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lundi 26 janvier 2026

Mille Milliards de rubans, la vraie histoire de la mode de Loïc Prigent

Vous êtes vous déjà demandé d’où venaient les crinolines, quel était leur usage social et leur symbolique ?
Et qui étaient les premiers « grands couturiers » ? D’où vient la « mode » ? Qui a décidé qu’il y aurait plusieurs collections par an au lieu d’une ? 
Bon, je le sais, la plupart des gens ne se posent pas autant de petites questions que moi 😆 mais ce sont des questions utiles, non ? 
En tout cas, Loïc Prigent les a trouvé autant utiles que moi et en a fait un livre 🤣 ! 

 

 
 
Et me voilà en train d’écouter les aventures de la haute couture du 19e siècle pendant mon déménagement ! 
Loïc Prigent n’en est pas à son coup d’essai et a déjà publié plusieurs ouvrages. 
Avec Mille Milliards de rubans, il nous propose de plonger dans le 19e siècle, pour découvrir d’où viennent les codes actuels de la mode. 
Il balaye ainsi une période qu’on voit beaucoup sur les gravures encadrées, sans vraiment la connaitre. 
Il nous dévoile le rôle de l’impératrice Eugénie, des industriels comme Singer, des grands magasins, ou de Worth, premier grand couturier que tout le monde s’arrachait. 
Le texte est un essai documentaire, mais le ton se veut amical, l’auteur nous interpelle, nous raconte d’où lui est venu cette idée. 

Il nous donne son avis, ses opinion et n’hésite pas à ajouter des superlatifs, des questionnements et de nombreuses accroches. 
Dans la version audio, évidemment, comme l’auteur lit lui-même, on apprécie encore plus ses interventions dans le récit ! 
C’est rythmé, ça réveille le lecteur qui en aurait besoin, et ce n’est jamais ennuyeux. 

On en profite pour apprendre plein de choses, sur un ton léger mais sans sacrifier aux informations historiques. 

Une suite est prévue, et c’est une bonne nouvelle car il s’arrête en 1913, au moment de l’ouverture de la boutique de Chanel. 
On est impatients de connaitre la s
uite ! 
 
 
 
 Catégorie "Objet" pour le 
Challenge Petit Bac chez Enna !



 

samedi 24 janvier 2026

Chats sur ordonnance de Syou Ishida

Choisir la première lecture de l’année est toujours un moment délicat. 
J’aime en général choisir un roman qui correspond à mon humeur, à mon énergie, mais encore plus en début d’année. 
Et cette année, j’ai choisi exactement ce qu’il me fallait. 
 

A Kyôto, Shûta est un employé modèle pourtant harcelé par son supérieur. 
Il voudrait faire plus, être meilleur, mais plus il travaille, plus sa vie est difficile. 
Il décide alors de suivre un conseil que lui a donné un ami qui connait un ami qui a entendu un cousin lui parler d’une clinique révolutionnaire. 
Shûta se rend alors à la clinique du docteur Nike pour une aide psychologique et… reçoit un chat ! 

Voilà un roman parfait pour commencer l’année, un petit bonbon tout doux qui vous donnera le sourire en quelques pages. 
L’histoire est assez simple, mais efficace, avec une pointe de fantastique. 
Plusieurs petites histoires se succèdent avec un fil conducteur : une clinique pour soigner les émotions qui se dévoile uniquement à ceux qui veulent vraiment la voir.
Le docteur qui reçoit les patients leur prescrit des chats pour une ou deux semaines, et leur confie des spécimens et tout l’équipement pour s’en occuper. 
Chaque chat est destiné à un usage bien précis et lorsque l’infirmière se trompe, cela se voit tout de suite ! 

Dans ce petit roman, il n’y a aucun piège, pas de suspense, mais juste de jolies histoires. 
C’est assez rafraichissant, et vraiment distrayant. 
Le lecteur suit plusieurs patients qui se succèdent dans la clinique.
Chacun a des problèmes très différents qui se résolvent aussi de manière très différentes. 
Il y a des histoires courtes, d’autres plus longues, des hommes, des femmes, certains se croisent, d’autres vivent leur vie.
C’est d’ailleurs très amusant de guetter les mentions de personnages précédents. 

Cette légèreté n’empêche toutefois pas les émotions, mais en douceur, sans brusquer le lecteur. 
On lit parfois avec appréhension, en espérant que tout s’arrange, on a une petite larmichette au coin de l’œil après certaines scènes, on est content ou triste pour certains personnages (ou certains chats). 

Et la version audio sert magnifiquement ce texte ! 
La lecture de François Berland est expressive tout en nous laissant une part d’interprétation. 
Sa voix est facile à suivre, et on suit bien les différents personnages (et il y en a quelques uns). 
La durée du livre, 6h15, vous permettra de découvrir ce format si vous ne connaissez pas, ou de vous plonger dans une lecture très plaisante. 


Pour finir, précipitez-vous sur ce roman qui vous ravira, et si vous avez perdu un chat récemment, cela pourrait bien vous aider de lire/écouter ces petites histoires !! 
Quant à moi, je note le second tome dans ma liste d’envies ! 
 
 

 
 
Première participation pour le challenge Petit Bac d'Ennalit avec la catégorie animal ! 

