J'imagine qu'en arrivant face à
ce texte, vous vous dites "encore ce roman!"
Il me semble que beaucoup de choses ont déjà été dites et que je n'ai pas grand
chose à vous apprendre.
Mais il fait parti des sélectionnés pour le prix Audiolib et vient de sortir en livre audio chez
Audiolib.
Du coup, j’ai pu le lire (ou plutôt
l’écouter)
et je vais pouvoir le sortir des tréfonds
de ma PAL pour mettre le volume papier dans l'étagère des romans lus !
De 6 à
8 ans, Scout raconte sa vie faite de cabanes et de mauvaises blagues de
gamins.
Elle est obnubilée
par son invisible voisin Boo Radley qui vit cloîtré
chez ses parents depuis de nombreuses années.
Cette obsession lui fait
faire des bêtises de gamins avec son frère et leur ami Dill
sous le regard bienveillant des adultes du quartier.
La vie semble tranquille
et coule toute seule.
Et puis Aticus le père
de Scout, avocat, est chargé de la défense d'un homme
noir accusé du viol d'une jeune femme blanche.
La vie de Scout va alors
changer
progressivement bien que son père fasse tout ce qu'il peut pour
la préserver.
A l'époque
du récit,
dans les années 1930, les hommes noirs n'ont jamais gain de
cause dans les affaires de justice.
L'atout majeur de ce livre, c'est évidemment
le point de vue que l'auteur a choisi.
Le regard de Scout est un peu naïf,
frais et centré sur sa
propre vie avant de l'être
sur le procès et ses conséquences.
C'est néanmoins
un regard qui semble davantage celui d'une adolescente qui se tourne vers son
passé pour le raconter.
Le style est simple, parfois naïf (mais faussement naïf),
le regard cru et tendre de Scout permettant d’évoquer des réalités
bien cruelles.
Le procès de Tom Robinson suscite dans la ville un clivage entre les
communautés qui donne à réfléchir à la petite fille qui ne saisit pas
tout.
Elle observe, tente d’interpréter et fait ce qu’elle
peut avec l’aide de son frère.
Comme il est plus âgé, il peut aussi lui expliquer ce qui
se déroule
sous leurs yeux parfois.
J'ai néanmoins eu parfois l'impression de lire plutôt un roman d'ado, comme Valérie d'ailleurs.
Ce n’est pas une vraie critique, mais je l’ai trouvé
tout de même un peu simple tout en étant efficace.
Mais cette impression est peut-être due au début du roman qui m’a
un peu déstabilisée.
Comme on parle souvent de l’histoire de la ségrégation
raciale quand on parle de ce roman, je pensais à tort que c’était ce qui était
le plus présent dans le texte.
Cela en fait plutôt une chronique campagnarde d’une
petite ville des Etats-Unis vue par une enfant de 6 à 8 ans.
Sa naïveté est forcément touchante, elle dit et fait des
choses en pensant bien faire sans y parvenir à chaque fois.
Elle est attendrissante, et permet surtout à
l’auteure
de dire des choses difficiles en employant un moyen efficace.
Elle évoque notamment les écoles réservées aux blancs, l’analphabétisme
induit, les églises différentes pour les deux communautés.
C’est effrayant et très instructif.
La version audio est plutôt bien fichue.
Elle est vivante et bien jouée, et la voix de Cachou Kirsch rend parfaitement l’âge supposé de Scout et les voix des différents personnages.
Elle est vivante et bien jouée, et la voix de Cachou Kirsch rend parfaitement l’âge supposé de Scout et les voix des différents personnages.
On passe un excellent
moment avec ces personnages qui m’ont
accompagné dans le train, le
métro, le bus et c’était parfait !
On peut dire que c’est un livre très original, qui se
lit avec enthousiasme.
Il touche le lecteur à des niveaux très différents
et sa simplicité permet de le lire très tôt.
















