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mardi 16 juin 2026

La mort en miroir sz Pétronille Rostagnat [livre audio]

Les thrillers français sont de plus en plus bons, vous ne trouvez pas ? 
Voici un bon exemple avec ce roman de Pétronille Rostagnat qui ne laisse pas indifférent. 

 



Bertrand Timonnier est un brillant médecin légiste. 
Une femme, un fils, une belle maison aux abords de Paris, c’est une vie de rêve. 
Lorsque survient l’accident ! 
Bertrand est retrouvé inconscient au volant de son 4x4, encastré dans un arbre, sans aucune trace de freinage. 
A son réveil, c’est le trou noir, il ne se rappelle plus rien de sa vie, de sa famille, seules ses compétences professionnelles sont intactes… 

S’agit-il d’un banal accident ? 
Évidemment pas ! 
Qu’est-il arrivé à Bertrand, que faisait-il sur cette route (qui, bien sûr, n’est pas celle qu’il prend habituellement), à qui sont les vêtements qu’il portait lors de l’accident ? 
Lorsque sa femme est appelée par l’hôpital, elle tombe des nues. 
Elle attendait son mari tôt ce soir là, et elle le retrouve en très mauvais état, amnésique, et des questions en pagaille ! 
On va alors la suivre, elle, mais aussi son mari, dans une quête de vérité où ils ne se retrouveront qu’à la fin du roman. 
C’est très prenant, on cherche tous les indices, on fait des recoupements, et on part parfois sur des fausses pistes. 
J’avais découvert une partie de la vérité bien avant la fin du roman, mais j’attendais de savoir si j’avais raison. J’avoue ne pas savoir si j’étais contente d’avoir raison, ou si j’aurais préféré un peu de surprise en ayant tort. 
La fin est aussi un beau moment d’hésitation. 
On n’est pas trop sûr de ce qu’on ressent face aux choix des personnages. 

C’est donc un roman qui questionne aussi le lecteur, qui conduit à se demander comment on aurait réagi. 
C’est globalement un très bon thriller, même s’il m’a manqué un petit quelque chose. 
La femme de Bertrand n’est apparemment pas une simple mère au foyer. 
L’autrice a parfois laissé planer le doute avec des phrases comme « elle avait déjà fait ça », ou en construisant un personnage fort, volontaire, qui sait ce qu’elle veut. 
J’attendais donc des révélations sur son passé, quelque chose qui explique qu’elle ait eu autant de maitrise d’elle-même, ou un twist final éventuel. 
Je comprends néanmoins que cela n’ait pas été exploité car le héros, c’est Bertrand, mais je suis restée sur ma faim. 
De la même façon, on ne connait pas les raisons de l’accident de Bertrand. 
Il a perdu la mémoire, c’est donc logique, et pourtant, cela s’ajoute à ces quelques mystères qu’on aurait aimé voir élucidé (mais cela n’a finalement pas beaucoup d’importance dans l’histoire). 

La version audio est lue par Estelle Dehon, qui module sa voix en fonction des personnages pour nous permettre de bien suivre le récit. 
J’ai écouté le roman avec plaisir en n’étant jamais perdue. 
Elle laisse aussi la place au lecteur pour combler les manques, sans trop interpréter. 
C’est parfait ! 


Un bon roman d’été ou d’hiver, donc, que vous pourrez emmener à la plage sans problème ! 



 


mardi 9 juin 2026

Coup de foudre et coup de marteau d'Helene Cox

Juin est traditionnellement le British month par ici et voici un premier billet de lecture avec du thé et des scones, des meurtres, des vols, du thé, des gâteaux, des livres, quelle association prometteuse ! 
C’est en tout cas la promesse d’Helen Cox avec le tome 2 de sa série « Petits meurtres à l’heure du thé ». 
 


Alors que Kitt et sa meilleure amie Evie s’apprêtent à passer une soirée à papoter, le petit ami de Kitt, inspecteur de police, arrive et leur raconte les derniers développements dans une affaire de vol de livres encore non élucidée. 
Mais ce qui ennuie réellement Evie, c’est que l’inspectrice Charley Banks, qu’elle apprécie vraiment beaucoup, est accusée d’avoir frappé un suspect… 


J’attendais beaucoup de cette série qui promettait bien sur le papier. 
Des livres cités en pagaille, des bibliothécaires, des meurtres et du thé, c’était un combo gagnant ! 
Et pourtant, la sauce ne prend pas vraiment. 
C’est le deuxième tome de la série (qui en compte 7 en anglais apparemment), et il ne m’a pas plus enthousiasmée que le premier. 

Je l’ai terminé parce que je n’aime pas qu’un livre reste dans ma mémoire en suspens, mais si le tome 3 sort un jour en français, je passe mon tour. 
En ouvrant le livre, on est plongée immédiatement dans l’intrigue principale, un vol de livres dont on ne sait pas grand chose. 
Tout le monde va ensuite mener son enquête un peu n’importe comment, de façon absurde parfois, avec des scènes qui paraissent vraiment impossibles. 
Les informations sont distillées à la file, sans être cachée, empêchant toute réflexion du lecteur ou toute recherche de suspect. 
On s’ennuie aussi pas mal, il n’y a pas de rebondissement et on tourne un peu en rond assez vite. 

Bref, vous l’aurez compris, ce n’est pas une réussite pour moi. 
Ce n’est pas grave, il y a bien d’autres romans qui m’attendent dans ma bibliothèque !! 






mercredi 20 mai 2026

Beautiful ugly d'Alice Feeney (version audio) 🎧

Lorsque j’ai vu cette couverture de thriller, je me suis dit que je connaissais cette autrice, mais je n’ai pas vérifié.