 

mercredi 10 décembre 2025

Le chat du rocher de Nelson & Quinn

Les romans qui se déroulent à Monaco, cela ne coure pas les librairies ! 
Quand j’ai vu passer celui-ci lors d’une opération Masse Critique de babelio, et en plus en audio, je me suis dit que cela pouvait être très sympa à écouter ! 
Et j’ai eu le plaisir d’être sélectionnée ! 

 


Calypso vient de s’installer sur le rocher, fuyant le Brésil et ses problèmes personnels. 
Son mari l’a quitté, la série dont elle était actrice principale s’est arrêtée, et sa fille vit sa vie de son côté. 
La déprime guette quand elle se réfugie chez sa tante et reprend la brocante dont l’ancien gérant a disparu du jour au lendemain. 
Elle s’ennuie ferme, tentant d’attirer l’attention de Poker, le chat qui occupe les lieux, quand elle découvre un corps en pleine nuit au fond de la cave… 

Voilà un petit cosy mystery bien sympatoche. 
L’histoire de Calypso est assez courante, en plein divorce, elle vient trouver refuge dans les lieux de son enfance et retrouve ses anciens amis. 
Là où cela devient plus rare, c’est quand elle croise la route d’un cadavre, puis revient et s’aperçoit que ce n’est plus le même cadavre ! 
Ce point de départ est assez original, vous en conviendrez. 
Il s’ensuit l’intervention de toute une galerie de personnages, parfois un peu trop pour qu’on les repère vraiment tous, mais c’est la loi du genre. 
Ils sont hauts en couleur, ils boivent, jouent au casino, passent leurs journées au salon de thé avec des verres de champagne. 
A la fin du roman, on est un peu plus à l’aise avec tous ces gens, et on les distingue mieux. 
Et puis il y a le fameux chat. 
Poker est resté quand l’ancien gérant de la brocante est parti. 
Il faut dire qu’il semble être le propriétaire des lieux et comme c’est un chat futé, Calypso se fait souvent voler quand il intervient pour faire dévier l’enquête. 
Le problème pour les humains, c’est que parfois, il laisse tout le monde se débrouiller tout seul en déclarant qu’il en a déjà bien assez fait ! 
 

L’histoire est parfois un peu tirée par les cheveux, mais c’est l’ambiance du roman qui veut cela, et sans doute aussi le fait qu’il s’agisse du premier tome. 
La présentation des différents intervenants semble aussi importante que l’enquête, et prend parfois le premier plan. 
On finit tout de même par connaitre l’assassin, et tout ce petit monde finit par trinquer au champagne. 


La version audio est rythmée, et facile à écouter. 
Katherine Pageon joue à fond le texte, modifiant sa voix pour qu’on la suive plus facilement. 
On se repère parfaitement, c’est un vrai plus pour les 10h que dure le roman. 


Au final, il m’a manqué un petit quelque chose pour que ce soit un coup de coeur, mais ce sera peut-être pour le tome 2 ! 


jeudi 23 octobre 2025

Fragrancia de Paul Richardot [ Version livre audio ]

L'automne est là, et voilà un roman parfait pour cette période ! 
(Mais pour d'autres saisons aussi !)
Léger, agréable à lire, rempli d’effluves de parfum, que demander de plus pour ces pluvieuses journées qui s'annoncent ?
 
Hélias est olfate en formation. 
Dans le petit cabinet du Mans, il aide son supérieur à concevoir des associations d’odeurs qui permettent à leurs patients de revivre d’anciens souvenirs avec l’aide de la SVM, une drogue de synthèse qui rend très réceptif. 
Hélias n’a pas toujours été olfate et cette place est une aubaine pour lui. 
Il espère d’ailleurs aller plus loin et attend sa place pour devenir olfate en titre… 
 
 
 


Je dois d’abord l’avouer, j’ai eu un peu de mal à entrer dans ce roman. 
J’ai écouté les 30 premières minutes, et je n’ai pas réussi à rester attentive. 
Pas sûre néanmoins que ce soit la faute du roman car le sujet m’intéressait, et en refaisant une tentative plus tard, je me suis dit que j’allais écouter au moins une heure avant de me décider, et  la deuxième fut la bonne ! 

Le roman commence par des explications nombreuses sur le travail d’olfate et le principe de la SVM. 

C’est évidemment indispensable pour que l’on puisse comprendre le principe même du livre, et l’auteur réussit à transmettre toutes ces informations sans lasser le lecteur. 
Le principe de l’élève qui écoute le maitre est détourné pour nous expliquer comment Hélias a été formé et est devenu olfate, mais nous n’avons pas toutes les informations, et le lecteur a envie de continuer pour en savoir davantage. 
L’idée est originale et on se prend au jeu facilement, en se demandant ce qu’on pourrait bien demander dans la même situation. 
Si vous avez pensé au roman le Parfum de Suskind lors de la lecture du résumé, comme vous le voyez, c’est assez différent. 

Les personnages sont construits petit à petit et prennent de l’épaisseur au fil des chapitres. 
Ils sont nombreux, mais bien identifiés, ce qui m’a permis de suivre sans problème. 
Ils évoluent dans différentes sphères qui se croisent par l’intermédiaire de certains personnages. 
On sent le début d’une série dans cette mise en place de différents univers, et les fils que l’auteur pourrait tirer s’il souhaite continuer (ce qu’il confirme dans l’entretien qui suit la lecture audio). 
L’histoire est complète et l’enquête, bien organisée, est résolue en fin de roman. 

