mardi 28 février 2023

Anne, la maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery [Version audio]

Connaissez-vous la jeune Anne Shirley ?
Quand j’étais petite, ma maman avait un exemplaire de la maison aux pignons verts et disait volontiers que c’était un beau roman qu’il faudrait que je lise plus tard.
Voilà qui est fait ! 
 
 

 
Lorsqu’il va chercher à la gare l’orphelin qu’il a prévu d’héberger pour l’aider à la ferme, Matthew cutberth découvre que c’est une fille qui l’attend sur le quai.
Lors du trajet de retour, elle s’émerveille des arbres, du lac, et bavarde sans interruption, ce qui n’est pas sans déplaire à Matthew.
Mais Marilla n’est pas de cet avis.
Après avoir fait connaissance avec Anne, elle envisage de la ramener à l’orphelinat pour l’échanger avec le garçon qu’elle attendait…

Quand on s’attaque à un monument de la littérature, se faire un avis peut être un peu difficile.
On a forcément déjà lu ou vu des choses, surtout lorsqu’il y a une série à succès qui a été tirée du roman.
J’ai aussi choisi la version audio et je crois qu’il y a plusieurs traductions qui sont disponibles chez plusieurs éditeurs.
Mais je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre car je me suis justement retenue de voir la série avant d’écouter le roman.

La première chose que je peux dire, c’est qu’Anne est une sacrée bavarde, ce que la version audio met vraiment en avant !
On a l’impression de l’entendre parler, parler et parler encore, surtout dans les premiers chapitres où elle découvre Avonlea.
Fort heureusement, on s’habitue et le roman laisse la place progressivement au récit de la vie d’Anne.
Et cette vie est vraiment mouvementée.
Entre ses étourderies, la découverte de sa nouvelle vie, ses amies et l’école, elle ne s’ennuie pas et le lecteur non plus.
La voix de la lectrice nous fait entendre la narratrice qui raconte ce que vit Anne.
Elle anticipe parfois en annonçant un malheur ou une grande joie mais elle ne juge pas cette enfant espiègle qui sait apparemment si bien se faire aimer.
C’est doux et tendre à la fois, et on se surprend à attendre la future bêtise avec impatience.
Evidemment, en grandissant, Anne en fait moins, et c’est alors son univers qui s’élargit et passe au premier plan.

Le roman est rythmé, sans temps mort.
Les évènements puis les années s’enchainent et lorsque les derniers mots sont lus ou écoutés, on est un peu triste de quitter Anne et Avonlea.
Heureusement, il y a d’autres tomes qui se chargeront de raconter la suite !




 

 

lundi 20 février 2023

Hiverner, se reposer, se replier et s'aimer dans les moments difficiles de Katherine May

Je lis peu de romans « feel good » ou de livres de développement personnel mais de temps en temps, il y a un livre qui arrive au bon moment.
C’est le cas d’ « Hiverner », que j’ai découvert au mois de décembre, au moment où le froid s’est installé.
 

 

Katherine May a dû affronter un burn out, puis son mari est tombé gravement malade, et elle a elle-même dû s’occuper de son corps pour se soigner.
Elle raconte dans ces pages comment elle s’est repliée sur elle-même pendant tout un hiver, hivernant à la fois socialement et physiquement.
Cette période difficile a ainsi fait suite à une lente remontée vers la vie…

J’ai commencé ce livre en ayant un gros doute.
Allais-je aimé ? Était-ce le bon moment pour le lire ?
Le développement personnel, ça va 5 minutes, et si, en plus, il s’agit de parler de périodes tristes, pas faciles à passer, cela m’enthousiasmait assez peu au moment où j’ai envisagé de l’écouter.
Mais bon, un livre qui s’intitule Hiverner est sans doute plutôt fait pour être lu l’hiver (en vrai, pas seulement mais j’y reviendrai).  
Et effectivement, ce livre est parfait pour l’hiver car l’autrice y décrit un hiver de sa vie en nommant ses chapitres du nom des mois de l’année.
Elle raconte comment elle a repris le contrôle de sa vie, de son corps, en abandonnant sa vie, en hivernant.