Et je découvre que je l’ai lu il y a peu puisqu’elle a écrit Good bad girl, que j’ai écouté l’année dernière ! 
Mais finalement, j’ai bien fait de ne pas regarder, car ce qui m’avait agacé dans son précédent roman est totalement absent de celui-ci ! 
 
 


Alors que son dernier roman est nommé pour un prix prestigieux, Grady Green reçoit un appel de sa femme qui lui dit qu’elle arrive dans 5 minutes… et puis plus rien ! 
Elle a disparu sur la corniche sans laisser aucune trace. 
Sombrant dans l’alcool et la peine, Grady ne peut plus écrire une ligne. 
Et pourtant, il doit terminer son prochain roman pour ne pas rembourser l’avance de l’éditeur. 
C’est alors que son éditrice l’envoie séjourner sur une petite île écossaise pour qu’il puisse se concentrer sur l’écriture… 

La structure de ce roman m’a très vite fait penser aux Soeurs de Montmort. 
Le personnage principal, est remué par les évènements, il subit, il se perd et se noie presque dans la perte de sa femme. 
Dès le résumé, on sait qu’elle a disparu et comment. 
La situation est étonnante, intrigante, mais possible et on le suit en se demandant comment il va remonter la pente, jusqu’à la proposition de son éditrice qui l’envoie sur une petite ile isolée. 
Et c’est là que le roman commence vraiment. 
L’île dévoile ses mystères petit à petit, elle enferme Grady pour le sauver, mais sans qu’il puisse réellement envisager de repartir. 
Ce monde clos est construit pas à pas par Alice Feeney qui enferme progressivement le personnage. 
Les falaises se font plus abruptes, le brouillard plus dense. 
L’île superbe ne se laisse pas dompter. 
On attend alors les évènements suivants avec appréhension, on ne sait plus qui on aime, qui on déteste, on est aussi perdu que le héros. 
Les vivants, les morts, tout se mélange et plus rien n’est sûr. 
Rassurez-vous, à la toute fin, le fil ténu de l’histoire sera de nouveau visible, et vous pourrez reconstituer les évènements en allant de surprise en surprise ! 

La version audio, lue par Anatole de Bodinat et Céline Espérin…. Laisse la place à l’imagination, tout en donnant le ton de ce roman où le personnage principal peut être parfois agaçant, sans que le lecteur n’en fasse trop. 
Comme d'habitude chez Audiolib, vous serez sûr d'écouter de vraies personnes, et ça, ça change tout !  

J’ai vraiment aimé m’immerger dans les états d’âme de cet homme perdu qui ne sait plus où il en est. 
Si vous avez envie de surprises, d’un twist final qu’on ne voit pas venir, de huis clos, mais aussi d’embrun, de nature, de collines et de mer, vous êtes au bon endroit ! 
 
 
 

 
 
 

mercredi 4 mars 2026

King of Scots de Liv Stone 🎧💕

Une petite romance écossaise, quelle lecteurice de romance dirait non ? 
Les Highlands, la brume, la pluie, les kilts, les Écossais...  
Évidemment, j'y suis allée !  
 


Halley a obtenu un poste très convoité au sein de la brigade des cuisines du château du roi d’Écosse ! 

Il y a des années qu'elle n'a pas mis les pieds dans ce pays où elle est née, mais elle y retrouve avec plaisir son demi-frère, héritier du clan Mc Leod et membre du parlement. 

Son futur patron, à l'inverse, elle aurait préféré l'éviter depuis qu'il l'a gardé un été chez son grand-père alors qu'elle était enfant.

Mais dans les cuisines du roi, elle espère ne pas le croiser souvent...  

Quelle surprise en débutant l’écoute de ce roman ! 

Je pensais lire une romance historique, et je me retrouve en plein 21e siècle, avec un roi d’Écosse très actuel et une héroïne américaine également bien contemporaine. 

J’avais apparemment lu le résumé un peu rapidement, mais j’ai trouvé cela bien joué de la part de l’autrice ! 
Après tout, pourquoi pas ? 
Les romances sont toujours un peu invraisemblables, et on ne recherche pas l’originalité alors autant y aller à fond et proposer une histoire qui joue avec la vérité historique. 

Et puis ce récit ne se contente pas d’une simple histoire d’amour. 
Liv Stone met en place des éléments qui construisent petit à petit une histoire dans l’histoire. 
Aedan a une vie apparemment très tranquille en tant que roi, voire même monotone et ennuyeuse, mais plusieurs éléments distillés au fil des pages laissent penser qu’une menace plane. 
Les intrigues politiques sont nombreuses, les clans sont à la manoeuvre en sous-main et il apprend son rôle de roi sans vraiment le vouloir. 
Evidemment, on se doute de ce qu’il va se passer dans le tome suivant, mais l’autrice est assez douée pour proposer un texte qui prend son temps sans être longuet, et elle sait monter une histoire qui se tient, à laquelle on croit et qui tient la route (si vous l’avez lu, oui, là, je spoile la fin 🤣) (non, je rigole 🫣).

Les personnages sont aussi très attachants. 
Le roi est un peu perdu, il erre dans les bras de courtisanes, mais bizarrement, on ne lui en veut pas. 
Il prend son temps pour opter pour les bonnes décisions, sans qu’on ait envie de le détester ou de le secouer. 
Halley est intelligente, volontaire, blessée par la vie, et on ne peut que l’aimer tant elle est déterminée. 
J’ai aimé également qu’il n’y ait pas trop de mièvrerie. 
Ce sont deux êtres pragmatiques, c’est efficace. 

