mardi 5 avril 2016

Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley { Prix Audiolib }

Je dois vous avouer un secret : je suis fan de films d'anticipation !
J'adore Bienvenue à Gattaca sans restriction, je suis fan de Minority Report et d'Inception.
Mais quand il s'agit de livres, j'ai plus de mal, je l'avoue.
Néanmoins, quand j'ai vu ce titre dans la sélection du prix Audiolib, j'étais ravie de pouvoir lire ce classique du genre, un peu pour le découvrir et un peu pour voir si vraiment je n'aime pas ça.
Alors en route pour le futur.

En l'an 632 de l'ère de Ford, les bébés poussent dans des bocaux et sont sélectionnés pour accomplir toute leur vie la même tâche.
Pour les tâches serviles et peu attrayantes, les embryons sont répétés encore et encore, créant des bataillons d'individus tous identiques destinés à appuyer sur un bouton ou permettre aux Alpha  plus élaborés de vivre leur vie le plus confortablement possible.
Les rations de Somma permettent de tout supporter, de se mettre en congé de sa vie et de tout oublier.
Les traitements maintiennent les corps jeunes et en bonne santé.
Dans ce monde aseptisé où tout est à sa place, Lenina a envie de sortir un peu de sa routine et elle accepte l'invitation de Bernard pour aller passer les vacances dans la réserve à sauvage qu'il souhaite visiter.
Mais la visite ne va pas tout à fait se passer comme prévu.

Bon, disons le clairement, le début du récit m'a paru imbuvable et je crois que c'est en partie dû à la version audio (mais en partie seulement et juste pour le début).
Dans un roman d'anticipation, forcément, il faut présenter au lecteur tout ce qu'il s'est passé pendant les années qui le séparent du récit.
Il faut expliquer, détailler un peu et cela nécessite d'y passer quelques pages.
Huxley le fait plutôt bien en utilisant le motif de la visite de novices à qui on explique les choses.
C'est une étape indispensable et il choisit d'utiliser des étudiants qui visitent le centre de créations des nouveaux humains produits en flacon, ce qui en fait un passage un peu sec et hiératique.
C'est plutôt lassant, et j'étais parfois un peu perdue, surtout en audio où il faut être attentif.
Du coup, j'ai eu peur que cela se poursuive sur le même ton.

Heureusement, il n'en est rien.
Passé les premières pages, le récit démarre vraiment, Lénina confirme à Bernard qu'elle viendra avec lui et ça devient vraiment intéressant.
Huxley crée deux mondes parallèles : celui qui vit selon les principes de Ford, et la réserve à sauvages qui croit en Dieu et vit sans technologie.
Mais les codes qui régissent ces deux fonctionnements sont finalement assez proches.
Dans les deux cas, les individus sont endoctrinés, aveuglés par la manipulation mentale qu'ils ont subis depuis leur enfance mais les résultats sont contradictoires.
On peut alors s'interroger sur la cible de l'auteur.
Le contrôle par la technologie est-il identique au conditionnement religieux ?
Vouloir le bonheur de tous en le leur imposant est-il une solution idéale ?

Ce roman donne assurément à réfléchir.
Il est rempli de références comme le mythe du bon sauvage, les expositions universelles du 19e siècle avec les cages remplies de "sauvages", le conditionnement psychologique, les méfaits de la religion, le rejet de la différence, la reproduction sociale, l'asepsie de plus en plus présente, la quête du bonheur sans son pendant qui permet de l'apprécier...
Sans compter les noms de certains personnages qui sont des références à peine voilées.
On ne peut pas en sortir indemne et il me semble que le lecteur sera forcément touché par l'un de ces thèmes.
L'irruption d'un individu différent, un sauvage né d'un père et d'une mère, dans cette société bien organisée met forcément en valeur les excès du contrôle (et de la drogue).

J'ai évoqué la version audio un peu plus haut.
Le lecteur Thibault de Montalembert est très bon.
Je l'avais déjà constaté en écoutant l'île du point Nemo l'an dernier (serait-il toujours assigné à la science-fiction ?), il a un ton et un timbre de voix vraiment très agréable.
Mais dans le roman, Huxley s'amuse à croiser les voix de ses personnages, ce qui rend le récit vivant.
Or, quand on écoute l'histoire, même si le lecteur module sa voix en fonction des personnages, ces passages sont difficiles à saisir.
Comme il n'y en a que deux, on passe néanmoins outre sans problème.
La dernière plage du CD comporte aussi un texte de l'auteur qui revient sur son récit plusieurs années plus tard.
Il évoque notamment la fin de l'histoire et explique qu'il aurait pu finir autrement, même si au moment de l'écriture, il n'a vu qu'une fin possible.


Pour résumer, c'est donc une très bonne version du roman, mais il vous faudra peut-être avoir la patience de passer la piste 7 pour bien l'apprécier.








14 commentaires:

  1. Un classique que j'avais adoré !

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    1. Je suis plus modérée que toi, mais j'ai quand même bien aimé :^)

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  2. Je l'ai lu il y longtemps, il m'avait fait forte impression.

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    1. Ah oui, c'est un roman qui ne laisse pas indifférent. Il mène forcément à réfléchir sur nos sociétés ou sur nous mêmes.

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  3. dire qu'il est dans ma pal et que je ne le sors que très rarement, pour en feuilleter quelques pages, puis je le remets à plus tard

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    1. C'est dommage, mais j'ai l'impression qu'il faut trouver le bon moment pour bien apprécier un roman. Surtout que celui-ci est quand même particulier ;^)

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  4. Un classique à découvrir encore pour moi... ;)

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    1. Il faut trouver le bon moment, mais c'est un roman à méditer. Il donne vraiment à réfléchir utilement.

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  5. Dans le même genre, je te conseille La 25e heure de Virgile Georgious.

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  6. C'est le dernier que je dois écouter pour le Prix Audiolib... Je ne suis pas SF donc j'ai un peu d'appréhension... Je termine No et moi (hors Prix) et je m'y attaque...

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    1. Oui, c'est sûr que si tu n'aimes pas ça, c'est compliqué, mais je n'aime pas trop non plus les romans de SF. Mais celui-ci est vraiment bien. Passé les premières plages de lectures, tu verras, il n'y a plus d'explications alambiquées. C'est une transposition tout à fait plausible (malheureusement).

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  7. Je l'ai lu en version papier ce qui devrait m'aider à passer la plage 7 mais je ne garde pas un très bon souvenir du roman donc je doute que la version audio me convienne davantage.

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    1. Oui, c'est sûr. Dans les romans où il se passe pas mal de choses, la version audio a l'avantage de rendre les évènements plus visuels j'ai l'impression. Mais je comprends que tu n'ai pas aimé. Pas sûre que j'aurais aimé en le lisant au format papier.

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