lundi 3 juin 2013

Emma de Jane Austen

Il y a pas mal de temps que je voulais relire un roman de Jane Austen.
Après la lecture d’Orgueil et préjugés, j’ai accumulé ses romans dans ma PAL (dont certains achetés en double :S ) pour être certaine de pouvoir les lire quand j’en aurai envie.
Pourtant, quand j’ai ouvert Emma la première fois il y a quelques mois, ça ne m’a pas emballé et j’ai préféré le reposer pour attendre le bon moment.

Le british month et un billet de George m’ont décidé à retenter cette lecture, qui s’est déroulée sans accroc cette fois.

Miss Emma Woodhouse est une jeune femme très sûre d’elle, qui règne sur Highbury depuis son domaine de Hartfield.
Entourée, choyée et gâtée, elle se plait à affirmer qu’elle ne se mariera jamais pour rester à Hartfield où elle est si bien.
Mais sa vie vient de changer car miss Taylor, sa gouvernante et son amie depuis plusieurs années, s’est mariée avec Mr Weston et a quitté Hartfield.
Ce départ s’ajoute au mariage de la sœur d’Emma (vieux toutefois de quelques années) et désespère Mr Woodhouse, toujours enclin à déplorer l’absence de ses proches.
Heureusement, Mr Weston a un fils qui ne vient jamais le voir et que personne ne connaît, qui doit venir rencontrer sa nouvelle belle-mère.
Mr. Franck Churchill, le fils de Mr Weston, a été élevé par son oncle et sa tante après la mort de sa mère. On le dit charmant, et sa visite devrait animer un peu la vie quotidienne à Highbury.
Son arrivée se fait pourtant attendre, elle est reportée plusieurs fois, et il faut bien trouver autre chose à faire.
Emma entreprend alors de marier une de ses nouvelles amies, Harriet Smith…

Pour une fois, j’ai beaucoup à dire sur un roman, et ce billet va être interminable ^-^.
Il faut dire que Jane Austen a le talent de nous plonger au cœur d’intrigues simples mais attachantes.
Je sais que je vais m’attirer les foudres de certaines fans absolues, mais elle me donne toujours le sentiment de lire un roman à l’eau de rose d’un niveau très élevé.
Attention ! Je précise que j’adore les romans à l’eau de rose et que je lis même des romans Harlequin. Ce n’est donc pas une remarque dégradante pour moi, surtout que les qualités qui font de ce roman un excellent moment de lecture ne se retrouve franchement pas chez Harlequin.

Jane Austen a effectivement le talent de nous présenter un parterre de personnages complexes et attachants, qu’on a envie de mieux connaître et de suivre pendant des années.
Elle se met aussi à distance de ce récit, pour déployer une ironie qui permet de ne pas tomber dans l'histoire niaise que ce roman aurait pu être.
Elle n'est pas tendre et si Emma est adorable et Harriet est toute mignonne, Austen ne se prive pas de les juger avec humour et de les montrer sous un jour qui n'est pas toujours favorable.
Mais c’est encore une fois le personnage masculin principal qui m’a marqué (Knightley, pas Frank Churchill, évidemment !).
Knightley est à la fois distant et prévenant, en retrait mais toujours là et passe pour un brutal tout en laissant paraître dès le début un intérêt pour les autres qui se laisse deviner.
Le célibat de Jane Austen lui permettait-il d’imaginer des hommes aussi intéressants ?
S’agit-il à chaque fois de l’homme qu’elle aurait souhaité rencontrer ?
On ne le saura jamais, mais je ne peux pas m’empêcher de le penser.

Ces personnages positifs sont aussi entourés d’une flopée de personnages en contraste, qui ne semblent pas être des faire-valoir, mais plutôt une variation autour de la femme bavarde et/ou désagréable.
Les personnages de pies et de grues sont effectivement fréquents chez Jane Austen et ici elles sont particulièrement présentes.
Il y a d’abord miss Bates dont les bavardages incessants sont étourdissants, puis Mrs Elton, désagréable et instante, qu’on ne peut que détester.
Ces bavardages me semblent d’ailleurs être un morceau de bravoure incroyable, car à la lecture, on peut attraper un mal de tête équivalent à celui que l’on aurait eu devant une femme qui ferait de même.
J’ai eu l’impression de me trouver au milieu de ce salon et de voir cette femme si volubile envahir tout l’espace.