Les évènements qui ont donné l’impulsion pour écrire ce livre sont simplement évoqués au début du récit, ce qui permet de se concentrer sur la reconstruction et de ne pas tomber dans le tragique, comme on aurait pu le penser.
Elle alterne les récits de souvenirs, les actions qu’elle a mis en place, et les commentaires pour expliquer comment cela lui a permis de mieux vivre.
Elle décrit ainsi le processus qui lui a permis d’hiberner, pourquoi c’est indispensable à l’être humain et montre que nous le faisons naturellement.
Et on ne peut s’empêcher de regarder sa propre vie en cherchant ces périodes où, effectivement, nous nous retirons plus ou moins de la marche du monde.
J’ai beaucoup aimé les deux premières parties de ce livre car elles ont résonné en moi à un moment où j’avais moi-même besoin de me replier sur moi-même et d’en profiter.
C’était vraiment très agréable d’entendre une confirmation de ce que je ressentais et j’y ai trouvé plusieurs synchronicités (elle faisait de l’alto, instrument assez rare que pratique ma fille par exemple).
L’autrice a également le même travail que moi et je me suis beaucoup retrouvée dans ses propos.
 
Ce livre a aussi un avantage très intéressant.
Vous pouvez le lire d’une traite ou en suivant les mois qui sont indiqués.
Vous pourrez ainsi suivre le fil de la progression de l’autrice et le vivre vous-même, ou le découvrir en une fois et laisser poser ces mots jusqu’à ce qu’ils infusent en vous.

J’avoue, en revanche, m’être un peu lassée de la succession de digressions.
C’est intéressant, mais les liens entre le sujet et les digressions est parfois très ténu et cela m’a donné l’impression de suivre le fil d’une pensée vagabonde.
Il y a eu quelques passages où j’ai manqué de cohérence et il me fallait beaucoup d’attention pour comprendre s’il s’agissait d’un souvenir, ou d’une digression qui devait être interprétée comme une image signifiante.
Heureusement, avant la fin du livre, j’ai retrouvé le fil.

La version audio est lue par Marie Gamory.
Je trouve ce format parfait pour ce genre de livre car on a l’impression que l’autrice nous parle, qu’elle nous explique son propos.
La voix de la lectrice est comme une amie qui vous raconte ses errances vers la guérison pour vous inciter à suivre votre propre chemin.
C’est aussi un bon mode d’accès à ce texte destiné à des lectrices et lecteurs qui vont peut-être moyennement bien et qui pourront l’écouter avec moins d’effort qu’une lecture.


C’est donc un texte que je vous conseille si vous êtes dans une période de fatigue, ou si vous allez bien, mais êtes intéressé par un texte ouvrant la porte à un peu de repos, à une mise en retrait salutaire pour revenir plus fort ensuite.

 
 


 

 

 

vendredi 17 février 2023

Les grandes oubliés de Titiou Lecoq

Anti féministes, fuyez ce billet !
Mais nan, j‘rigole ! Au contraire, restez par ici, cela vous déridera le cerveau 😬.
Bon, en vrai, il y a peu de chance qu’il y ait ce genre de personne par ici, alors toi lectrice (ou lecteur, il y en a peut-être quelques uns), apprête-toi à lire un billet sur un livre vraiment instructif. 
 
 



Titiou Lecoq retrace ici l’histoire du point de vue des femmes célèbres.
De votre jeunesse et de vos cours d’histoire, vous avez peut-être retenu des noms célèbres mais si on y réfléchit, la plupart concerne des hommes et laisse complètement de coté les femmes.
Quelques unes sont passées à la postérité mais elles sont tout de même très rares.
L’autrice propose donc ici de réparer ces oublis en remettant sur le devant de la scène ces femmes oubliées.
Et il y en a un certain nombre !

Mais il s’agit aussi de retracer une petite histoire sociale des femmes.
Les noms ne sont pas toujours restés, mais qu’à cela ne tienne.
Titiou Lecoq explique, décrit le fonctionnement de la société à différentes époques et montre que les femmes ont toujours eu une position déterminante même si la mémoire collective tend à les invisibiliser.

Je dois néanmoins avouer une certaine méfiance personnelle face à ce genre de livre grand public.
Je crains toujours une vacuité plus ou moins grande, la volonté de simplifier à l’extrême pour vendre de la copie.
Et ce n’est clairement pas le cas ici !
Le texte s’appuie sur des sources historiques, l’autrice cite ses sources et  explique sans problème qu’avant, elle était persuadée de certaines choses mais qu’en se renseignant, elle a changé d’avis.
Elle raconte ses souvenirs d’enfance et implique le lecteur.
On est obligé de se demander si on a fait ou pensé la même chose.