La version audio, lue par Sibylle de Montigny et Max Geller est très rythmé, avec une alternance des voix qui permet de bien voir les points de vue des personnages. 
On suit le récit sans aucun problème, les comédiens modulant leurs voix pour accompagner les rôles. 
15h34, cela peut paraitre long, mais pas du tout ! 


C’est donc un avis enthousiaste que je livre pour ce tome 1, et comme le tome 2 vient de sortir, je file l'écouter !!! 


 
 
 
 
 

mardi 3 février 2026

L’affaire Protheroe d'Agatha Christie [Livre audio 📙🎧]

Il y a bien longtemps que je n’avais pas lu un roman d’Agatha Christie, mais c’est toujours une bonne idée, non ?
 
 


Le colonel Protheroe est retrouvé mort dans le bureau du pasteur Clement ! 
Ce n’était pas un homme très apprécié, mais tout de même, le tuer dans le bureau du pasteur, c’est incroyable. 
Le pasteur Clement décide alors de retrouver l’assassin pour éviter que l’agent de police en qui il n’a pas confiance, n’accuse n’importe qui… 
 
Et heureusement, le pasteur habite en face de la maison de… Miss Marple ! 
C’est encore un personnage secondaire, mais c’est évidemment elle qui saura donner la solution dans les dernières pages. 
Dans ce premier roman où elle apparait (chronologiquement), elle reste en retrait puisque le pasteur raconte son enquête. 
Cela donne des passages savoureux où Clement déblatère sur les vieilles filles, leurs observations et leur manie de tout remarquer. 
Comme le lecteur actuel sait qui elle est, on attend avec impatience qu’elle prenne la parole pour désigner l’assassin. 

Ma lecture a également été assez amusante parce que je pensais me rappeler l’identité de l’assassin et… ce n’était pas lui ! 
J’ai donc passé plusieurs heures à me demander pourquoi tel personnage avait dit un chose, pourquoi Clement agissait de telle ou telle façon, et j’étais totalement sur la mauvaise piste ! 
Comme le récit est bien construit, je n’ai pas été aidée, bien au contraire, et c’était plutôt pas mal pour ce texte que j’ai vu adapté plusieurs fois à la télé. 

La version audio est très bonne, assez expressive sans en faire trop. 
Comme à mon habitude, je l’ai écouté à la vitesse 1,5 et c’était parfait. 
La voix de Stéphane Ronchewski vous sera sans doute connue, mais elle colle bien à ce pasteur un peu obséquieux mais néanmoins assez malin. 

Si vous avez envie de vous (re)plonger dans les pages d’Agatha Christie, cette nouvelle version audio pourrait être un bon moyen de passer quelques heures agréables. 
 
 

 


lundi 26 janvier 2026

Mille Milliards de rubans, la vraie histoire de la mode de Loïc Prigent

Vous êtes vous déjà demandé d’où venaient les crinolines, quel était leur usage social et leur symbolique ?
Et qui étaient les premiers « grands couturiers » ? D’où vient la « mode » ? Qui a décidé qu’il y aurait plusieurs collections par an au lieu d’une ? 
Bon, je le sais, la plupart des gens ne se posent pas autant de petites questions que moi 😆 mais ce sont des questions utiles, non ? 
En tout cas, Loïc Prigent les a trouvé autant utiles que moi et en a fait un livre 🤣 ! 

 

 
 
Et me voilà en train d’écouter les aventures de la haute couture du 19e siècle pendant mon déménagement ! 
Loïc Prigent n’en est pas à son coup d’essai et a déjà publié plusieurs ouvrages. 
Avec Mille Milliards de rubans, il nous propose de plonger dans le 19e siècle, pour découvrir d’où viennent les codes actuels de la mode. 
Il balaye ainsi une période qu’on voit beaucoup sur les gravures encadrées, sans vraiment la connaitre. 
Il nous dévoile le rôle de l’impératrice Eugénie, des industriels comme Singer, des grands magasins, ou de Worth, premier grand couturier que tout le monde s’arrachait. 
Le texte est un essai documentaire, mais le ton se veut amical, l’auteur nous interpelle, nous raconte d’où lui est venu cette idée. 

Il nous donne son avis, ses opinion et n’hésite pas à ajouter des superlatifs, des questionnements et de nombreuses accroches. 
Dans la version audio, évidemment, comme l’auteur lit lui-même, on apprécie encore plus ses interventions dans le récit ! 
C’est rythmé, ça réveille le lecteur qui en aurait besoin, et ce n’est jamais ennuyeux. 

On en profite pour apprendre plein de choses, sur un ton léger mais sans sacrifier aux informations historiques. 

Une suite est prévue, et c’est une bonne nouvelle car il s’arrête en 1913, au moment de l’ouverture de la boutique de Chanel. 
On est impatients de connaitre la s
uite ! 
 
 
 
 Catégorie "Objet" pour le 
Challenge Petit Bac chez Enna !



 

samedi 24 janvier 2026

Chats sur ordonnance de Syou Ishida

Choisir la première lecture de l’année est toujours un moment délicat. 
J’aime en général choisir un roman qui correspond à mon humeur, à mon énergie, mais encore plus en début d’année. 
Et cette année, j’ai choisi exactement ce qu’il me fallait. 
 

