jeudi 27 octobre 2016

Repose-toi sur moi de Serge Joncour

Ah là là ! Joncour !
Depuis L'amour sans le faire  lu il y a plusieurs années maintenant, j'adore découvrir ses derniers romans pendant la rentrée littéraire, juste avant tout le monde ou juste au début.
Cette année, j'ai bien cru que je n'y arriverais pas et puis finalement, j'ai reçu un mail de Babelio qui me proposait de le lire.
Evidemment, un clic de souris plus tard et j'étais en train de postuler pour le recevoir !
Je n'ai pas essayé, mais j'aurais été incapable de résister de toute façon.
Il est ensuite venu se poser sur la pile de roman de la rentrée littéraire qui squatte mon bureau, mais il n'y est pas resté longtemps.

Aurore, mariée, deux enfants, styliste qui a monté sa propre entreprise, habite un immeuble chic de Paris. 
Sa vie serait parfaite, s'il n'y avait pas ces deux corbeaux qui se sont installés dans sa cour. 
Dans cet immeuble parisien cossu, les deux grands arbres qui occupent la cour sont un vrai luxe, mais ces deux corbeaux qui croassent quand elle arrive lui font peur et elle craint de plus en plus qu'ils ne l'attaquent. 
Elle qui avait cultivé un petit carré sous les arbres n'ose plus mettre un pied dans la cour et se presse de rentrer ou sortir quand elle doit passer sous le porche. 
Ludovic, lui, habite le petit immeuble en arrière cour, derrière les arbres, nettement moins luxueux. 
Il a abandonné sa campagne pour venir travailler à Paris, il fait du recouvrement sans passion. 
Mais un soir, Aurore voit les buissons s'agiter...

Comme à son habitude, Serge Joncour célèbre dans ces pages la campagne, la nature, la forêt.
J'ai retrouvé les descriptions qui vous plongent au milieu des arbres, dans le silence et la solitude de la forêt profonde.
On a envie de le suivre, de s'y perdre avec lui.
C'est une forêt toujours accueillante, bienveillante, une nature qui nourrit, même si elle n'y parvient pas toujours (mais c'est la faute des hommes).
La campagne est un refuge, un lieu qui ressource, qui apaise.
C'est aussi le berceau familiale, celui du conflit temporaire qui finit toujours par se régler.
Comme dans L'amour sans le faire et L'écrivain national, les personnages se retrouvent perdus, ils n'ont plus aucun repère.
Au fil des pages tout se délite et les laisse dépourvus avant le grand final.
Car l'une des qualités de Joncour, c'est de soigner ses fins.
Il y a toujours un évènement qui fait tout basculer, quelque chose qui remet tout en perspective et ce roman ne fait pas exception à la règle.

Mais si les thèmes sont ceux des romans précédents, les personnages au contraire sont bien différents.
Avec ce couple inattendu, il trace le portrait d'une société qui est faite de clans, de groupes sociaux qui ne se croisent que très peu.
Ludovic est à l'image de Joncour lui-même, apparemment bourru, grand, costaud, avec un boulot pas franchement cool, mais plein de tendresse.
Aurore est d'un autre milieu, un peu précieuse, un train de vie luxueux, une vie de famille.
Chacun sa solitude, même face à face, même très proche.
Aurore et Ludovic se retrouvent dans la cour, espace intermédiaire qu'ils ne partagent pas vraiment.
Ils vont ensuite se demander sans cesse ce que pense l'autre, ce qu'il ressent, sans parvenir à déchiffrer les comportements qui ne leur sont pas habituels.
Parviendront-ils à se rencontrer, à trouver un terrain commun ou sont-ils trop différents ?

Et puis il y a ce petit suspense qui s'amplifie jusqu'aux dernières pages.
Comment tout cela va-t-il finir ?
Vont-ils s'en sortir ou la chute est-elle inévitable ?

Comment ne pas succomber au charme des romans de Joncour ?
Celui-ci ne détrônera pas L'amour sans le faire dans mon panthéon "Joncourien" mais il est très beau et appartient à cette catégorie de romans dont on voudrait connaitre la fin sans qu'ils ne se terminent jamais.





tous les livres sur Babelio.com


lundi 24 octobre 2016

Nuit noire

Lundi.
Brouillard.
Obscurité.
Morosité.
Elle file sans envie, sans passion, sans radio.
Le silence s'est installé dans la voiture.
Les idées tournent et retournent sans cesse.
Fusion, réorganisation, expulsion, cessation, trahison.
Elle se sent enfermée, lancée dans un tunnel dont elle ne voit pas le bout.
Et puis ce noir partout...
Mais en a-t-elle vraiment envie ?
Ce qui l'attend n'est pas si réjouissant.
Il faudra recommencer, se réinstaller, tenter de comprendre qui est un allié, qui ne l'est pas, trouver sa place sans prendre celle des autres.
Mais pourquoi fait-il si noir ?
Elle le sait, les relations humaines, ce n'est pas son fort.
Elle mise toujours sur le mauvais cheval, c'est comme ça.
Elle se méfie autant d'elle-même que des autres et les années passant ne lui ont pas apporté cette sagesse qui voit tout.