Le texte est également très agréable à lire ou écouter.
Sa plume est vive, énergique et vivante.
Titiou Lecoq lit elle-même son livre et la version audio est parfaite car elle nous interpelle, et s’adresse à nous directement.
On a l’impression qu’elle nous parle.
Et puis j’ai écouté ce livre en grande partie pendant des travaux et le montage de meubles avec beaucoup, beaucoup de tiroirs.
L’homme qui partageait cette tâche a donc écouté malgré lui et j’ai rarement eu aussi peu de remarques pendant le montage d’un meuble.
Aucune réflexion sur les différences entre les hommes et les femmes pour le montage d’un tiroir !
Je crois même qu’il a écouté et retenu certaines informations, notamment sur le moyen âge car il réclamait quand j’arrêtais l’écoute !

Et finalement, s’agit-il d’un livre féministe ?
Assurément mais pas d’un livre purement militant.
Vous pourrez vous servir de ces informations dans un dîner en ville ou pour votre culture personnelle. Toutefois, ce qui importe, c’est cet accès à l’histoire qu’il permet sur un mode ludique et moderne.
L’analyse pourrait être plus poussée mais c’est un livre accessible qui fait envie et c’est une grande qualité.
Le lecteur est libre, ensuite, d’aller consulter les sources mentionnées.

C’est donc un ouvrage très utile pour la prise de conscience.
Même si celles et ceux qui le lisent sont sans doute déjà convaincus, ils trouveront des arguments et pourront s’assurer qu’ils sont sur le bon chemin.
Alors ? Vous hésitez encore ? Vous l’avez déjà lu ? 
 
 
 
 
 
 



 
 


lundi 13 février 2023

Prix audiolib édition 2023 !!!

Cette année encore, j'ai la joie et la chance de faire partie du jury du prix Audiolib ! 
Comme vous le savez si vous fréquentez ce blog depuis quelques temps, je lis beaucoup de livres audios et j'adore ce petit moment de l'année où je peux découvrir plein de livres vers lesquels je ne serais pas forcément allée. 

C'est un jury féminin cette année, avec des lectrices très différentes, ce qui donne toujours des résultats inattendus 😊. 

La sélection est aussi très belle, avec une variété de romans, de durée, de thème :


 

Voilà mes petites impressions avant lecture : 
  • L'eau du lac n'est jamais douce (8h54) : Je n'ai aucune idée du contenu de ce roman. Ce sera une découverte complète ! 
  • On était des loups (3h58) : les critiques sont plutôt bonnes à propos de ce titre. On verra, et c'est un roman court, ce qui me permettra de le lire en une après-midi. 
  • Les rois maudits (8h24) : Ah ! Là ! C'est un pan d'histoire littéraire qui me fait bien envie.
  • Notre part de nuit (27h43) : Oups ! Il semblerait que ce soit LE pavé de la sélection 😆
  • Sa préférée (4h37) : sans doute ma prochaine lecture, même si cela n'a pas l'air bien gai.
  • A qui la faute (6h19) : Un petit polar nordique, je suis impatiente de l'écouter !
  • Tant que le café est encore chaud (5h25) : quelle merveille ce livre ! Je l'avais écouté à sa sortie et j'en garde un souvenir très précis et très beau !
  • Entre fauves (9h04) : Un deuxième livre déjà lu pour cette sélection. Et quel livre ! Je vous en parle très bientôt !
  • Le carré des indigents (13h22) : un second roman policier dans la sélection du prix, une très belle surprise pour moi qui aime beaucoup ce genre. Ce sera sans doute une de mes dernières lectures.
  • Blizzard (3h28) : un roman dont le sujet me fait un peu peur mais qui semble très bien écrit.
Comme je le fais souvent, je pense commencer par les plus courts, et puis je m'attaquerai aux romans plus longs après les vacances en reprenant le train. 
Rendez-vous en juin pour mon classement, et dans les prochaines semaines pour mes avis de lecture !!!
 
Et si le cœur vous en dit, n'hésitez pas à nous accompagner...
 