Évidemment, je ne vous cacherais pas que l’histoire est cousue de fil blanc.
On se doute très rapidement de ce qu’il va advenir, des couples qui vont se former et de l’évolution de la pensée d’Emma.
Le respect de la hiérarchie sociale est fort chez l’auteure qui insiste sur le maintien des rangs par la parole d’Emma.
Maison de Jane Austen
Les circonvolutions que celle-ci suivra pour y parvenir sont néanmoins très agréables à lire, et c’est aussi là que Jane Austen se différencie clairement d’un auteur de romans sentimentaux du 20e siècle.
Les moments de doute, les rencontres entre les personnages, les rebondissements font tout le sel de ce roman où Emma devient petit à petit  une personne un peu plus raisonnée.

C’est aussi un roman dense, qui vous permettra de vous installer dans l’histoire car les pages se tournent lentement.
Ne comptez pas le lire en une après-midi, et ne le laissez pas en cours de route.
Vous risqueriez de vous perdre tant il y a de personnages différents.
Les Cole, les Perry, les Bates, les Weston, les Churchill (et j’en oublie) viennent et reviennent et parfois on les confond un peu.
lui, c'est Darcy, hein, pas Knightley ;)
Jane Austen s’y perdait probablement aussi, vu que le bébé qui naît à la fin du roman change de nom en quelques pages pour s’appeler d’abord Anna, puis Adélaïde !!

J’ajouterais pour finir que le basculement d’Emma se fait là encore lors de la visite de la maison de son amoureux, comme pour Elizabeth Bennett !
Décidément, les maisons sont symboliques pour Austen, et on ne semble pas devoir se décider sur son conjoint avant d’avoir vu l’endroit où il habite.

Si vous voulez vous plonger dans une belle histoire pour l’été, si vous avez envie d’un bon roman, celui-ci pourrait vous plaire.
Quant à moi, je vais aller voir les adaptations ciné et télé pour me replonger dans cette histoire et voir ce qu’ils en ont fait !


Pour lire d'autres avis : le billet de George, le billet de Noveleen

British month, PAL, Lecture commune, J'aime les Classiques






samedi 1 juin 2013

Un mois très british !


Il y a quelques semaines, Titine et Lou ont relancé leur mois anglais.
Ayant manqué les éditions précédentes, je me suis précipitée pour m’inscrire à celle-ci, bien décidée à piocher dans ma PAL et à la faire descendre un peu à cette occasion.

En réalité, tout ce que j’ai prévu de lire n’est pas dans ma PAL, mais bon, ce n’est pas grave.
Tout l’intérêt réside dans le côté collectif de ce mois anglais, et dans les lectures communes et les découvertes qu’il permet.

Ce mois anglais commençant aujourd’hui, je vous livre mon petit programme personnel.
J’ai prévu plusieurs lectures communes, dont certaines sont déjà terminées (histoire de ne pas être trop en retard), des lectures personnelles et quelques billets annexes.

Voici le programme des lectures communes auxquelles j’ai prévu de participer si vous voulez vous joindre à nous (il y en a d’autres de prévues) :
  •   Emma de Jane Austen avec George (le 2 juin)
  •   Dark Island de Vita Sackville-West (le 8 juin)
  •  Un Jonathan Coe au choix (le 9 juin)
  • Un Kate Atkinson au choix (le 14 juin)
  • Un Susan Fletcher au choix (le 17 juin)
  •  Un Agatha Christie au choix avec plein de mondes (le 20 juin)
  •   Pierre de lune de Wilkie Collins (le 24 juin)
  • Un Daphné du Maurier au choix (le 27 juin)
Comme d'habitude, je ne me forcerai pas et bien que ce soit au programme, les romans se liront ou ne se liront pas.
On verra.

Et si je change d'avis, dans ma PAL, j’ai aussi trouvé :
  •       Persuasion, Sanditon de Jane Austen
  •      Le sercret de la ferme grise de Mary E. Braddon
  •      Dans l’ombre de la reine de Fiona Buckley
  •      Plusieurs Agatha Christie
  •     Histoires et messages de l’au-delà de Conan Doyle
  •     Plusieurs Paul Doherty 
  •     Plusieurs Daphné du Maurier 
  •     L’affaire Jane Eyre de Jasper Fforde
  •    Tout est sous contrôle de Hugh Laurie
  •     Plusieurs David Lodge
  •     Labyrinthe de Kate Mosse
  •    Meurtres au Palais de Magdalena Nabb
  •    De pierres et de cendres de Linda Newberry
  •    Le phare de PD James
  •   L’énigme San Giovanni de Iain Pears
  •  Plein d’Anne Perry évidemment 
  • Une place à prendre de JK Rowling
  •  Plusieurs Vita Sackville West
  •  Plusieurs Virginia Woolf

Les auteurs anglais sont très présents !