A Kyôto, Shûta est un employé modèle pourtant harcelé par son supérieur. 
Il voudrait faire plus, être meilleur, mais plus il travaille, plus sa vie est difficile. 
Il décide alors de suivre un conseil que lui a donné un ami qui connait un ami qui a entendu un cousin lui parler d’une clinique révolutionnaire. 
Shûta se rend alors à la clinique du docteur Nike pour une aide psychologique et… reçoit un chat ! 

Voilà un roman parfait pour commencer l’année, un petit bonbon tout doux qui vous donnera le sourire en quelques pages. 
L’histoire est assez simple, mais efficace, avec une pointe de fantastique. 
Plusieurs petites histoires se succèdent avec un fil conducteur : une clinique pour soigner les émotions qui se dévoile uniquement à ceux qui veulent vraiment la voir.
Le docteur qui reçoit les patients leur prescrit des chats pour une ou deux semaines, et leur confie des spécimens et tout l’équipement pour s’en occuper. 
Chaque chat est destiné à un usage bien précis et lorsque l’infirmière se trompe, cela se voit tout de suite ! 

Dans ce petit roman, il n’y a aucun piège, pas de suspense, mais juste de jolies histoires. 
C’est assez rafraichissant, et vraiment distrayant. 
Le lecteur suit plusieurs patients qui se succèdent dans la clinique.
Chacun a des problèmes très différents qui se résolvent aussi de manière très différentes. 
Il y a des histoires courtes, d’autres plus longues, des hommes, des femmes, certains se croisent, d’autres vivent leur vie.
C’est d’ailleurs très amusant de guetter les mentions de personnages précédents. 

Cette légèreté n’empêche toutefois pas les émotions, mais en douceur, sans brusquer le lecteur. 
On lit parfois avec appréhension, en espérant que tout s’arrange, on a une petite larmichette au coin de l’œil après certaines scènes, on est content ou triste pour certains personnages (ou certains chats). 

Et la version audio sert magnifiquement ce texte ! 
La lecture de François Berland est expressive tout en nous laissant une part d’interprétation. 
Sa voix est facile à suivre, et on suit bien les différents personnages (et il y en a quelques uns). 
La durée du livre, 6h15, vous permettra de découvrir ce format si vous ne connaissez pas, ou de vous plonger dans une lecture très plaisante. 


Pour finir, précipitez-vous sur ce roman qui vous ravira, et si vous avez perdu un chat récemment, cela pourrait bien vous aider de lire/écouter ces petites histoires !! 
Quant à moi, je note le second tome dans ma liste d’envies ! 
 
 

 
 
Première participation pour le challenge Petit Bac d'Ennalit avec la catégorie animal ! 

 

mercredi 10 décembre 2025

Le chat du rocher de Nelson & Quinn

Les romans qui se déroulent à Monaco, cela ne coure pas les librairies ! 
Quand j’ai vu passer celui-ci lors d’une opération Masse Critique de babelio, et en plus en audio, je me suis dit que cela pouvait être très sympa à écouter ! 
Et j’ai eu le plaisir d’être sélectionnée ! 

 


Calypso vient de s’installer sur le rocher, fuyant le Brésil et ses problèmes personnels. 
Son mari l’a quitté, la série dont elle était actrice principale s’est arrêtée, et sa fille vit sa vie de son côté. 
La déprime guette quand elle se réfugie chez sa tante et reprend la brocante dont l’ancien gérant a disparu du jour au lendemain. 
Elle s’ennuie ferme, tentant d’attirer l’attention de Poker, le chat qui occupe les lieux, quand elle découvre un corps en pleine nuit au fond de la cave… 

Voilà un petit cosy mystery bien sympatoche. 
L’histoire de Calypso est assez courante, en plein divorce, elle vient trouver refuge dans les lieux de son enfance et retrouve ses anciens amis. 
Là où cela devient plus rare, c’est quand elle croise la route d’un cadavre, puis revient et s’aperçoit que ce n’est plus le même cadavre ! 
Ce point de départ est assez original, vous en conviendrez. 
Il s’ensuit l’intervention de toute une galerie de personnages, parfois un peu trop pour qu’on les repère vraiment tous, mais c’est la loi du genre. 
Ils sont hauts en couleur, ils boivent, jouent au casino, passent leurs journées au salon de thé avec des verres de champagne. 
A la fin du roman, on est un peu plus à l’aise avec tous ces gens, et on les distingue mieux. 
Et puis il y a le fameux chat. 
Poker est resté quand l’ancien gérant de la brocante est parti. 
Il faut dire qu’il semble être le propriétaire des lieux et comme c’est un chat futé, Calypso se fait souvent voler quand il intervient pour faire dévier l’enquête. 
Le problème pour les humains, c’est que parfois, il laisse tout le monde se débrouiller tout seul en déclarant qu’il en a déjà bien assez fait ! 
 

L’histoire est parfois un peu tirée par les cheveux, mais c’est l’ambiance du roman qui veut cela, et sans doute aussi le fait qu’il s’agisse du premier tome. 
La présentation des différents intervenants semble aussi importante que l’enquête, et prend parfois le premier plan. 
On finit tout de même par connaitre l’assassin, et tout ce petit monde finit par trinquer au champagne. 


La version audio est rythmée, et facile à écouter. 
Katherine Pageon joue à fond le texte, modifiant sa voix pour qu’on la suive plus facilement. 
On se repère parfaitement, c’est un vrai plus pour les 10h que dure le roman. 


Au final, il m’a manqué un petit quelque chose pour que ce soit un coup de coeur, mais ce sera peut-être pour le tome 2 ! 


jeudi 23 octobre 2025

Fragrancia de Paul Richardot [ Version livre audio ]

L'automne est là, et voilà un roman parfait pour cette période ! 
(Mais pour d'autres saisons aussi !)
Léger, agréable à lire, rempli d’effluves de parfum, que demander de plus pour ces pluvieuses journées qui s'annoncent ?
 
