jeudi 16 janvier 2014

L'Italienne de Adriana Trigiani

Les éditions Charleston vous réservent un pavé de choix pour ce début d'année.
Un pavé au sens propre autant qu'au sens figuré car ce volume fait plus de 600 pages qui vous plongeront dans l'Italie du début du siècle et les États-Unis de l'entre-deux guerres.
En suivant la vie de deux jeunes gens qui vont se croiser au fil des soubresauts de l'histoire, le lecteur voyage et découvre la grande Histoire de l'immigration italienne.
L'auteur nous emmène aux côtés de ses personnages pour nous faire vivre cette période si peu connue.


A l'âge de 7 et 10 ans, Ciro et Eduardo doivent s'installer au couvent.
Leur père a disparu dans une mine du Minnesota, laissant leur mère seule en Italie et sans argent pour les élever.
Les deux garçons l'attendront en vain, bien nourris, aimés et logés par les sœurs en échange de tâches communes.
Enza grandit un peu plus haut dans la montagne, entourée de ses frères et sœurs, maniant l'attelage comme son père et rêvant d'acheter la maison familiale pour mettre tout le monde à l'abri.
Mais les évènements se bousculent et quand Ciro croise Enza, un amour réciproque semble prêt à grandir entre eux sans entrave.
Ce ne sera pourtant que passager.
Ciro doit partir pour New York sans délai, Eduardo entre au séminaire, tandis qu'Enza et son père vont quitter leur montagne pour des contrées moins accueillantes...

Voilà une histoire qui me paraissait alléchante avant même d'avoir ouvert le livre.
La structure est très classique : la vie ne fait pas de cadeau à nos jeunes amoureux qui se trouvent séparés alors qu'ils viennent juste de se rencontrer.
La question qui suit semble inévitable, vont-ils pouvoir se retrouver ?
S'ensuit évidemment une suite de péripéties (il faut bien tenir 600 pages) qui réunit et éloigne nos amoureux plusieurs fois avant la dernière partie du roman.
Mais ce qui est intéressant dans ce roman, ce sont davantage les thèmes qui y sont développés.
L'histoire de Ciro et d'Enza se déroule sur fond d'immigration italienne et d'expansion des États-Unis.
On y observe le développement de New York, tout autant que l'Italie et ses difficultés économiques.
Ce n'est pas toujours très gai, je vous l'accorde, tout en promettant de belles scènes et des descriptions intéressantes.

Les personnages d'Enza et de Ciro sont également très attachants, et dès les premières pages, leur histoire emporte le lecteur et l'invite à tourner les pages pour mieux les connaître.
Il faut dire, d'ailleurs, que le style de l'auteure est très vif.
Il s'agit d'une traduction, mais il n'y a pas de temps mort.
La narration est construite en alternance, en se focalisant soit sur Ciro, soit sur Enza sans laisser retomber la tension et l'on est toujours en attente du prochain évènement qui va bouleverser leur vie une fois encore.
Le titre d'origine comme sa traduction m'ont toutefois longtemps intrigué pendant ma lecture : "The shoemaker's wife".
Le début du récit est plutôt centré sur Ciro et Enza ne prend de l'importance que bien plus tard.
Or c'est elle l'Italienne ou la femme du cordonnier.
Mais le roman bascule ensuite, et c'est elle qui est sans doute la plus forte dans le couple qu'elle forme avec Ciro. 

J'ajouterais tout de même deux bémols, vous me connaissez.
J'ai trouvé que les personnages étaient tout de même un peu trop "gagnants".
Quelques soient les évènements qui les touchent, ils arrivent toujours à trouver la bonne idée, la bonne personne, le bon boulot qui leur permettra de réussir ce qu'ils ont entrepris.
Tant mieux pour eux me direz-vous !
Mais dans la vraie vie, il me semble qu'il y a aussi des moments où l'on fait des mauvais choix ou des mauvaises rencontres sans qu'il y ait toujours quelqu'un pour vous rattraper.
La dernière partie du roman m'a également parue moins intéressante et j'ai eu plus de mal à rester attentive, ce qui laisse tout de même 500 pages de lecture endiablée.

Mis à part ces deux réserves, ce roman réserve une lecture très agréable et plutôt enthousiasmante.
Comme je l'ai dit plus haut, ces deux jeunes gens plein de fougue sont attachants et on se détache difficilement de leur ascension sociale.
On découvre aussi certains aspects du développement des États-Unis de l'intérieur, à une période (1915-1935) qu'il ne me semble pas voir souvent dans les romans.

Je vous conseille donc ce roman-fresque sans hésiter si la période historique vous plait, si vous aimez les belles histoires à rebondissements, si vous cherchez un pavé pour la plage (oui, oui, même en hiver on peut le faire) ou pour les dimanches après-midi au coin du feu (plus facile en hiver), si vous aimez l'Italie et les gnocchi au pesto !


Merci aux éditions Charleston pour cette jolie lecture.

Ce roman est sorti depuis le 13 janvier 2014. 





7 commentaires:

  1. j'aime l'Italie et les gnocchi... alors peut-être pour l'été prochain!

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  2. Disons qu'avec la loose comme fond de commerce, j'ai du mal avec les winners...même au début du siècle aux EU...

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    Réponses
    1. Je ne suis pas sûre que ce roman te plaise effectivement ;)
      C'est typiquement un roman "feel good" à l'américaine en plus développé pour le côté historique, ce qui apporte un plus par rapport à ce type romanesque.

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  3. ça a l'air chouette! (meme si je vois très bien ce que tu veux dire avec ces héros un peu trop win-win! ^^)

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  4. J'ai Adoré ............

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