Je vous réserve également des billets moins "livresques" sur des petites adresses parisiennes très british si le temps s'améliore pour faire des photos et des recettes de cuisine, bien sûr !! 



Bon mois anglais !! 

J'adore ce logo ^-^. 


dimanche 26 mai 2013

Un peu de mer...

Ce blog devient un lieu fantôme et mes billets prennent un aspect répétitif qui m'est très désagréable puisque je suis toujours débordée, croulant sous le travail.
Décidément, je ne m'en sors pas alors que je pensais pouvoir me poser un peu.

Bon, reprenons-nous, surtout que le soleil est venu faire quelques apparitions aujourd'hui.
On nous promet le printemps pour la fin de semaine prochaine après un énième passage nuageux.
En juin, il sera temps, non ?

En attendant, je vous emmène au soleil.
Je me suis achetée un maillot pour la plage hier (je me suis baignée sur celle-ci avec mon maillot de piscine) alors je me languis un peu du sable.

Retour à Mayotte, à Trevani je crois.
C'était calme, paisible, chaud, beau, le bonheur quoi !














Bonne fin de weekend ! 



Chez Lyiah, on passe le dimanche en photo et c'est aussi chez 


jeudi 23 mai 2013

Un peu de paix...

Je voulais vous écrire aujourd'hui, mais voyez-vous, je suis fatiguée.

Après 6 jours de boulot intensif pour cause de gros retard (procrastination je te hais), j'ai passé ma journée à ne rien faire, rangeant un peu ma maison et trainant sur Internet.

Le temps ne m'aide pas (vous avez vu à quel point les Français aiment parler de la météo ? C'est encore pire en ce moment ^-^), même si le soleil a montré le bout de son nez ce midi.
Le manque de vitamine D se fait sentir (ou le manque de fer, mon médecin me le dira), j'ai encore des tas de copies à corriger et un gros paquet de dossiers d'étudiants.

Je suis aussi le fil des débats sur la loi de modification de l'enseignement supérieur.
On nous prend pour des imbéciles avec cette histoire de cours en anglais (la loi est tellement plus complexe que cela), et la communauté des enseignants chercheurs est un peu désabusée.
Il y a donc de bien mauvaises choses dans cette loi, mais on la laissera passer.
Tant pis pour les générations à venir !

Pour me consoler, je fais du crochet et je prépare le mois anglais.
Emma de Jane Austen est au programme de ce weekend, et ça, ça fait du bien !

Je vous fais des bises ! 

je ne vous promets pas de billet pour demain, 
je suis en suivi de stage toute la journée. 









vendredi 17 mai 2013

Un chouette kit pour vos mimines


En me promenant sur Internet il y a quelques semaines, j’ai découvert une bien jolie idée qu’ont eu deux demoiselles bien inspirées.
Après avoir blogué plusieurs années, elles ont eu envie de faire un peu plus pour leurs lectrices et d’aller au-delà du partage de tutoriel.
Elles ont eu raison, parce que c’est super de partager des patrons, des grilles de crochet ou de tricot, mais c’est bien aussi de proposer le matériel pour réaliser le tuto.

Elles ont donc créé Chouette Kit et nous proposent tous les deux mois un kit pour nos mimines, que vous soyez débutante ou bricoleuse aguerrie.
Et c’est là que ça devient intéressant.




Quand j’ai vu passer cette photo avec les couleurs du kit d’avril, j’ai trouvé ça sympa ces tissus à pois, cette feutrine et ces cotons.
Mais ce qui m’a convaincu, ce sont les photos des exemples de réalisations possibles avec un kit.
Quand j’ai vu cette pochette, ma souris s’est égarée jusqu’au site des Chouette kit et ma carte bleue s’est agitée !
Regardez-moi cette petite pochette pour débutante ! Adorable, non ?




Ce qui est sympa aussi, c’est que le kit vous propose différentes possibilités pour différents niveaux.
Certains sont indiqués pour les débutants, d’autres sont clairement pour les plus agiles.  
Si vous êtes plutôt tricot ou plutôt couture, pas de soucis, vous trouverez des modèles différents dans le livret.
Dans le dernier kit, il y avait 16 idées de créations possibles à partir du contenu du kit.
Évidemment, votre imagination peut y trouver son compte et vous n’êtes pas obligé de suivre les modèles, mais si quelque chose vous plait, les explications sont là pour vous aider.




Pour ma part, j’avais commandé le kit plutôt pour faire de la couture, mais le crochet me plaisait bien.
Hélas, je suis maintenant obsédée par la quête du crochet parfait, du fil de coton qui brille et de la pelote de lin qui se tient (^-^).
Rien de dramatique, rassurez-vous, mais il y aura sans doute quelques billets « crochet » sur ce blog dans les semaines à venir.