La version audio est excellente, lue par Anatole de Bodinat. 
Elle m’a permis de suivre l’intrigue et de reprendre le roman sans problème. 
Comme souvent, l’interview de l’auteur en fin d’enregistrement est un vrai plus ! 
Cela permet d’en apprendre davantage sur le processus d’écriture, l’objectif de l’auteur, et encore une fois, cela m’a permis de comprendre davantage le projet de ce roman. 


En bref, c’est donc un roman bien écrit, plein d’odeurs, de parfums, et de personnages sympathiques.
Lisez le en audio, c’est encore plus immersif ! 




mardi 14 octobre 2025

Good bad girl d'Alice Feeney

Un petit thriller, ça ne se refuse pas.
Quand il est bon, c’est la garantie d’un bon moment et Good bad girl semblait pouvoir répondre à la promesse de son genre. 

Frankie est bibliothécaire dans une prison pour femme depuis des années. 
Depuis qu’elle a perdu sa fille, sa vie tourne en rond et elle ne voit plus d’intérêt à continuer. 
Ce soir, elle va enfin faire ce qu’elle a prévu depuis si longtemps… 

 


Ce roman est singulier. 
Sa structure est relativement habituelle. 
On suit Frankie, puis d’autres personnages qui se découvrent petit à petit, pour constituer une trame complexe dont les ramifications se révèlent en fin de récit. 
De ce point de vue, je n’étais pas perdue. 

On se demande ce qu’elle a fait, ce qu’elle veut avouer, comment les différents personnages vont se sortir de situations difficiles dans lesquelles ils se sont mis tout seuls, on espère que certains vont s’en sortir, que d’autres vont être démasqués. 
Je me suis prise au jeu et je l’ai fini avec curiosité, d’autant plus qu’il n’y a pas ici de description sanglante ou de sévices affreux. 
C’est un roman où des femmes tentent de faire du mieux qu’elles peuvent, et les hommes sont souvent des bâtons dans leurs roues. 
Mais pour un thriller, on manque un peu de tension et d’action tout de même. 
C’est assez gentillet (ce qui me convient bien en ce moment, j’ai du mal désormais avec les crimes affreux, après en avoir lu des dizaines) et même si le crime central a détruit plusieurs vies et est impardonnable, cela reste assez soft. 

J’ai néanmoins été gênée par les petites phrases moralisatrices qui émaillent le récit. 
Il y en a au moins deux par chapitre du genre « on n’a qu’une occasion de faire une première bonne impression » ou « lorsque les mots sont tus trop longtemps, leur date de péremption est dépassée ».
L’idée du roman est de questionner le bien et le mal, ce qui fait qu’une bonne action en est bien une et à quel moment une bonne intention peut devenir un acte horrible, et sur ce point, c’est réussi, mais ces petites phrases deviennent un peu obsédantes. 
Je me rends compte en l’écrivant, que c’est peut-être l’objectif de l’autrice de faire revenir ces phrases comme une ritournelle, mais cela m’a plutôt agacé. 

La version audio est lue par Claire Baradat et Marie Bouvier qui se coulent dans le récit avec un plaisir manifeste.
Leurs voix alternent pour identifier les différents chapitres qui portent sur l’une ou l’autre des personnages. 
On les suit facilement, et elles donnent du rythme au récit. 


Ce n’est donc pas le thriller du siècle, mais c’était une lecture agréable, une écoute qui permet de passer un bon moment, et qui sera parfaite en toutes saisons, sur la plage en plein été, ou avec un thé au coin du feu ! 

 


 

 

 

lundi 26 mai 2025

Ici et maintenant de Liane Moriarty

Avez-vous déjà consulté une voyante ? 
il parait que les Français, pourtant réputés cartésiens, se laissent aller à la consultation régulière de rebouteux, voyants et autres magnétiseurs ! 
Il semblerait que ce soit aussi le cas en Australie lorsqu'on lit ce roman de Liane Moriarty. 




Dans un avion au-dessus de l’Australie, une femme se lève et progresse lentement dans l’allée.
Le vol est très en retard, chacun pense à ce qu’il ne pourra pas faire en arrivant ou ce qui l’attend à Sidney.
Et puis la femme se met à désigner chaque passager l’un après l’autre, et pour chacun, elle indique l’âge et la cause de la mort… et puis elle passe au suivant !


J’ai commencé l’écoute de ce roman avec curiosité.
Le résumé est alléchant, l’idée est séduisante.
Une femme qui donne l’âge et le motif de la mort, on se demande forcément si on aurait envie de ce genre de prédiction, si on la croirait, ce qu’on ferait si cela nous arrivait et si elle nous annonçait une mort prochaine.
Avant même la lecture, beaucoup de questions se bousculent dans l’esprit du lecteur et on se doute que le roman n’y apportera pas de réponse, ce serait trop simple (et ce n’est pas ce qu’on lui demande finalement).