Hélias est olfate en formation. 
Dans le petit cabinet du Mans, il aide son supérieur à concevoir des associations d’odeurs qui permettent à leurs patients de revivre d’anciens souvenirs avec l’aide de la SVM, une drogue de synthèse qui rend très réceptif. 
Hélias n’a pas toujours été olfate et cette place est une aubaine pour lui. 
Il espère d’ailleurs aller plus loin et attend sa place pour devenir olfate en titre… 
 
 
 


Je dois d’abord l’avouer, j’ai eu un peu de mal à entrer dans ce roman. 
J’ai écouté les 30 premières minutes, et je n’ai pas réussi à rester attentive. 
Pas sûre néanmoins que ce soit la faute du roman car le sujet m’intéressait, et en refaisant une tentative plus tard, je me suis dit que j’allais écouter au moins une heure avant de me décider, et  la deuxième fut la bonne ! 

Le roman commence par des explications nombreuses sur le travail d’olfate et le principe de la SVM. 

C’est évidemment indispensable pour que l’on puisse comprendre le principe même du livre, et l’auteur réussit à transmettre toutes ces informations sans lasser le lecteur. 
Le principe de l’élève qui écoute le maitre est détourné pour nous expliquer comment Hélias a été formé et est devenu olfate, mais nous n’avons pas toutes les informations, et le lecteur a envie de continuer pour en savoir davantage. 
L’idée est originale et on se prend au jeu facilement, en se demandant ce qu’on pourrait bien demander dans la même situation. 
Si vous avez pensé au roman le Parfum de Suskind lors de la lecture du résumé, comme vous le voyez, c’est assez différent. 

Les personnages sont construits petit à petit et prennent de l’épaisseur au fil des chapitres. 
Ils sont nombreux, mais bien identifiés, ce qui m’a permis de suivre sans problème. 
Ils évoluent dans différentes sphères qui se croisent par l’intermédiaire de certains personnages. 
On sent le début d’une série dans cette mise en place de différents univers, et les fils que l’auteur pourrait tirer s’il souhaite continuer (ce qu’il confirme dans l’entretien qui suit la lecture audio). 
L’histoire est complète et l’enquête, bien organisée, est résolue en fin de roman. 

La version audio est excellente, lue par Anatole de Bodinat. 
Elle m’a permis de suivre l’intrigue et de reprendre le roman sans problème. 
Comme souvent, l’interview de l’auteur en fin d’enregistrement est un vrai plus ! 
Cela permet d’en apprendre davantage sur le processus d’écriture, l’objectif de l’auteur, et encore une fois, cela m’a permis de comprendre davantage le projet de ce roman. 


En bref, c’est donc un roman bien écrit, plein d’odeurs, de parfums, et de personnages sympathiques.
Lisez le en audio, c’est encore plus immersif ! 




mardi 14 octobre 2025

Good bad girl d'Alice Feeney

Un petit thriller, ça ne se refuse pas.
Quand il est bon, c’est la garantie d’un bon moment et Good bad girl semblait pouvoir répondre à la promesse de son genre. 

Frankie est bibliothécaire dans une prison pour femme depuis des années. 
Depuis qu’elle a perdu sa fille, sa vie tourne en rond et elle ne voit plus d’intérêt à continuer. 
Ce soir, elle va enfin faire ce qu’elle a prévu depuis si longtemps… 

 


Ce roman est singulier. 
Sa structure est relativement habituelle. 
On suit Frankie, puis d’autres personnages qui se découvrent petit à petit, pour constituer une trame complexe dont les ramifications se révèlent en fin de récit. 
De ce point de vue, je n’étais pas perdue. 

On se demande ce qu’elle a fait, ce qu’elle veut avouer, comment les différents personnages vont se sortir de situations difficiles dans lesquelles ils se sont mis tout seuls, on espère que certains vont s’en sortir, que d’autres vont être démasqués. 
Je me suis prise au jeu et je l’ai fini avec curiosité, d’autant plus qu’il n’y a pas ici de description sanglante ou de sévices affreux. 
C’est un roman où des femmes tentent de faire du mieux qu’elles peuvent, et les hommes sont souvent des bâtons dans leurs roues. 
Mais pour un thriller, on manque un peu de tension et d’action tout de même. 
C’est assez gentillet (ce qui me convient bien en ce moment, j’ai du mal désormais avec les crimes affreux, après en avoir lu des dizaines) et même si le crime central a détruit plusieurs vies et est impardonnable, cela reste assez soft. 

J’ai néanmoins été gênée par les petites phrases moralisatrices qui émaillent le récit. 
Il y en a au moins deux par chapitre du genre « on n’a qu’une occasion de faire une première bonne impression » ou « lorsque les mots sont tus trop longtemps, leur date de péremption est dépassée ».
L’idée du roman est de questionner le bien et le mal, ce qui fait qu’une bonne action en est bien une et à quel moment une bonne intention peut devenir un acte horrible, et sur ce point, c’est réussi, mais ces petites phrases deviennent un peu obsédantes. 
Je me rends compte en l’écrivant, que c’est peut-être l’objectif de l’autrice de faire revenir ces phrases comme une ritournelle, mais cela m’a plutôt agacé. 

La version audio est lue par Claire Baradat et Marie Bouvier qui se coulent dans le récit avec un plaisir manifeste.
Leurs voix alternent pour identifier les différents chapitres qui portent sur l’une ou l’autre des personnages. 
On les suit facilement, et elles donnent du rythme au récit. 


