mardi 2 octobre 2012

Inséparables d’Alessandro Piperno


Je reprends ma série de billets sur la rentrée littéraire avec un roman qui restera pour moi un peu spécial. 
Il s’agit en effet du premier roman que j’ai lu sur ma liseuse, mais je vous en reparlerai sans doute bientôt, quand j’aurais « digéré » les avantages et les inconvénients de son utilisation.

Pour en revenir à ce roman, il s’est trouvé dans le lot envoyé par le forum Entrée livre pour l’opération lecteurs VIP en format pdf.
Je l’ai donc lu en août, à la suite de quatre autres romans lus sans enthousiasme.
Après la déprime de la quarantaine, la déprime de la cinquantaine, la déprime de l’inévitable chute de toutes choses et l’originalité extrême du roman de Claro, lire un roman « traditionnel », avec une histoire, des personnages « traditionnels », j’avoue que cela m’a fait du bien.

Filippo et Anna forment un couple atypique.
Jeune starlette de séries B, Anna est capricieuse, trop gâtée par son père millionnaire tandis que Filippo végète et se traine toute la journée.
Ancien médecin humanitaire, ancien militaire, il se cherche sans vouloir se trouver.
Mais il dessine aussi et l’impresario de son épouse trouve qu’il a assez de talent pour aller jusqu’à la réalisation d’un long métrage qui va rencontrer un grand succès.
Il se rend donc à Cannes et se laisse happer par le festival, les honneurs, les conférences où on l’invite ensuite, les fans et ceux qui le dénigrent… bref, il devient une star avec plaisir.
Mais son nouveau monde vacille quand un groupe d’intégristes religieux voient dans son film une attaque contre leur religion et lance un appel au meurtre sur Internet.
Pendant ce temps, son frère Samuel, négociant en laine très à l’aise financièrement, se retrouve acculé par une escroquerie et risque de perdre son emploi et de finir ruiné, perdant alors sa femme et sa situation…

Je lis peu de littérature contemporaine italienne, et Alessandro Piperno ne fait pas partie des écrivains que je connais.
Je ne pourrais donc pas dire si les thématiques qu’il a choisi d’aborder sont fréquentes actuellement dans la littérature italienne, ou s’il fait preuve d’originalité.
Par contre, ce que je sais, c’est qu’il s’agit d’une suite.
En 2010, Piperno a publié Persécution, un roman qui raconte la descente aux enfers du père de Filippo et Samuel, histoire qui est au cœur des Inséparables et a reçu le prix du roman étranger.

Les relations entre les deux frères sont effectivement assez explosives, tapissées de non dits et de souvenirs qui remontent à cette histoire de famille et qui vont finir par éclater.
Le roman est à la fois tendu par ce qui se passe « en direct » et par ce qu’il s’est passé 25 ans plus tôt.
Les personnages se croisent sans vraiment s’expliquer et ce chassé-croisé tient le lecteur en haleine pendant une bonne partie du roman.

Ces personnages sont d’ailleurs assez bien construits.
Ce n’est pas si fréquent, mais qu’il s’agisse des personnages secondaires ou des principaux, le lecteur dispose d’informations suffisantes pour pouvoir les imaginer et l’auteur s’intéresse autant à leurs actes qu’à leurs pensées.
C’est un vrai plaisir qui rend ce roman pluriel et donne envie d’en savoir plus.

Le roman est aussi pluriel par ses thématiques.
Il parle aussi bien de la communauté juive romaine, que des relations familiales ou de la solitude.
La fraternité n’est pas toujours facile à vivre, la figure de la mère juive n’est pas aisée à évincer et l’héritage familial est un lourd fardeau !

Mais une lecture sympa ne fait pas un coup de cœur.
En effet, si les personnages sont solides, ils sont aussi très superficiels.
Il arrive beaucoup de chose à Filippo et Samuel, leurs vies sont bouleversés, leur quotidien ne ressemble plus à rien, et pourtant, ils ne semblent pas en souffrir tant que cela.
Je n’ai pas eu d’empathie réelle pour ces deux hommes qui prennent la vie en dilettante et semblent mettre une distance avec tout.
L’auteur utilise aussi des procédés un peu gros, comme la menace terroriste qui m’a paru un peu facile, surtout que les services secrets prennent cela très très au sérieux.


Les illustrations m'ont également semblé superflu, même si je vois bien quel est leur rôle dans le livre. 
Du coup, j’ai parfois trouvé le roman long et ennuyeux. Certains détours auraient pu être évités et le lecteur s’en serait mieux porté.

Pour autant, la lecture est agréable, et si je trouve le roman à la bibliothèque, il est fort possible que je lise aussi Persécution.


Je remercie Entrée Livre et la librairie Decitre pour l’envoi de ce livre.




Une sixième lecture pour le challenge 1%  Rentrée littéraire 2012 et un 23e pays pour le challenge tour du monde



Et 1 premier livre lu sur ma liseuse :D !!










4 commentaires:

  1. tu fais bien de dire qu'il est une suite, car j'en ai "marre" de me faire avoir ;-)
    le sujet peut être intéressant, mais bizarrement ça ne me motive pas beaucoup pour le moment...

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    Réponses
    1. C'était un partenariat, et je ne connaissais pas du tout, alors je l'ai lu comme un roman autonome, et ça fonctionne assez bien, mais bon, je ne le déconseille pas sans le conseiller avec entrain non plus. ;-)

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  2. Tiens, tu ne liras pas "persécution" sur ta liseuse....

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    1. Je n'ai pas vraiment envie de l'acheter et ma bibliothèque ne fait pas encore de prêt numérique :)

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