A la place, on découvre l’histoire de cette femme mystérieuse.
Chapitre après chapitre, elle remonte le fil de sa vie, de ses pensées, de ce qui l’a amenée dans cet avion.
C’est une plongée au fond d’elle-même qu’elle opère pour comprendre ce qu’elle a fait car elle n’en a plus aucun souvenir.
Ces chapitres alternent avec d’autres où le récit s’oriente vers les passagers.
On apprend alors comment ils ont réagi, s’ils ont changé de vie, et surtout, s’ils sont morts comme elle l’avait prédit.
La maitrise de la structure est parfaite.
Les récits s’équilibrent, et même si certains sont un peu moins forts que d’autres, on les suit tous avec curiosité.

Il y a un vrai suspense qui guide le lecteur une page après l’autre.
Je dois néanmoins vous avouer que j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire.
J’ai commencé l’écoute, et au bout d’un peu moins d’une heure, j’ai abandonné.
L’alternance des récits est rapide, on saute d’un passager à l’autre et il faut être plutôt attentif pour identifier tout le monde, placer les uns par rapport aux autres.
J’ai repris ensuite et progressivement, les chapitres s’allongent, on commence à identifier les personnages les plus importants et à s’y attacher.
Sans que les portraits soient très approfondis, on a tout de même l’impression d’avoir partagé un petit bout de vie, on a peur pour eux, on est plein d’empathie.
IL est ensuite difficile de quitter ces pages.

La version audio est intéressante pour ce type de roman aux voix multiples, car la lectrice module parfaitement sa voix et j'ai même cru qu'il y avait plusieurs actrices qui se succédaient. 
Et finalement non ! 
C'est Cachou Kirsch qui lit en nous permettant de bien identifier les changements de personnages.

C’est donc un roman vraiment surprenant, dans lequel il faut accepter d’entrer pour découvrir des vies 
 
 

 


mercredi 21 mai 2025

Nuit couleur larmes de Borja Gonzales

Quelle curieuse bande dessinée !  
Il y a parfois des objets littéraires un peu non identifiés. 
Cette bande dessinée en fait partie ! 
C'est une bande dessinée, aucun doute là-dessus, mais les choix graphiques sont vraiment originaux et je ne les ai jamais vu ailleurs ! 
 

 

 

Teresa tient une librairie d'occasion dans une petite ville où ont eu lieu de nombreuses disparitions. 
Une nuit, elle part dans la forêt et convoque une démone qui ne peut pas repartir tant que Teresa n'a pas fait un vœu. 
La démone s'installe donc à demeure chez Teresa en attendant que le vœu apparaisse...
 
En ouvrant ce livre, il faut se préparer à être transporté dans un univers vraiment autonome. 
L'auteur a fait des choix graphiques singuliers, et le récit qui est proposé est assez onirique. 
Le lecteur est plongé dans ce village déserté, au milieu d'un décor de verdure luxuriante qui envahit parfois l'espace des humains. 
Le choix des couleurs fait ressortir certains éléments, et donne une ambiance toute en clair obscur. 
Les touches de rose, de bleu, de vert mettent des objets en valeur et viennent animer les noirs et les bleus nuits.  
On ne sait d'ailleurs pas toujours si le jour a laissé la place à la nuit, et on sent une menace sourde qui plane sur les jeunes femmes.
Et puis il y a ce mystère : d'autres jeunes femmes ont disparu et reviennent pour attirer les vivantes. 
La présence décalée de la démone permet toutefois d'alterner les tonalités en apportant un peu de légèreté. 
 
Il faut néanmoins avouer que l'un des traits principaux de cette BD est très déstabilisant car il n'y a aucun trait du visage. 
Les personnages sont donc blancs, sans expression, sans yeux.
J'ai mis quelques pages à m'y habituer, et puis je n'y ai plus pensé, les émotions s'expriment autrement, et on les devine sans peine. 
Par contre, ce choix signifie nécessairement quelque chose et cela a peut-être à voir avec la fin qui est assez ouverte, laissant libre le lecteur qui peut interpréter les dernières pages comme il le souhaite, même si de nombreux indices sont disséminés.
 
En bref, c'est donc une belle bande dessinée, surprenante et un peu déstabilisante, mais qui vaut le coup d'oeil. 
 



 

 

vendredi 25 avril 2025

Elsbeth et l a malédiction du beau silence

Des enfants qui grandissent, c'est pratique, on peut lire tous ensemble le même livre, l'un après l'autre ou en même temps ! 
Et j'avoue, quand j'ai demandé cette BD lors de la masse critique Babelio de mars, j'ai tout de suite pensé que cela plairait à ma grande, et peut-être aussi à mon petit. 
Nous l'avons donc lu tous les 3... 
 

 
Elsbeth, sorcière en dernière année, doit choisir le thème de son mémoire de fin d'étude, et ce n'est pas facile. 
Elle a une idée, bien sûr, mais d'autres avant elle ont essayé de résoudre le mystère auquel elle s'intéresse et personne n'y est parvenu ! 
Il faut dire que ce n'est pas le plus simple, car là où vit Elsbeth, les hommes ne peuvent pas parler. 
Une malédiction leur a été jeté et ils sont depuis silencieux et incapables de pratiquer la magie...
 
Dans cette BD, évidemment, ce qui plait d'abord, ce sont les dessins et les couleurs ! 
Les personnages sont variés, avec des couleurs de peau parfois surprenantes, mais nous sommes chez les sorcières ! 
La palette choisie est douce, très actuelle et vient apporter encore plus de douceur à ce trait numérique, il est vrai, mais qui conserve une certaine tendresse. 
C'est vraiment très agréable à regarder, ce qui est tout de même intéressant pour une bd. 
 
