Oups ! Je crois que ce roman mâa inspirĂ© un billet Ă rallonge !!
Sans doute ai-je essayĂ© de comprendre ce qui mâa empĂȘchĂ© de vraiment aimer mon Ă©coute, car je dois avouer que je reste indĂ©cise.
Lâhistoire est forte et ne laisse pas indiffĂ©rent, mais je nâai pas rĂ©ussi Ă avoir rĂ©ellement de lâempathie pour la narratrice.
Antonia est une femme forte.
Elle fait des petits boulots pour maintenir sa famille à flot, nourrir ses quatre enfants et son mari handicapé.
La vie ne lui fait pas de cadeau et elle doit se battre sans cesse pour ne pas sombrer.
Sa fille raconte les combats, les victoires et ce quâelle ressent face Ă cette mĂšre autoritaire qui lui impose sa façon de voir les choses.
Elle raconte aussi sa vie, lâĂ©cole, le lycĂ©e, ses amis, ses petites et grandes rĂ©voltesâŠ
Giulia Caminito tente ici de croiser les portraits de plusieurs femmes.
Il y a dâabord sa mĂšre, Antonia, une femme forte, Ă©nergique, volontaire qui se dĂ©brouille pour que sa famille survive avec trĂšs peu.
Antonia est sÚche et dure mais elle doit faire vivre ses quatre enfants, son mari handicapé.
Elle ne tolĂšre aucun Ă©cart et tente dâenseigner lâhonnĂȘtetĂ© et la valeur du travail Ă ses enfants.
Puis il y a elle-mĂȘme enfant puis adolescente, jeune fille un peu paumĂ©e et en quĂȘte dâelle-mĂȘme.
Et il y a les amies, Iris, Carlotta et les autres, chacune avec ses défauts et ses qualités, de passage ou pour longtemps.
Dans la postface, lâautrice indique quâelle a voulu parler de sa mĂšre, dâelle-mĂȘme et dâIris, sa grande amie.
Jâavoue avoir Ă©tĂ© surprise car si Iris a une grande place, dâautres jeunes femmes sont Ă©galement trĂšs prĂ©sentes.
Câest aussi un roman Ă la premiĂšre personne.
La narratrice nâest pas une copie conforme de lâautrice.
Elle lui emprunte apparemment beaucoup de traits et dâactions mais ce nâest pas une autobiographie.
De mĂȘme, le portrait de sa mĂšre est accompagnĂ© dâadaptations, notamment pour les lieux ou certains Ă©vĂšnements.
Ce choix de focalisation nous plonge littéralement dans les pensée de cette jeune femme en pleine construction, à la recherche de repÚres et de certitudes.
Elle se dĂ©bat avec une violence quâelle sent sourdre en elle, tout en ne sachant pas comment la canaliser.
Ce qui mâa particuliĂšrement frappĂ©, ce sont les passages oĂč elle explique comment elle se voit et comment elle ressent les situations, puis les commentaires des gens qui la cĂŽtoient et qui ont ressenti ou observĂ© autre chose.
Rien nâest lisse et on peut parfois se tromper lourdement sur les pensĂ©es des gens qui vivent proches de nous.
Lâautrice tente aussi le portrait dâune Ă©poque en Ă©voquant le dĂ©calage de sa narratrice avec ce que vivent les autres jeunes.
En disant quâelle nâa pas de portable, elle peut dire que tous ses camarades en avaient, et dĂ©crire ces nouveaux rituels de communications que lâon connait tous aujourdâhui.
Elle dĂ©crit cette partie de la population qui nâa accĂšs Ă rien au milieu de lâopulence dâautres familles qui ne semblent pas sâen rendre compte.
Elle Ă©voque enfin comment sa mĂšre la pousse pour quâelle fasse des Ă©tudes, et lâĂ©chec qui menace car aucune des deux nâa les codes pour aller au bout de cette ambition.
Malheureusement, jâai trouvĂ© cela trĂšs long, trĂšs nĂ©gatif et je nâai pas bien vu ce que Giulia Caminito voulait nous montrer.
La narratrice ne supporte rien, ni sa mĂšre qui tente de maintenir la famille Ă flot, ni une partie de ses amis.
Elle grandit en détestant tout et tout le monde.
Ăvidemment, sa vie nâest pas simple et on imagine trĂšs bien (voire on se souvient dâavoir vĂ©cu cela) que les Ă©conomies permanentes, la rĂ©cup, le peu de moyen, ce nâest pas agrĂ©able quand on est une adolescente qui ne demande quâĂ vivre sa vie.
Mais elle Ă©voque ses frĂšres qui, eux, sâen accommodent trĂšs bien, comme deux idiots qui ne rĂ©flĂ©chissent pas assez.
Cette vision négative de tout affaiblit le récit et donne envie de lui remettre les idées en place.
Et puis il y a ces listes, interminables, trop nombreuses.
Câest un choix littĂ©raire qui peut se justifier mais elle fait des listes pour tout !
Je trouvais dĂ©jĂ le livre un peu long, mais chacune dâentre elles mâachevaient đ.
La version audio vient heureusement sauver un peu le roman et permet de le terminer, mĂȘme si ce ne sera clairement pas un coup de cĆur (mais il faut bien quâil y ait des romans Ă mettre dans le bas du classement du prix Audiolib !).
Florine Orphelin apporte de la douceur à ce récit un peu dur.
Elle lit le texte en gardant une retenue qui nâen rajoute pas lorsque la narratrice se fait trĂšs critique et câest assez bienvenue.
Si mon avis est mitigĂ©, câest sans doute que jâapprĂ©cie peu ces romans pendant lesquels je me demande oĂč lâauteur veut en venir.
Si vous aimez les portraits dâune Ă©poque, les rĂ©cits de femmes, cela pourrait bien vous plaire.
Long et négatif : pas folichon comme roman.
RĂ©pondreEffacerIl y a des avis beaucoup plus positifs que le mien mais globalement, c'est mon ressenti đ
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