Il y a bien longtemps que
ce livre dort dans ma PAL. Beaucoup trop longtemps.
Je crois qu’il date des
mes années d’études universitaires, comme le montre d’ailleurs la couverture de
cette édition qui ne semble plus exister aujourd’hui et que j’ai eu bien du mal
à trouver sur Google image.
Pourtant, c’est un petit
roman vraiment très agréable à lire et très original.
Alors qu’Agatha Christie
place généralement ses intrigues dans l’Angleterre de son époque, elle a choisi
pour cette fois de remonter le temps et de déménager.
Cédant aux demandes de
ses amis, elle a écrit une intrigue bien tournée qui prend place dans l’Égypte
des pharaons.
Renisenb vient de perdre son mari.
Après 8 ans de vie commune, il est décédé
brutalement et Renisenb retourne vivre chez son père.
Pour elle, la vie dans la demeure familiale n’a
pas changé.
Son frère ainé Yahmose est toujours effacé face à
sa femme, son frère cadet Ipi est toujours aussi arrogant, son frère Sobek est resté
soupe-au-lait.
Hori, le scibe si sage est là lui aussi, prêt à
discuter avec la petite Renisenb dont il réparait les jouets lorsqu’elle était
enfant.
Mais Imhotep, le père de Renisenb rentre avec une
surprise.
Après plusieurs années de vie passées à regretter
son épouse, il a choisit une nouvelle concubine, jeune et très belle…
Je dois d’abord dire que
les romans d’Agatha Christie qui se passent en Mésopotamie ou en Égypte sont
mes préférés.
Quand Hercule Poirot se
retrouve sur un chantier de fouille, je suis aux anges.
Ici, pourtant, point
d’Hercule Poirot, puisqu’il n’était pas né à l’époque de ce récit, mais des
personnages attachants et une famille haute en couleur.
Agatha Christie nous
livre l
a vie quotidienne d’une famille dans une maison du haut empire, à une
période qui nous est plus ou moins connue.
Les choses diffèrent peu,
les relations humaines n’ont pas beaucoup évoluées, mais on observe le rythme
des journées, la place des femmes, la gestion d’un domaine.
Le point de vue adopté
est bien pratique puisque Renisenb revient et redécouvre sa famille.
Elle observe avec attention
et une certaine naïveté, ce qui permet au scribe Hori de lui expliquer tout ce
qui peut lui paraître obscur.
Le lecteur en profite
pour en apprendre un peu plus sur les rites funéraires, sur la vie politique de
l’époque sans insistance, et c’est très bien fait.
La romancière a beaucoup
écrit à ses amis archéologue et égyptologues pendant l’écriture, et son souci
d’exactitude transparaît bien dans les précisions qui sont données.
L’écriture d’Agatha
Christie est aussi égale à elle-même, avec des touches d’humour, des
sous-entendus et des cachotteries qui m’ont empêchés de deviner qui était le
coupable.
C’est rare pour moi, mais
il faut dire qu’il ne s’agit pas d’un roman policier à proprement parler.
Il y a des meurtres, on
s’interroge sur le coupable, sans qu’un personnage se détache pour adopter la
figure de l’enquêteur.
Chacun est soupçonné, à
part peut-être Renisenb, mais connaissant Agatha Christie, j’ai tout de même eu
un doute à un moment.
On guette les meurtres,
on attend de connaître la prochaine cible du tueur, et finalement, après avoir
lu les trois quarts du roman, le scribe et la grand-mère de Renisenb se
décident enfin à faire quelque chose pour faire cesser l’hécatombe.
Ce ne sera pas suffisant,
mais ils relancent la tension en provoquant le meurtrier, ce que la romancière
apprécie toujours de faire.
Les personnages sont
aussi très bien construits.
Ils suscitent chez le
lecteur tout un catalogue d’émotions qui varie en fonction des moments et des
personnages.
Certains sont attachants,
d’autres sont exaspérants, sans que l’on sache vraiment ce qu’ils nous cachent.
Et c’est là que réside le
talent de la grande Agatha.
Comme d’habitude, ces
secrets sont déterminants, sans être trop attendus et ne transparaissent pas
tant qu’elle ne veut pas qu’on les connaisse.
J’ai néanmoins été
interpellée par l’information donnée dans la postface je crois, qui mentionne
que la fin originelle du roman n’était pas celle-ci.
On ne connaît pas la fin
qu’elle avait choisie au départ et elle n’a jamais voulu la dévoiler.
On sait tout de même que
ses amis proches, premiers lecteurs du roman, lui ont fortement suggéré d’en
changer, ce qu’elle a fait.
Alors évidemment, sachant
que la fin était interchangeable, on comprend sans doute mieux qu’il n’ait pas
été possible de la découvrir avant que l’auteur elle-même ne se soit décidé ^-^.
En bref, j’ai beaucoup
aimé cette plongée dans l’antiquité égyptienne et je vous la conseille
vraiment.
On peut juste regretter
qu’Agatha Christie s’en soit tenue à un seul roman égyptien.
Si vous aussi vous
préférez les romans mésopotamiens de la grande dame du crime, si vous êtes fan
d’Agatha, si vous chercher un roman psychologique pour passer un bon moment de
lecture, si vous aimez les personnages attachants, ce roman pourrait bien vous plaire.
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