L'histoire, ensuite, est intéressante, et on a évidemment envie de savoir ce qu'il va se passer ensuite. 
Ce premier tome est néanmoins un peu lent d'après ma grande. 
J'ai trouvé pour ma part qu'on apprenait plein de choses, ce qui est logique puisqu'il faut nous présenter tout le monde et poser l'univers dans lequel on nous plonge, mais il aurait pu se passer plus de chose, c'est sûr. 
En revanche, ce qui est vraiment sympa, ce sont les thèmes abordés. 
On y parle féminisme et écologie, et ça, c'est quand même peu souvent associé. 
Cela permet de discuter un peu avec les enfants et de leur donner à voir deux situations opposées, celle des femmes qui dirigent, et celles des hommes qui sont empêchés de parler. 
Les réactions chez mon fils et ma fille n'ont pas été tout à fait les mêmes, et cela nous a permis d'en parler. 
La BD semble néanmoins s'adresser plutôt aux jeunes filles avec ces personnages féminins en couverture, et ces couleurs, mais il faut aussi la mettre entre les mains des jeunes garçons ! 
 
Un premier tome sympa donc, très beau à regarder, et on attend la suite très vite pour confirmer ! 


 

mercredi 9 avril 2025

SImone Veil et ses soeurs, les Inséparables [BD]

C’est le retour de la BD en ce mercredi, cela faisait longtemps.
Mais une BD dont il n’est pas si simple de parler !!  Je lai lu il y a quelques semaines et j’ai laissé reposer cette lecture pour voir ce qu’il en sortait. 
 

Les auteurs ont choisi de parler des sœurs Veil, Simone bien sûr, mais également Denise, sa sœur aînée, dont on ne sait plus vraiment aujourd’hui qu’elle a été une grande résistante.
L’histoire est adaptée des Inséparables de D. Missika.

Un dimanche après-midi sous la neige, comme à leur habitude, les deux sœurs passent l’après-midi ensemble et se souviennent de leurs jeunesses, de la guerre et de ce qui lui a fait suite.
On remonte ainsi le fil de leurs vies, de la famille Jacob, qui s’installe à Nice et voit monter la menace, au retour après guerre et à la différence de traitement entre les deux sœurs.
Et c’est ce qui m’a le plus marqué dans cette histoire.
Denise évoque les conférences et les soirées auxquelles elle était invitée en tant que résistante, quand Simone lui oppose sa honte face à l’attitude de la société qui reprochait aux déportés de ne pas s’être défendu.
Le retour ne pouvait qu’être brutal, mais on a peu conscience aujourd’hui de ce rejet dont ils ont été l’objet.

Pour s’accorder avec ce récit, le dessin est réaliste et s’inscrit dans un décor chaleureux.
La chaumière normande de Simone Veil accueille les deux sœurs au chaud, alors que la neige recouvre le jardin.
J’ai beaucoup apprécié les petits clins d’œil à des tableaux célèbres, et l’histoire du chat et des enfants qui viennent apporter un peu de légèreté à cette tragédie.

Si vous avez envie d’en savoir plus sur le destin des sœurs Veil, cette bande dessinée sera parfaite. 







mardi 1 avril 2025

Écoute la pluie tomber d'Olivia Ruiz

Il y a quelques temps déjà, j’ai pu écouter la suite du roman à succès d’Olivia Ruiz La commode aux tiroirs de couleur.
Écoute la pluie tomber raconte l’histoire d’une des personnages secondaires du premier tome, et débute quelques années plus tard. 
 



Carmen pleure sa nièce adorée.
Le destin n’a pas épargné sa famille et le café de Marseillette résonne autant de rires que de larmes.
Elle se rappelle alors ce qui a marqué sa vie, ses errements comme ses réussites…
 
Dans ce récit plus court que le précédent, Olivia Ruiz retrouve les histoires de sa famille pour nous raconter celle de Carmen, l’une des sœurs de Rita, héroïne du premier roman.
Et il faut bien dire que Carmen est une personnalité particulière.
Ballottée par les flots, du sud de la France à l’Espagne franquiste, sur un paquebot voguant vers le lointain, en prison ou dans un train, elle ne sait pas toujours choisir ses alliés et se fait facilement avoir.
Grande naïve, elle se laisse embarquer dans des histoires louches sans une once de soupçon, quittant tout pour vivre un grand frisson qui la dépasse souvent.
On peut dire que c’est une femme entière, qui ne s’embarrasse pas de scrupules, et si elle veut partir, elle part !
Ce n’est pas forcément ce qui la rend heureuse, et elle se retrouve souvent dans des situations douteuses.
Au fil de ses aventures, elle rencontre des personnages plus ou moins recommandables, de ceux qui l’entraînent vers le fond, à ceux qui lui permettent de remonter la pente.
Elle croise ainsi la Yaya qui lui fait découvrir la lecture et l’amour des livres, donnant des passages qui m’ont vraiment plu.

C’est donc un récit dans lequel on s’immerge sans problème, en suivant Carmen et en espérant qu’elle va finir par s’en sortir.
Le seul petit bémol que j’aurais envie d’ajouter, c’est que cela va un peu trop vite.
Les évènements s’enchaînent les uns après les autres, les personnages sont très nombreux, souvent esquissés et on aimerait avoir un peu plus de temps pour les découvrir.
Certes, le roman suit un tome précédent, et j’avais lu la BD pour me remémorer les personnages mais c’est tout de même un peu rapide.