Ce n’est donc pas le thriller du siècle, mais c’était une lecture agréable, une écoute qui permet de passer un bon moment, et qui sera parfaite en toutes saisons, sur la plage en plein été, ou avec un thé au coin du feu ! 

 


 

 

 

lundi 26 mai 2025

Ici et maintenant de Liane Moriarty

Avez-vous déjà consulté une voyante ? 
il parait que les Français, pourtant réputés cartésiens, se laissent aller à la consultation régulière de rebouteux, voyants et autres magnétiseurs ! 
Il semblerait que ce soit aussi le cas en Australie lorsqu'on lit ce roman de Liane Moriarty. 




Dans un avion au-dessus de l’Australie, une femme se lève et progresse lentement dans l’allée.
Le vol est très en retard, chacun pense à ce qu’il ne pourra pas faire en arrivant ou ce qui l’attend à Sidney.
Et puis la femme se met à désigner chaque passager l’un après l’autre, et pour chacun, elle indique l’âge et la cause de la mort… et puis elle passe au suivant !


J’ai commencé l’écoute de ce roman avec curiosité.
Le résumé est alléchant, l’idée est séduisante.
Une femme qui donne l’âge et le motif de la mort, on se demande forcément si on aurait envie de ce genre de prédiction, si on la croirait, ce qu’on ferait si cela nous arrivait et si elle nous annonçait une mort prochaine.
Avant même la lecture, beaucoup de questions se bousculent dans l’esprit du lecteur et on se doute que le roman n’y apportera pas de réponse, ce serait trop simple (et ce n’est pas ce qu’on lui demande finalement).

A la place, on découvre l’histoire de cette femme mystérieuse.
Chapitre après chapitre, elle remonte le fil de sa vie, de ses pensées, de ce qui l’a amenée dans cet avion.
C’est une plongée au fond d’elle-même qu’elle opère pour comprendre ce qu’elle a fait car elle n’en a plus aucun souvenir.
Ces chapitres alternent avec d’autres où le récit s’oriente vers les passagers.
On apprend alors comment ils ont réagi, s’ils ont changé de vie, et surtout, s’ils sont morts comme elle l’avait prédit.
La maitrise de la structure est parfaite.
Les récits s’équilibrent, et même si certains sont un peu moins forts que d’autres, on les suit tous avec curiosité.

Il y a un vrai suspense qui guide le lecteur une page après l’autre.
Je dois néanmoins vous avouer que j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire.
J’ai commencé l’écoute, et au bout d’un peu moins d’une heure, j’ai abandonné.
L’alternance des récits est rapide, on saute d’un passager à l’autre et il faut être plutôt attentif pour identifier tout le monde, placer les uns par rapport aux autres.
J’ai repris ensuite et progressivement, les chapitres s’allongent, on commence à identifier les personnages les plus importants et à s’y attacher.
Sans que les portraits soient très approfondis, on a tout de même l’impression d’avoir partagé un petit bout de vie, on a peur pour eux, on est plein d’empathie.
IL est ensuite difficile de quitter ces pages.

La version audio est intéressante pour ce type de roman aux voix multiples, car la lectrice module parfaitement sa voix et j'ai même cru qu'il y avait plusieurs actrices qui se succédaient. 
Et finalement non ! 
C'est Cachou Kirsch qui lit en nous permettant de bien identifier les changements de personnages.

C’est donc un roman vraiment surprenant, dans lequel il faut accepter d’entrer pour découvrir des vies 
 
 

 


mardi 1 avril 2025

Écoute la pluie tomber d'Olivia Ruiz

Il y a quelques temps déjà, j’ai pu écouter la suite du roman à succès d’Olivia Ruiz La commode aux tiroirs de couleur.
Écoute la pluie tomber raconte l’histoire d’une des personnages secondaires du premier tome, et débute quelques années plus tard. 
 



Carmen pleure sa nièce adorée.
Le destin n’a pas épargné sa famille et le café de Marseillette résonne autant de rires que de larmes.
Elle se rappelle alors ce qui a marqué sa vie, ses errements comme ses réussites…
 
Dans ce récit plus court que le précédent, Olivia Ruiz retrouve les histoires de sa famille pour nous raconter celle de Carmen, l’une des sœurs de Rita, héroïne du premier roman.
Et il faut bien dire que Carmen est une personnalité particulière.
Ballottée par les flots, du sud de la France à l’Espagne franquiste, sur un paquebot voguant vers le lointain, en prison ou dans un train, elle ne sait pas toujours choisir ses alliés et se fait facilement avoir.
Grande naïve, elle se laisse embarquer dans des histoires louches sans une once de soupçon, quittant tout pour vivre un grand frisson qui la dépasse souvent.
On peut dire que c’est une femme entière, qui ne s’embarrasse pas de scrupules, et si elle veut partir, elle part !
Ce n’est pas forcément ce qui la rend heureuse, et elle se retrouve souvent dans des situations douteuses.
Au fil de ses aventures, elle rencontre des personnages plus ou moins recommandables, de ceux qui l’entraînent vers le fond, à ceux qui lui permettent de remonter la pente.
Elle croise ainsi la Yaya qui lui fait découvrir la lecture et l’amour des livres, donnant des passages qui m’ont vraiment plu.