Et son esprit s'envole, au milieu de ce noir profond qu'elle essaie de percer sans succès, elle repense soudain à ce jour de mai, sur cette terrasse en Italie.
Elle s'était laissée envahir par l'air chaud, le soleil, les bruits, la mer, les gens autour, elle avait décidée que rien ne pouvait l'atteindre.
Face à cette baie qui n'attendait rien d'elle, elle avait fait un pacte avec elle-même.
Celui qui l'avait abandonnée ici la veille n'était pas digne d'elle.
Comment pouvait-on faire une chose pareille ?
Elle regardait ce ferry qui s'éloignait et l'espace d'un instant, elle avait eu l'envie de tout quitter, de partir, d'abandonner la partie.
Comme ce matin alors qu'il faisait si noir, la lumière l'avait hypnotisée et elle s'était imaginé une vie, loin, sans petit matin sombre et froid.
Et puis il avait fallut rentrer.
La fuite, c'était pas son truc.
                     
Aujourd'hui encore, elle ne fuira pas.
Une longue journée l'attend où elle devra négocier, argumenter, convaincre sans fin, avoir l'esprit vif et ne pas sombrer dans le fatalisme.
Et puis soudain, alors qu'elle essaie de rester concentrée sur la route, elle prend conscience que les lumières sont éteintes.
Elle n'en voit aucune, le paysage reste fermé, rien pour accrocher le regard.
La nuit n'est plus familière, le noir profond n'existe plus.
Il y a toujours une lueur dans le lointain, un village qui tient à sa sécurité.
Mais ce matin, rien.
Elle prend cela comme un signe.
Elle a toujours su trouver au fond d'elle ce qu'il fallait pour s'adapter et s'intégrer.
C'est peut-être cette possibilité de tout quitter qui lui donne cette force, une bascule potentielle qui n'attend qu'un pas de côté.
Alors aujourd'hui encore, elle accroche un sourire sur son visage, un sourire qui ne cache pas toujours son désaccord, mais un sourire qui peut aussi apaiser ses pensées, et elle ne garde en tête que ce soleil, ce ferry qui s'éloignait et cette mer qui n'attendait qu'elle.


Il y avait bien longtemps que je n'avais pas participé à l'atelier de Leiloona
Une journée de réunions pas passionnantes et voilà :)



samedi 22 octobre 2016

Une petite frayeur livresque ?

Hé mais c'est bientôt Halloween !!
Bon, on n'est pas obligé d'apprécier cette fête.
On peut la trouver commerciale, trop américaine (je crois bien que ce n'est pas vraiment le cas en fait) ou trop kitsch, mais il faut quand même avouer que cette période de l'année se prête bien à de petites lectures un peu effrayantes !




Je vous ai donc concocté une petite sélection de livres qui font peur, qui restent dans la mémoire parce qu'ils nous ont fait passer une nuit à écouter tous les bruits de la maison, ou parce qu'ils resurgissent les soirs sans lune.
J'y ai mis un peu de tout : un classique, un thriller, des nouvelles, un livre pour enfant, un roman policier.

Il y en a pour tous les goûts et j'espère que vous trouverez votre bonheur !



  • Cache-cache avec le diable, Patricia Wentworth




Je commence doucement avec un roman qui fait un peu peur, où on frissonne pour l'héroïne, où on attend avec impatience de découvrir le fin mot de l'histoire et de savoir qui est ce diable !
Patricia Wentworth est très doué pour construire des histoires qui ne vous lâcheront pas et si vous ouvrez ce roman, il y a de grandes chances que vous ne puissiez plus le refermer.


  • Histoires à claquer des dents, Hitchcock




J'ai lu ce recueil de nouvelles quand j'étais ado et je m'en rappelle encore !!
Il appartenait à ma maman mais je pense que tous les volumes de ce genre vous feront le même effet.
Chaque nouvelle a été écrite par un auteur différent et c'est très varié.
On part d'une situation banale, que chacun peut connaître et puis tout dérape.
J'ai un très net souvenir de cette femme qui prend le métro chaque jour et qui en a marre des pickpockets.
Elle met un serpent dans son sac pour que cela cesse, mais en rentrant chez elle, son fils se jette sur son sac pour voir si elle lui a ramené une surprise...


  • Le Moine, Matthew Lewis




Voilà un petit Classique qui n'a pas pris une ride !!
Je l'ai découvert il y a longtemps, pendant mes études, parce qu'il faisait partie d'un groupe de livres à lire pour un cours portant sur la littérature gothique.
Je ne suivais pas ce cours et il y a donc quelques classiques que je n'ai pas lu et que je garde toujours en tête pour les lire un jour.
Mais celui-là est absolument parfait !
Gothique, lugubre, plein de catacombes, de fantômes, d'hommes cruels et pervers, de jeunes femmes perverties.
C'est à la fois élisabéthain, gothique, noir, délicieusement effrayant.