La version audio est lue par Olivia Ruiz elle-même, ce qui amène forcément un petit truc en plus.
Sa voix éraillée colle parfaitement à cette histoire d’une vie pas comme les autres qui trace son chemin sans se soucier des imprévus.


Si vous avez lu la commode aux tiroirs de couleurs, ne manquez pas cette suite qui navigue entre tristesse et joie, comme la vie !! 

vendredi 21 février 2025

Madelaine avant l'aube de Sandrine Collette

Il est rare que je lise un roman « Goncourable » et la rentrée littéraire ne m’attire plus depuis quelques années.
Cette année, cependant, j’ai eu très envie d’écouter le nouveau roman de Sandrine Collette dont j’avais adoré Notre part de loup.
C’est clairement une autrice qui fera désormais partie de mon panthéon personnel !





Rose vit à l’écart du village, en haut des montées.
Sur le chemin qui conduit chez elle, il n’y a que deux fermes et sa petite maison, personne d’autre n’y passe.
La vie est rude, mais il faut la vivre.
Ses fils sont partis, elle vit de peu, et observe le monde, sa violence et sa fatalité.
Elle n’est pas seule, Bran l’accompagne et ensemble, ils affrontent les hivers et profitent des étés, jusqu’à ce qu’un petit être venu de nul part apparaisse dans le garde manger…  

J’ai commencé ce roman, je l’avoue, en ayant peur d’être déçue.
Il arrive fréquemment qu’un auteur reprenne encore et encore les formules qui ont marché dans un précédent roman et nous les resserve dans le suivant.
Je craignais que ce soit le cas ici et que je ne sois pas assez surprise comme je l’ai été pour Notre part de loup.
Mais l’autrice est évidemment plus fine que cela et change ici de cadre et de modalités d’écriture, tout en menant le lecteur sur le chemin qui lui convient pour son récit.
Elle maitrise l’art de nous conduire où elle le souhaite, de nous cacher ce qui doit l’être et de révéler d’un coup ce qu’on aurait pu savoir depuis longtemps.
Il n’y a toutefois que deux twists dans ce roman car le récit n’est pas basé sur la surprise (même si le premier est énorme !).
Ici, les évènements s’enchaînent de manière inéluctable, comme s’il ne pouvait pas en être autrement.
Les hommes sont soumis à la nature, puissante, qui fait la loi, et à leur seigneur, implacable, qui les exploite.
Ils n’ont pas d’issue et que ce soit le froid imposé par la première ou la violence du second, il faut continuer à avancer sans se retourner pour simplement survivre.

C’est un monde implacable qui est décrit ici.


L’autrice nous plonge dans un village comme il devait y en avoir tant, fermé, isolé, soumis à la loi du seigneur.
Aucune date n’est nécessaire car cet asservissement est de tous les âges.
Les hommes et les femmes font ce qu’ils peuvent, il faut penser au nécessaire, aucun superflu n’est permis.
La famille n’est même pas une ressource, chacun peut disparaître, partir sans se retourner, ou mourir en quelques heures.
Elle est aussi une consolation et un pilier pour les jours plus durs.
Madelaine, qui donne son nom au roman, survient dans le paysage pour brouiller les lignes, petite présence qui rend l’air plus doux, mais présence sauvage, violente et volatile.
Ce n’est pas un roman facile, c’est un texte fort, qui retourne et bouscule.

Évidemment, il n’y a pas que Madelaine dans ce roman.
Beaucoup d’autres personnages évoluent autour d’elle mais le tour de force de l’autrice, c’est de leur donner à tous une épaisseur et une vraie existence.
Bran, qui raconte la première partie, est pour moi le plus attachant, mais c’est un tableau d’ensemble qui nous percute par sa violence et le joug de la fatalité.
On ressort de cette lecture avec un sentiment de tragique qui trouve difficilement un exutoire.
Il n’y a rien à faire, il faut subir.

La version audio lue par Clément Bresson est sensible et s’efface pour laisser le texte se déployer.
Il n’y a pas de sentiment ici, le temps est compté et on écoute en apnée avec l’envie d’arriver au bout, de savoir si quelqu’un s’en sort.
Si la lecture audio vous tente, je vous la conseille sans hésiter, surtout pour la première partie à la première personne.

Et puis finalement, Madelaine n’a pas eu le Goncourt des grands, mais a obtenu le Goncourt des lycéens que je trouve très souvent beaucoup plus pertinent ! 

Vous l’aurez donc compris, je suis conquise.
Ce n’est pas un roman dont on sort avec le sourire, c’est sûr, mais c’est un texte fort sur la nature, sur les relations sociales, sur l’amour aussi.
C’est violent, dur, comme peut l’être le monde.  
 
 
 
 
 

 
 

mardi 11 février 2025

Une écharpe dans la neige de Viveca Sten

Alors que je viens de terminer l'écoute du tome suivant, je me lance pour vous parler du premier. 
Je ne sais pas ce qui me retenait d'écrire ce billet, car j'ai beaucoup aimé le premier tome de cette nouvelle série !
Je n’avais jamais lu Viveca Sten, mais j’ai croisé plusieurs fois son nom sur les couvertures du rayon policier, car c’est une autrice très prisée.
Et je dois bien dire que c’est mérité. 
 