Le contenu de mon enveloppe

Si vous aussi vous avez envie de vous mettre au crochet, de faire un peu de couture ou de tricot, le prochain chouette kit sera en vente le 26 mai 2013 et le stock part à une vitesse folle.
Il y a eu une prévente, je peux donc vous dire que vous aurez le choix entre plusieurs couleurs qui sentent bon l’été et le choix est très dur !

(Et je viens de commander le tuto d'un lapinou trop choupinet sur etsy, j'ai passé toute l'après-midi sur Internet à mettre dans mes favoris des tutos adorables, et j'ai acheté plein de pelotes hier. ça y est, je suis atteinte !)


Billet non sponsorisé.



jeudi 16 mai 2013

Le maitre de thé de Yasushi Inoué


Voici encore un petit roman emporté dans mon sac à dos pendant mes dernières vacances au Laos.
Je précise « petit » parce qu’il ne fait que 150 pages, tout en étant assez dense.
Mais c’est surtout un roman très particulier, qui ne ressemble à aucun autre.
D’ailleurs, je ne l’ai pas acheté dans une librairie, mais dans la boutique du musée Guimet après la visite de l’exposition sur le thé.
Il y avait d’autres romans, certains que j’ai noté pour les lire plus tard, quelques uns qui ne m’intéressaient pas, mais celui-ci me paraissait potentiellement intéressant.

Le moine Honkakubo est seul depuis plusieurs années.
Après avoir suivi son maitre Rikyu pendant plusieurs années, il a choisi la solitude et la pauvreté.
Mais une visite le pousse à se remémorer son maître et à écrire ses mémoires pour conserver une trace de l’enseignement de son maitre.
La voie du thé choisit par Rikyu était celle de la simplicité et du dépouillement.
Cela déplaisait à certain, mais il connaissait aussi un grand succès jusqu’au jour où le shogun a exigé qu’il se donne la mort.
Mais pourquoi l’a-t-il fait ? Rien ne l’y obligeait, l’exil aurait été acceptable et le shogun pouvait changer d’avis.
Il est tout de même allé jusqu’au bout, suscitant l’admiration et l’interrogation de ses amis.

Encore une fois, la quatrième de couverture de ce roman est bien mal faite.
Elle laisse supposer qu’il s’agit d’un roman policier, alors qu’il n’en est rien, et on en est même très loin !
Néanmoins, c’est tout de même une meilleure pioche que Soie de Barrico dont je vous parlais mardi.

Clairement, c’est un livre pour passionnés de thé et du Japon.
Il y a énormément de noms, de termes techniques, de références historiques qui me sont passés à côté, je dois bien l’avouer.
Les notes de bas de page sont utiles et bien faites, elles permettent de se repérer, mais il m’a tout de même manqué une partie des informations.
D’ordinaire, cela n’a pas beaucoup d’importance, et l’histoire principale suffit à mon bonheur de lectrice.
Cette fois, cependant, c’est un peu dommageable car ce livre présente la philosophie de maitre Rikyu et le style simple et sain qu’il a développé pour la cérémonie du thé.
En refermant ce livre, je n’ai toujours pas compris ce qui faisait de cette voie le summum de la dégustation du thé, et je le regrette.
Certes, ce roman présente une méditation, une réflexion qui peut sans doute amener le lecteur à réfléchir par lui-même, mais je n’ai pas trouvé le chemin.

Le style de l’auteur est également très particulier.
Je ne crois pas avoir déjà lu un livre d’un écrivain japonais. Je ne peux donc pas comparer.
Yasushi Inoué semble tout de même suivre également le style simple et sain dans son écriture.
Honkakubo écrit ses mémoires pendant 20 ans, ce qui lui permet de voir évoluer ses pensées et d’atteindre un degré plus élevé de compréhension du message de son maitre.
Pour le lecteur, certaines choses restent tout de même obscures.

Finalement, je dirais que ce livre était en parfait accord avec l’exposition du musée Guimet.
Cette plongée dans le 17e siècle japonais donne un cadre physique aux théières isolées vues dans les vitrines. Il donne aussi envie d’aller voir à quoi ressemblent ces ustensiles de thé dont le livre parle sans cesse.
Mais sans l’exposition, ce livre est destiné à une toute petite cible fana de thé.
Honkakubo est émouvant, il a raté sa vie mais pas tant que cela finalement et il parvient à transmettre le message de son maitre au lecteur.
A condition que ce lecteur soit un peu connaisseur.

Si votre culture « thé » est conséquente, si votre vie est zen, ce livre pourrait vous plaire. 



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