 
 


vendredi 10 février 2023

Le rocher blanc d'Anna Hope

Un rocher peut-il être le héros d’un roman ?
Il peut en tout cas en être le titre et laisser le lecteur dans le doute face à l’histoire qui est racontée.
Mais est-ce réellement le rocher qui est au centre de ce récit ? 


 

 
Dans ce mini bus, il fait chaud et il est bien difficile de tenir une petite fille de 3 ans.
Mais l’écrivaine se débrouille comme elle peut à coup de dessin animé sur sa tablette et de lait d’amande trouvé dans les petites supérettes sur la route.
Si le pèlerinage jusqu’au rocher blanc est plus facile qu’autrefois, la route est tout de même longue pour traverser le pays, et cela lui permet de revenir sur sa vie et ce qui l’a amené ici…


Quel étrange roman !
Je n’avais lu que le résumé de présentation et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre.
Je me suis fiée au nom de l’auteur dont les précédents romans ont reçu des avis généralement positifs et j’étais curieuse de la découvrir par moi-même. 
 
La structure choisie est désormais classique.
Quatre récits s’entrecroisent pour raconter des moments de vie.
D’ordinaire, les récits finissent par se confondre, ou les personnages ont un point commun.
Ici, c’est le point commun qui est original car il s’agit d’un rocher, le « rocher blanc » qui s’érige dans une baie du Mexique. 

 

 
 
Les personnages, eux, vivent à des époques différentes mais se rendent tous vers ce rocher.
Ce sont ces voyages qui sont racontés.
L’écrivaine traverse le pays en 2020 pour remercier le rocher, le chanteur fait le trajet à pied depuis son hôtel en 1969, la fille est sur un bateau et a été déportée vers les plantations en 1907, tandis que le lieutenant monte dans une barque en 1775 avec un autre lieutenant pour tenter de lui sauver la vie.
Le défaut de ces croisements réside parfois dans l’inégalité des récits, mais ici, cela fonctionne parfaitement.
Chaque récit a sa place et n’empiète pas sur les autres.

Évidement, on préfère un personnage ou un autre et il serait faux de dire que j’ai tout aimé.
Mais cela ne m’a pas semblé être un défaut du texte. 


La narration est douce, le récit coule même s’il est parfois violent.
Le rocher préside à ces vies qui passent sans se préoccuper des vivants.
On voudrait savoir ce qu’il se passe ensuite, ce que deviennent les personnages mais au fond, on le devine et le texte comporte des informations qui permettent de le deviner.

La lecture audio est chorale pour correspondre à chacun des récits. 
Pierre Lognay, Maxime Van Santfoort, Célia Torrens et Mélissa Windal alternent pour raconter les 4 histoires. 
Chaque voix correspond bien à ce qu'elle raconte et permet de mieux cerner le caractère des personnages.
Cela participe aussi à cette douceur, à ce calme dans la tempête.
Chaque personnage se débat avec sa vie, contre un ennemi extérieur et contre lui-même.
Les lecteurs et lectrices ont su rendre ces récits multiples avec leurs doutes et leurs failles.
C’est très agréable à écouter.


C’est donc une jolie découverte et je lirai sûrement le roman précédent d’Anna Hope.
En attendant, je vous conseille celui-ci sans hésiter. 
 
 
 






 
 
 
 

mercredi 8 février 2023

Merlin de Loïc Clément et Carole Maurel [BD]

En ce mercredi, je vous présente une BD douce comme un caramel, mais un caramel avec un peu d'acidité car il cache un cœur piquant qui donne les larmes aux yeux.

Merlin, c'est le petit voisin de Chaussette, celui qui habite juste à coté de chez elle. 
Chaussette le surveille avec attention car la maman de Merlin a un cancer, ce qui va bouleverser le jeune homme et la petite vie bien tranquille de chacun par ici...


 
 
Loïc Clément poursuit ici sa série "Les contes des coeurs perdus" en confiant le dessin, cette fois, à Carole Maurel. 
Cette série a en effet la particularité de conserver le même scénariste (c'est sa série à lui quand même), et de changer d'illustrateur-rice à chaque album ! 
Cela permet de voir ces histoires sous un œil neuf et de découvrir parfois des traits de crayon inconnus. 
Ici, c'est donc Carole Maurel qui reprend le flambeau et qui propose des décors colorés, dans des tons chauds, et des personnages encore ronds, pas tout à fait sortis de l'enfance. 
Cela correspond parfaitement à Merlin, jeune homme dont l'adolescence disparait doucement pour le laisser aller vers l'âge adulte. 
Les visages sont expressifs, et l'on suit les (nombreux) changements d'humeur de ce personnage autant attachant qu'agaçant, comme beaucoup de jeunes de son âge. 
Heureusement que Chaussette est là pour le soutenir !
 