 

 
Hannah a quitté son travail.
Son supérieur l’a harcelé une fois de plus, et elle a démissionné de son poste d’enquêtrice à Stockholm.
Elle a aussi quitté son petit ami.
Désœuvrée, sans domicile, elle finit par accepter la proposition de sa sœur qui lui propose de séjourner dans son chalet de Are.
Les enquêtes semblent cependant poursuivre Hannah.
Une jeune femme a disparu et la neige impose de faire vite pour la retrouver…


Il faut bien avouer que Viveca Sten est efficace !
Elle ne laisse rien au hasard et maitrise l’art de diriger son lecteur sans problème.
Le récit se dévore à la vitesse de l’éclair, avec une tension savamment distillée qui tient le lecteur en haleine.
On suspecte tout le monde, on a peur pour la victime, on se demande ce qu’il va se passer.

C’est très bien fait, et les personnages ne sont pas oubliés.
L’autrice prend le temps de les construire, de leur donner une épaisseur qui donne envie de les suivre et de continuer à lire leurs aventures dans beaucoup d’autres tomes. 
 
La société suédoise est aussi décrite avec des informations qui permettent de mieux la connaître, de comprendre certaines particularités, et c'est un vrai tour de force de l'autrice de réussir à déceler ce qui peut paraitre étonnant pour un lecteur étranger, alors qu'elle est elle-même immergée dans cette culture. 
Evidemment, il ne s'agit pas de différences énormes, mais de petites habitudes qui ne sont pas les mêmes d'un pays ou d'une région à l'autre. 
Et si on revient au roman policier, les pulsions de mort sont finalement sans doute toujours un peu les mêmes.

La version audio, lue par Noémie Bianco est nuancée, calme dans la tourmente, ce qui permet au lecteur de suivre son rythme.
Elle adapte sa voix aux personnages, ce qui rend l’écoute très facile à suivre.
Le tome 2 est également lu par cette comédienne, ce qui permet de donner une unité à la série.

En conclusion, c’est un début de série très prometteur, qui donne envie de suivre très longtemps ces personnages.
SI vous cherchez une lecture prenante, un roman qui se dévore, ouvrez celui-ci sans hésiter. 
Et moi, j'attends désormais le 3 en audio avec impatience !! 





lundi 10 février 2025

Résister à la culpabilisation de Mona Chollet

Il y a longtemps que je souhaitais lire Mona Chollet.
Les thématiques qu’elle aborde sont toujours très pertinentes et cela fait du bien de temps en temps de se poser pour réfléchir à notre façon d’agir et de réagir. 

 

 
Dans ce nouvel opus, l’autrice s’attaque à la culpabilisation, mal du moment qui nous empêche d’être heureux et d’avancer.
C’est effectivement un sujet important, tant on a du mal à se sortir de schémas répétitifs où une simple phrase peut remettre en question notre confiance, nos projets ou notre comportement.
Pour aborder ce sujet, Mona Chollet commence par balayer de nombreux domaines où nous culpabilisons.
L’éducation des enfants et leur position dans la société, la pollution, notre vie en général sont décortiquées, analysées.
Elle explique également d’où vient ce sentiment, qui serait lié à notre héritage judéo-chrétien où la faute est un concept essentiel qui semble indépassable.
Les femmes et les enfants sont présentés comme les deux catégories de la société qui sont le plus culpabilisés, évidemment par la troisième catégorie : les hommes, mais aussi par le fonctionnement social en général.
Elle indique clairement que la société place les enfants et les femmes dans une position d’auto-culpabilisation dont il est difficile de sortir.  


J’ai apprécié de suivre la pensée de Mona Chollet et d’aller de thème en thème pour explorer ce sujet.
Je ne suis pas sûre d’y avoir trouver des arguments ou des solutions pour en sortir, mais à la fin de cette écoute, on dispose d’informations et de connaissances plus importantes qui permettent de visualiser ce qui nous culpabilise et ce qui nous enferme dans ces répétitions.
On pourrait alors se dire « pourquoi continuer à culpabiliser puisque je ne suis pas responsables » mais ce n’est pas aussi simple.

Mona Chollet décrit par exemple que nous ne sommes pas coupables de la pollution plastique car les lobbys des pétroliers sont trop puissants, et que nous sommes finalement très impuissants, et, surtout, manipulés par les campagnes de pub.
C’est évidemment vrai, et même en passant totalement au vrac, nous ne sommes pas grand chose et le recyclage n’est pas non plus une solution.
Alors, être coupable ou impuissante, qu’est-ce qui est le plus difficile à vivre ?
C’est sans doute une question à creuser car il n’est pas sûre que l’un soit plus simple que l’autre.

Je ferais néanmoins une petite critique sur l’équilibre entre les sources, le texte et les expériences personnelles que raconte l’autrice.
C’est sans doute une déformation professionnelle mais elle s’appuie beaucoup sur ce qu’elle a vécu, sur des événements passés, là où une source théorique aurait peut-être été plus percutante.
C’est toutefois lié au public supposé de cet essai, je pense.
Il s’adresse au grand public justement, et il y a tout de même des références nombreuses pour aller plus loin sur certains sujets si on le souhaite.