C’est donc un récit dans lequel on s’immerge sans problème, en suivant Carmen et en espérant qu’elle va finir par s’en sortir.
Le seul petit bémol que j’aurais envie d’ajouter, c’est que cela va un peu trop vite.
Les évènements s’enchaînent les uns après les autres, les personnages sont très nombreux, souvent esquissés et on aimerait avoir un peu plus de temps pour les découvrir.
Certes, le roman suit un tome précédent, et j’avais lu la BD pour me remémorer les personnages mais c’est tout de même un peu rapide.

La version audio est lue par Olivia Ruiz elle-même, ce qui amène forcément un petit truc en plus.
Sa voix éraillée colle parfaitement à cette histoire d’une vie pas comme les autres qui trace son chemin sans se soucier des imprévus.


Si vous avez lu la commode aux tiroirs de couleurs, ne manquez pas cette suite qui navigue entre tristesse et joie, comme la vie !! 

vendredi 21 février 2025

Madelaine avant l'aube de Sandrine Collette

Il est rare que je lise un roman « Goncourable » et la rentrée littéraire ne m’attire plus depuis quelques années.
Cette année, cependant, j’ai eu très envie d’écouter le nouveau roman de Sandrine Collette dont j’avais adoré Notre part de loup.
C’est clairement une autrice qui fera désormais partie de mon panthéon personnel !





Rose vit à l’écart du village, en haut des montées.
Sur le chemin qui conduit chez elle, il n’y a que deux fermes et sa petite maison, personne d’autre n’y passe.
La vie est rude, mais il faut la vivre.
Ses fils sont partis, elle vit de peu, et observe le monde, sa violence et sa fatalité.
Elle n’est pas seule, Bran l’accompagne et ensemble, ils affrontent les hivers et profitent des étés, jusqu’à ce qu’un petit être venu de nul part apparaisse dans le garde manger…  

J’ai commencé ce roman, je l’avoue, en ayant peur d’être déçue.
Il arrive fréquemment qu’un auteur reprenne encore et encore les formules qui ont marché dans un précédent roman et nous les resserve dans le suivant.
Je craignais que ce soit le cas ici et que je ne sois pas assez surprise comme je l’ai été pour Notre part de loup.
Mais l’autrice est évidemment plus fine que cela et change ici de cadre et de modalités d’écriture, tout en menant le lecteur sur le chemin qui lui convient pour son récit.
Elle maitrise l’art de nous conduire où elle le souhaite, de nous cacher ce qui doit l’être et de révéler d’un coup ce qu’on aurait pu savoir depuis longtemps.
Il n’y a toutefois que deux twists dans ce roman car le récit n’est pas basé sur la surprise (même si le premier est énorme !).
Ici, les évènements s’enchaînent de manière inéluctable, comme s’il ne pouvait pas en être autrement.
Les hommes sont soumis à la nature, puissante, qui fait la loi, et à leur seigneur, implacable, qui les exploite.
Ils n’ont pas d’issue et que ce soit le froid imposé par la première ou la violence du second, il faut continuer à avancer sans se retourner pour simplement survivre.

C’est un monde implacable qui est décrit ici.


L’autrice nous plonge dans un village comme il devait y en avoir tant, fermé, isolé, soumis à la loi du seigneur.
Aucune date n’est nécessaire car cet asservissement est de tous les âges.
Les hommes et les femmes font ce qu’ils peuvent, il faut penser au nécessaire, aucun superflu n’est permis.
La famille n’est même pas une ressource, chacun peut disparaître, partir sans se retourner, ou mourir en quelques heures.
Elle est aussi une consolation et un pilier pour les jours plus durs.
Madelaine, qui donne son nom au roman, survient dans le paysage pour brouiller les lignes, petite présence qui rend l’air plus doux, mais présence sauvage, violente et volatile.
Ce n’est pas un roman facile, c’est un texte fort, qui retourne et bouscule.

Évidemment, il n’y a pas que Madelaine dans ce roman.
Beaucoup d’autres personnages évoluent autour d’elle mais le tour de force de l’autrice, c’est de leur donner à tous une épaisseur et une vraie existence.
Bran, qui raconte la première partie, est pour moi le plus attachant, mais c’est un tableau d’ensemble qui nous percute par sa violence et le joug de la fatalité.
On ressort de cette lecture avec un sentiment de tragique qui trouve difficilement un exutoire.
Il n’y a rien à faire, il faut subir.

La version audio lue par Clément Bresson est sensible et s’efface pour laisser le texte se déployer.
Il n’y a pas de sentiment ici, le temps est compté et on écoute en apnée avec l’envie d’arriver au bout, de savoir si quelqu’un s’en sort.
Si la lecture audio vous tente, je vous la conseille sans hésiter, surtout pour la première partie à la première personne.

Et puis finalement, Madelaine n’a pas eu le Goncourt des grands, mais a obtenu le Goncourt des lycéens que je trouve très souvent beaucoup plus pertinent ! 

Vous l’aurez donc compris, je suis conquise.
Ce n’est pas un roman dont on sort avec le sourire, c’est sûr, mais c’est un texte fort sur la nature, sur les relations sociales, sur l’amour aussi.
C’est violent, dur, comme peut l’être le monde.  
 
 
 
 
 

 
 

mardi 11 février 2025

Une écharpe dans la neige de Viveca Sten

Alors que je viens de terminer l'écoute du tome suivant, je me lance pour vous parler du premier. 
Je ne sais pas ce qui me retenait d'écrire ce billet, car j'ai beaucoup aimé le premier tome de cette nouvelle série !
Je n’avais jamais lu Viveca Sten, mais j’ai croisé plusieurs fois son nom sur les couvertures du rayon policier, car c’est une autrice très prisée.
Et je dois bien dire que c’est mérité. 
 