Et ce qui est vraiment chouette dans cette série, c'est que chaque tome est consacré à un des personnages de ce petit quartier. 
Il y a eu Chaussette, Jeannot, et puis Merlin. 
Tout le monde a droit à son opus ! 
Il y a aussi trois autres titres avec des thèmes tout aussi touchants que je vais aller chercher à la bibliothèque très vite !

Une jolie BD, donc, qui parle de résilience, de consolation, de vivre sa vie aussi. 
Alors ? Tenté ?
 
 







mardi 7 février 2023

Les mystères de Paris, Partie 1 d'Eugène Sue

 Connaissez-vous les romans-feuilletons du 19e siècle ? 
Moi, j'adore ! 
Je les ai découvert pendant mes études et j'en ai lu plusieurs avec un grand plaisir. 
Et voilà justement Les Mystères de Paris que les éditions VOolume ont eu la bonne idée d'enregistrer en version audio. 
 
 
 
 
Dans une ruelle sombre, Rodolphe se précipite pour défendre une jeune femme agressée par un homme qui fait deux fois sa taille ! 
Alors que l'homme est maitrisé, Rodolphe se fait expliquer la cause de cette correction qu'il juge démesurée. 
C'est alors qu'il fait la connaissance de Fleur de Marie et du Chourineur... 
 
Le roman-feuilleton Les mystères de Paris est le premier roman de ce genre. 
C'est à partir de cette histoire que les journaux vont publier les romans en petits morceaux chaque jour et fidéliser la clientèle.
Pour ce récit, le succès est énorme dès les premiers épisodes. 
On le lit dans toutes les couches de la société, et quand on ne sait pas lire, une lecture collective est organisée. 
C'est un roman à rallonge, avec de nombreux rebondissements. 
Il a les défauts de son genre, avec des personnages un peu stéréotypés, qui sont blancs ou noirs et constituent des types de caractères. 
Mais c'est très agréable d'écouter cette histoire, de vibrer pour Fleur de Marie, de se laisser aller au suspense que l'auteur diffuse dans son récit. 
On ne peut que se demander qui est Rodolphe ? Qui est Fleur de Marie pour lui ? Pourquoi est-il poursuivi par des personnages sombres qui prétendent vouloir l'aider ? Et que fait-il dans ces ruelles obscures alors qu'il semble appartenir à la bonne société ? 
Il faut aussi se replacer dans ce contexte où les lecteurs découvrent un nouveau type de lecture. 
Dumas n'est pas encore très lu, tout comme d'autres feuilletonnistes (puisque Sue est le premier 😆). 
Si les personnages nous paraissent typiques, c'est qu'ils ont été repris dans des films ou d'autres récits. 
Ainsi, le personnage de l'enfant caché est quasiment présent dans tous les feuilletons qui vont suivre. 
Les décors sont très présents et Sue ne se prive pas de décrire les rues salles et sombres de Paris. 
On s'y croirait et in ne regrette pas qu'Haussman soit passé par là, même si cela a entrainé la disparition de pans entiers d'histoire.

Je trouve également cela très audacieux d'avoir décidé de publier une version audio. 
Il est difficile de trouver une version papier correcte depuis pas mal de temps. 
Le roman est tombé dans le domaine public, il est disponible en numérique, mais on ne pouvait pas le lire sur un autre média. 
Voilà une version qui pourra vous permettre d'écouter les aventures de Rodolphe et de vous délecter des péripéties dont le roman regorge. 
Le rythme est parfois un peu lent, mais en augmentant la vitesse d'écoute, c'est un défaut qui se corrige facilement. 

Alors ? Tentée ?
 
 


 
 



 
 
 

vendredi 3 février 2023

Une histoire du Velvet underground de Prosperi Buri

Les romans ou les bandes dessinées ont parfois l’avantage de nous permettre d’apprendre des choses sur des sujets qui nous intéressent tout en étant moins austères qu’un livre d’histoire.
Lorsque j’ai vu cette bande dessinée, je me suis dit que c’était une occasion d’en apprendre un peu plus sur le Velvet.
Je l’ai donc ouverte avec de grandes attentes.
La couverture aux couleurs roses et vertes, les personnages et leur dessin me tentaient beaucoup. 
 