La version audio, lue par Cristelle Ledroit, donne une impression de récit, de conférence que l’on ne dit que pour vous, comme une conversation privée avec Mona Chollet.
C’est très agréable, tout en n’interdisant pas de revenir en arrière si nécessaire, ou de prendre des notes, en ralentissant la lecture par exemple.


C’est donc un essai que je vous conseille, mais ne culpabilisez pas si vous ne voulez pas le lire ;)

 
 

 

vendredi 7 février 2025

Célèbre de Maud Ventura

 Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce roman.
Je n’ai pas lu le précédent qui a eu beaucoup de succès et je ne connaissais pas du tout la plume de cette autrice.
C’était donc une découverte. 
 
 


Cléo est célèbre, très célèbre.
Dès son enfance, elle savait qu’elle le serait, comme un destin tout tracé et inévitable.
Elle le répétait d’ailleurs à son père et a tout fait pour le devenir.
Au sommet de sa gloire, elle fait le point pendant ses vacances sur une île déserte et raconte son inexorable ascension…

Maud Ventura se lance dans ce récit avec un plaisir manifeste.
Cléo est infecte, imbue d’elle-même, prétentieuse et égoïste.
Les pages défilent et elle l’est davantage à chaque chapitre.
L’héroïne revient sur son enfance, ses projets de vie et sur les moyens qu’elle a utilisé pour parvenir à sa position actuelle.
C’est une description froide, clinique, qui ne s’embarrasse pas de sentiment.
Cléo est célèbre et elle le fait savoir.
Elle a tout calculé et décrit son parcours avec une jouissance qui, à elle seule, est une prouesse d’écriture.


Maud Ventura nous donne accès à une dimension de ce personnage qu’on devine très proche de la réalité.
La célébrité est un monde à part qui isole, enferme, et qui déconnecte de la réalité, permettant les abus et supprimant les barrières.
Cléo a tout prévu, elle a su se montrer sous son meilleur jour avant d’identifier les personnes qu’elle pouvait écraser.
Mais ce qui parait au premier abord très froid et très excessif, laisse deviner quelques failles, l’absence de joie et de plaisir dans cette vie où tout semble trop facile.
Certaines phrases, quelques scènes font émerger la fragilité du personnage, sa peur de l’oubli, de l’échec, de la perte.
Cléo est dure, cruelle, cynique, calculatrice, mais elle perd pied aussi très souvent, distillant quelques mots sur ces moments où elle ne contrôle plus rien.
C’est extrêmement efficace, très agaçant mais addictif, et cela permet de ne pas totalement détester cette jeune femme tout de même très agaçante.
J’aurais aimé peut-être que les failles soient davantage exploitées, ce qui aurait pu donner plus de profondeur au texte mais ce n’était sans doute pas l’objectif de Maud Ventura.

La version audio est lue par Suzanne Jouannet.
Sa voix et son ton collent parfaitement à ce récit grinçant qui ne laisse pas de temps mort.
Elle exprime la détermination de Cloé avec un rythme et une vivacité qu’on imagine bien pour cette jeune femme dont la vie file droit vers le prochain album, le prochain concert, la prochaine étape.


Si vous cherchez un roman un peu décalé, très cynique, agréablement grinçant, avec un personnage central que vous aimerez détester, ce livre audio pourrait bien vous plaire ! 
 
 


mercredi 5 février 2025

Escobar : Une éducation criminelle, de A. Madrigal, J.S. Marroquin, P. M. Farina

Voilà une bande dessinée assez originale.
Le titre est un peu trompeur, car elle s’intitule Escobar : une éducation criminelle.
Je pensais donc que j’allais lire un texte sur le trafiquant de drogue, mais il n’en est rien puisqu’il est question de… son fils.
Évidemment, lui aussi se nomme « Escobar » et le récit s’appuie sur ses mémoires, et sur un épisode de son enfance. 
 
 

 
On en parle peu, en effet, mais Escobar avait des enfants, dont Juan Pablo, un fils qui a été élevé et surveillé par des « nounous » un peu particulière, puisqu’il s’agissait d’hommes de main et d’une femme assassin.
Le livre décrit donc chacune de ces nounous, l’une après l’autre, à la suite d’une scène tragique à laquelle a assisté Juan Pablo.
C’est une succession de portraits qui reviennent sur le caractère de chacun et sur ce qui les a amenés jusque là. 
On remonte à l'origine de leur vie criminelle, ou on découvre un épisode de leur vie de truands. 
L’histoire cadre permet de lier ces épisodes, et de garder un fil conducteur jusqu’à la dernière page, même si c'est assez ténu.

La lecture est agréable, c’est plutôt intéressant, mais il faut quand même être très intéressé par Escobar.
On en apprend un peu plus sur le personnage, et si vous avez aimé la série Narco, vous pourrez apprécier.
Le récit est malin et permet d’aborder plusieurs épisodes de la vie de Juan Pablo qui a échappé plusieurs fois à des attentats.
Le dessin d’Alberto Madrigal est vif, expressif et les couleurs permettent de lisser un peu le trash de certaines scènes. 
C'est un dessin qui tend vers le manga, ce qui change un peu. 

C’est donc une bande dessinée maligne, bien construite, qui se lit avec plaisir, même si vous n'apprendrez rien de plus sur Escobar.

 





 


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