 

 
Hannah a quitté son travail.
Son supérieur l’a harcelé une fois de plus, et elle a démissionné de son poste d’enquêtrice à Stockholm.
Elle a aussi quitté son petit ami.
Désœuvrée, sans domicile, elle finit par accepter la proposition de sa sœur qui lui propose de séjourner dans son chalet de Are.
Les enquêtes semblent cependant poursuivre Hannah.
Une jeune femme a disparu et la neige impose de faire vite pour la retrouver…


Il faut bien avouer que Viveca Sten est efficace !
Elle ne laisse rien au hasard et maitrise l’art de diriger son lecteur sans problème.
Le récit se dévore à la vitesse de l’éclair, avec une tension savamment distillée qui tient le lecteur en haleine.
On suspecte tout le monde, on a peur pour la victime, on se demande ce qu’il va se passer.

C’est très bien fait, et les personnages ne sont pas oubliés.
L’autrice prend le temps de les construire, de leur donner une épaisseur qui donne envie de les suivre et de continuer à lire leurs aventures dans beaucoup d’autres tomes. 
 
La société suédoise est aussi décrite avec des informations qui permettent de mieux la connaître, de comprendre certaines particularités, et c'est un vrai tour de force de l'autrice de réussir à déceler ce qui peut paraitre étonnant pour un lecteur étranger, alors qu'elle est elle-même immergée dans cette culture. 
Evidemment, il ne s'agit pas de différences énormes, mais de petites habitudes qui ne sont pas les mêmes d'un pays ou d'une région à l'autre. 
Et si on revient au roman policier, les pulsions de mort sont finalement sans doute toujours un peu les mêmes.

La version audio, lue par Noémie Bianco est nuancée, calme dans la tourmente, ce qui permet au lecteur de suivre son rythme.
Elle adapte sa voix aux personnages, ce qui rend l’écoute très facile à suivre.
Le tome 2 est également lu par cette comédienne, ce qui permet de donner une unité à la série.

En conclusion, c’est un début de série très prometteur, qui donne envie de suivre très longtemps ces personnages.
SI vous cherchez une lecture prenante, un roman qui se dévore, ouvrez celui-ci sans hésiter. 
Et moi, j'attends désormais le 3 en audio avec impatience !! 





lundi 10 février 2025

Résister à la culpabilisation de Mona Chollet

Il y a longtemps que je souhaitais lire Mona Chollet.
Les thématiques qu’elle aborde sont toujours très pertinentes et cela fait du bien de temps en temps de se poser pour réfléchir à notre façon d’agir et de réagir. 

 

 
Dans ce nouvel opus, l’autrice s’attaque à la culpabilisation, mal du moment qui nous empêche d’être heureux et d’avancer.
C’est effectivement un sujet important, tant on a du mal à se sortir de schémas répétitifs où une simple phrase peut remettre en question notre confiance, nos projets ou notre comportement.
Pour aborder ce sujet, Mona Chollet commence par balayer de nombreux domaines où nous culpabilisons.
L’éducation des enfants et leur position dans la société, la pollution, notre vie en général sont décortiquées, analysées.
Elle explique également d’où vient ce sentiment, qui serait lié à notre héritage judéo-chrétien où la faute est un concept essentiel qui semble indépassable.
Les femmes et les enfants sont présentés comme les deux catégories de la société qui sont le plus culpabilisés, évidemment par la troisième catégorie : les hommes, mais aussi par le fonctionnement social en général.
Elle indique clairement que la société place les enfants et les femmes dans une position d’auto-culpabilisation dont il est difficile de sortir.  


J’ai apprécié de suivre la pensée de Mona Chollet et d’aller de thème en thème pour explorer ce sujet.
Je ne suis pas sûre d’y avoir trouver des arguments ou des solutions pour en sortir, mais à la fin de cette écoute, on dispose d’informations et de connaissances plus importantes qui permettent de visualiser ce qui nous culpabilise et ce qui nous enferme dans ces répétitions.
On pourrait alors se dire « pourquoi continuer à culpabiliser puisque je ne suis pas responsables » mais ce n’est pas aussi simple.

Mona Chollet décrit par exemple que nous ne sommes pas coupables de la pollution plastique car les lobbys des pétroliers sont trop puissants, et que nous sommes finalement très impuissants, et, surtout, manipulés par les campagnes de pub.
C’est évidemment vrai, et même en passant totalement au vrac, nous ne sommes pas grand chose et le recyclage n’est pas non plus une solution.
Alors, être coupable ou impuissante, qu’est-ce qui est le plus difficile à vivre ?
C’est sans doute une question à creuser car il n’est pas sûre que l’un soit plus simple que l’autre.

Je ferais néanmoins une petite critique sur l’équilibre entre les sources, le texte et les expériences personnelles que raconte l’autrice.
C’est sans doute une déformation professionnelle mais elle s’appuie beaucoup sur ce qu’elle a vécu, sur des événements passés, là où une source théorique aurait peut-être été plus percutante.
C’est toutefois lié au public supposé de cet essai, je pense.
Il s’adresse au grand public justement, et il y a tout de même des références nombreuses pour aller plus loin sur certains sujets si on le souhaite.

La version audio, lue par Cristelle Ledroit, donne une impression de récit, de conférence que l’on ne dit que pour vous, comme une conversation privée avec Mona Chollet.
C’est très agréable, tout en n’interdisant pas de revenir en arrière si nécessaire, ou de prendre des notes, en ralentissant la lecture par exemple.


C’est donc un essai que je vous conseille, mais ne culpabilisez pas si vous ne voulez pas le lire ;)

 
 

 

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