Après lecture, mon avis oscille entre le « hourra » et le « ah » XD
Le sujet est intéressant pour les fans du Velvet.
On découvre les relations entre les membres du groupe, la vie du groupe pendant sa petite période d’existence.
Le Velvet a été très productif mais n’a pas duré longtemps.
Cette BD a donc un format parfait pour raconter ces 8 ans.

L’histoire est composé de petits récits d’épisodes importants.
Cela m’a fait penser à la littérature en 45 secondes où un roman est résumé en quelques cases.
Les dessins sont sympas, mais c’est parfois un peu caricatural.
J’ai aimé les passages où on voit Andy Warhol et son atelier.
Cela permet également d’en apprendre davantage sur les liens que le Velvet entretenait avec la Factory.

C’est donc une bande dessinée sympathique, parfaite si vous connaissez un ou une fan du Velvet.
Ils n’apprendront peut-être rien s’ils sont passionnés mais ils pourront passer une heure ou deux avec leurs idoles.
Et s’ils sont juste amateurs, ils pourront découvrir comment vivaient les membres du groupe dans une BD un peu potache et rigolote. 






mercredi 1 février 2023

Hypericon de Manuele Fior

Connaissez-vous le nom profane de l’hypericon ? 
C’est le mille pertuis qui permet de dormir. 
Et dormir, c’est justement le problème de l’héroïne de cette BD dont la couverture est assez intrigante (mais contient tout ce qui constitue ce récit).

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en l’ouvrant et en lisant le résumé, j’avais juste retenu qu’il allait être question de l’Égypte et de la découverte du tombeau de Toutankhamon.

Mais il y a bien plus de choses dans ces pages. 

 

 
Teresa se rend à Berlin pour superviser le montage d’une exposition pour son stage de fin d’étude.
Insomniaque, elle lit la nuit le récit de la découverte du tombeau de Toutankhamon dont les objets seront exposés parfois pour la première fois hors d’Égypte.
Les deux récits se mêlent et l’on suit à la fois Teresa qui doit trouver un logement et gérer ses nuits difficiles, et Carter qui s’approche du trésor.
Elle fait aussi la connaissance de Ruben qui la conduit dans un squat d’artistes où elle va passer un peu de temps.
Et puis il y a Berlin et quelques quartiers qui sont visités par les deux jeunes gens. 
 
J’ai beaucoup aimé ce récit délicat.
Les personnages sont jeunes et on assiste à leur cheminement vers l’âge adulte.
Les difficultés de Teresa sont visibles, son déracinement, la nécessité de se concentrer malgré le manque de sommeil, les sautes d’humeur.
Mais on voit aussi un amour qui naît, avec ses écueils et ses moments de grâce. 
Teresa se pose beaucoup de questions, elle est inquiète et doit à la fois comprendre ce qui lui arrive et intimement et réaliser le travail pour lequel elle est à Berlin.
 
C’est d'ailleurs ce récit qui domine, plaçant celui de la découverte du tombeau à l’arrière plan.
Le livre de la découverte de Carter est un appui qui permet à Teresa de s'évader tout en se raccrochant à quelque chose qu'elle connait sur le bout des doigts.
 
Les dessins sont originaux, tout en délicatesse. 
Le trait est clair et on identifie au premier coup d’œil les changements de récits. 
Les couleurs douces plongent le lecteur dans un Berlin qui donne envie de sauter dans un train pour aller y faire un tour. 

Le scénario est également bien construit et j’ai beaucoup aimé la dernière partie.
J’ai tout de même un petit bémol car il y a beaucoup d’éléments dans ce récit et une fois le livre refermé, j’ai eu une impression de trop et de pas assez.
Les fils sont un peu trop nombreux, ce qui empêche de les développer vraiment.
C’est un peu dommage car on aimerait en savoir davantage sur l’exposition, sur la partie égyptienne, ou sur Berlin notamment. 
 
Cela ne doit toutefois pas vous empêcher de découvrir ces jolies pages car c'est une BD qui mérite d'être lue !  
 
 







 
 
 

 
 


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