vendredi 8 avril 2022

Mise à feu de Clara Ysé 🎧 📘 [Prix audiolib 2022]

Ouvrir un roman dont on ne connait rien est une sorte de roulette russe inoffensive, un petit jeu avec le sort qui nous permettra de faire une belle découverte ou, parfois, une mauvaise pioche.
J’ai commencé Mise à feu sans savoir ce qui m’attendait.
Je me doutais que ce serait particulier, mais ça l’était encore plus. 

 



Dans la maison de l’Amazone, la vie est douce pour Nine et Gaspard, ses enfants, et pour Nouchka, leur pie qui veille sur eux.
Mais le 31 décembre, c’est le drame et Nine et Gaspard doivent vivre chez leur oncle.
Ils emménagent avec leur pie, Nouchka, dans un appartement dont les espaces de vie leur sont interdits, et peut-être même la vie tout court.
Leur mère, L’Amazone, leur écrit quelques lettres et leur raconte qu’elle rénove une maison qui les accueillera bientôt…


Bon, soyons honnête, ce roman n’est pas précisément un coup de coeur.
J’ai été déstabilisée dès les premiers chapitres par un univers décalé dans lequel je n’ai pas réussi à réellement entrer.
J’ai eu l’impression de regarder ces personnages se mouvoir sans arriver à ressentir quelque chose pour eux.
Le  début du récit est à la fois concret et réaliste, tout en étant émaillé de détails oniriques qui disparaissent au fil du texte lorsque les personnages grandissent mais on a parfois du mal à voir la frontière.
Cela en fait un texte poétique, doux, ascétique et sans détail superflu.
C’est assez beau, mais je n’y suis pas entré.  

C’est aussi un récit de souffrance et de non-dit.
Les enfants sont abandonnés et désœuvrés, ils semblent errer dans leur vie en attente de quelque chose qui n’arrivera jamais.
Quelques phrases laissent entrevoir ce qu’il leur faut affronter, ce qui les guette, et on sent bien que tout peut tourner mal d’un moment à l’autre.

C’est aussi un roman d’apprentissage, celui de la vie et des obstacles qu’elle met sur nos routes, celui de l’adolescence et du mal-être qui peut survenir.
Le début du texte m’a fait pensé à l’Écume des jours, lu il y a fort longtemps, dans cette évocation de la fête, avec cette pie qui parle à Nine et Gaspard ou les scènes du début du roman après l’incendie.

L’autrice lit elle-même son texte.
J’ai toujours un énorme a priori lorsque c’est le cas parce que je trouve que certains auteurs en font trop ou pas assez, ce ne sont pas des comédiens et parfois, cela gâche le texte.
Ici, c’est toutefois très agréable de l’écouter.
Clara Yse a une voix douce et elle habite son texte.
Par contre, lorsque Nine se souvient de son enfance, le texte est énoncé avec un écho, comme si la lectrice se trouvait dans une pièce immense.
C’était un peu ton much, comme une information dont on n’a pas besoin. Le texte est clair et annonce la plupart du temps qu’on bascule dans le souvenir.


C’est donc un avis en demi-teinte pour un roman bien écrit mais qui m’a paru un peu sec. J’ai eu du mal à voir où l’autrice voulait en venir et je ne l’ai pas suivi mais vous aimerez peut-être.







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