai eu la sensation d'être ce petit garçon mais sans le soleil et le sable.
Tant pis pour moi !


 


 

jeudi 5 mai 2022

Enfant de salaud de Sorj Chalandon 🎧 📘 [Prix audiolib 2022]

Cela me peine de l’écrire, mais je crois que mon amour pour Sorj Chalandon s’éteint peu à peu 😅.
Voilà ma troisième lecture de l’auteur et malheureusement, je n’accroche plus autant que la première fois.
Mais voilà mon avis qui vous donnera peut-être quand même envie de le lire.

Lorsqu’il apprend qu’il va couvrir le procès de Klaus Barbie, le père du narrateur lui demande un laisser-passer pour y assister également.
Après avoir hésité, il accepte et chaque jour, il assiste au procès en observant son père et ses réactions.
Car son père a connu lui aussi des aventures pendant la guerre mais il n’est pas facile de savoir ce qu’il s’est réellement passé…



Il y a des lectures pour lesquelles il est difficile de rédiger un billet clair, argumenté, avec un avis tranché !
Il y a parfois un sentiment diffus qui nous dérange, sans qu’il soit toujours possible de mettre le doigt dessus.
C’est le cas, pour moi, avec ce roman de Sorj Chalandon.
Il y a quelques années, j’ai lu et adoré Le quatrième mur, puis j’ai lu Le jour d’avant et j’ai beaucoup moins aimé.
L’aspect autobiographique m’a un peu trop fait penser à une psychothérapie sous forme de roman et ce n’est pas vraiment le genre de livre qui me passionne.
Dans Enfant de salaud, Sorj Chalandon reprend le personnage de son père.
Il ne s’agit pas de son père réel mais d’un personnage qui en est très proche.
Il imagine ensuite comment son père aurait pu se comporter s’il avait assisté avec lui au procès de Klaus Barbie.
Les chapitres alternent entre l’histoire du narrateur et de son père, et le récit du procès et de ce qui a pu s’y passer.

Les pages consacrées au procès m’ont vraiment intéressé.

Elles sont documentées, palpitantes, on apprend énormément de choses.
J’ai aimé aussi que cela ne soit pas juste factuel concernant Klaus Barbie mais cela ne joue pas non plus sur une sensiblerie exacerbée.
Sorj Chalandon,  parle des témoins, de ce qu’il se passe dans un tribunal mais il n’en fait jamais trop.
C’est vraiment réussi et parfaitement équilibré.

L’auteur raconte en parallèle sa relation avec un père mythomane et collaborateur.
Il rapporte sa quête d’informations, comme il lui est difficile d’obtenir une information fiable de la part de ce père à la fois trop présent et insaisissable.
Il parle d’un passé peu glorieux et arrive à évoquer plus largement ces hommes et femmes dont on ne parle plus mais qui restent dans la mémoire collective comme des traitres à leur patrie.
Suivre le parcours du narrateur est intéressant et on ne peut qu’avoir envie de savoir ce qu’il va se passer mais j’avoue avoir été beaucoup moins touchée par ces pages.

La lecture est faite par Feodor Atkine, l’une de mes voix préférées !
Comme à son habitude, l’acteur sert le récit avec sa voix chaude et grave.
Par contre, j’ai écouté à vitesse 1,5 car la lecture était trop lente pour moi.


En bref, c’est un roman avec un thème très particulier qui peut vous plaire si cela vous passionne. 

 

 

 

 


 

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