  • Tokyo, Mo Hayder




On change de genre avec ce thriller très très flippant de Mo Hayder : Tokyo.
Je l'ai lu il y a 5 ans et pourtant, je m'en rappelle encore comme si c'était hier.
L'histoire revient sur le massacre de Nankin en empruntant des chemins terrifiants mais extrêmement efficace.
Si vous aimez le Japon, les thrillers, il n'y a plus qu'à vous laisser convaincre :)

  • Le manoir hanté 


Je finis avec cet album pop-up pour les petits.
Il n'y a pas que les adultes qui ont le droit de se faire peur et cet album est à la fois drôle et très beau !
Il y a des fantômes, des momies, des monstres, des vampires...
C'est exactement ce qu'il faut pour Halloween !



Si vous avez d'autres idées de romans, n'hésitez pas à partager dans les commentaires :)






Et si vous aimez quand même un peu Halloween, il y a plein de billets chez mes copines blogueuses en ce moment.
Avant-hier, il y avait de magnifiques photos de citrouilles et potirons chez Homéostasie, mais il y a eu aussi un déguisement de biche, des franken fougasses, des décors en perles...

Pour suivre les prochains billets, c'est par ici, ou sur Twitter @LesBlogueuses et sur Facebook








dimanche 16 octobre 2016

Assiettes italiennes !!!

Non mais vous avez vu comme il pleut !?
En Normandie, l'automne est là et on ne peut plus croire le contraire.
L'été indien est terminé et j'ai sorti mon manteau.
Mais c'est aussi le moment des châtaignes qu'on va chercher dans la forêt, des feus de cheminées, des après-midi sous un plaid sur le canapé.




Ce dimanche, on a mis le DVD de Totoro, on s'est installé confortablement et on a juste profité de quelques heures tranquilles.
Ce midi, il y avait des moules frites marinières avec des lamelles de chorizo.
Ce n'est pas très compliqué et c'est super bon.
Vous vous en doutez, je n'ai même pas eu le temps de prendre la moindre photo !
Et pour le goûter, on va dévorer une brioche vendéenne qui vient tout droit de chez mon boulanger.
Du coup, pas de recettes italiennes à partager.





Mais je ne vous oublie pas et voilà un petit récapitulatif des recettes italiennes déjà parues sur ce blog.
Je vais essayer d'en publier une autre avant la fin du mois, mais le dimanche, on fait ce qu'on veut et je suis quand même au régime alors on verra.


Recettes salées 

On commence avec le salé. 
L'an dernier, pour le mois italien, j'ai partagé cette recette de pizza absolument parfaite ! 
Ce n'est pas si compliqué à condition de choisir les bons ingrédients, et ça fait toute la différence. 




Et puis il y a eu ce risotto ai funghi (risotto aux champignons)
fondant, gouteux, un peu long à préparer mais tellement italien ! 




Et comme les blogueuses sont parfois des moutons, j'ai testé le one pot pasta avec cette recette de Farfalle al chorizo qui est devenue un classique de ma cuisine. 
C'est très facile à faire, un peu original et on adore ! 





Recettes sucrées 

Moi qui suis plutôt sucrée que salée, je m'aperçois qu'il y a autant de recettes italiennes salées que sucrées sur mon blog. 
Il va falloir que j'enrichisse cette catégorie :) . 

Mais il faut dire que j'ai des préférences nettement marquées pour deux ou trois recettes italiennes 
qui marchent à tous les coups. 

Il y a d'abord la panna cotta, crème fraiche cuite tellement simple à préparer qu'on 
ne devrait jamais se priver d'en faire !




Evidemment, il y a ensuite le fameux Tiramisu !! 
Je suis assez exigeante avec ce dessert parce que ce n'est pas si difficile à réussir 
et j'aime tellement ça que j'évite toujours d'en prendre au restaurant, de peur d'être déçue. 
Fuyez aussi ceux du supermarché dont les biscuits 
sont détrempés et préférez une version fait maison comme celle-ci. 




Et pour finir, voilà la torta al limone avec de la ricotta et du citron dont je vous ai donné la recette la semaine dernière.
Tellement moelleux et aérien que je regrette déjà de ne pas avoir pris 
de ricotta lors de nos dernières courses. 




J'adore aussi la crostata, alors pourquoi pas pour dimanche prochain... 
En attendant, je file dans la forêt prendre l'air et ramasser des châtaignes et je vous laisse avec un peu de musique. 

Bon dimanche et bonne semaine !!! 


Et un peu d'Italie dans vos oreilles !!




D'autres recettes chez Syl



Et le mois italien c'est chez Eimelle



samedi 15 octobre 2016

La photo du mois #25 : Silence

C'est Sinuaisons qui nous a donné le thème de ce mois d'octobre :

Le silence 

Espaces vides, instruments de musique au repos, bébés endormis, langage des signes, panneaux d'interdiction, tout est bon pour parler du silence en images :-)

Et j'ai bien failli rester silencieuse face à cette colle !!

Le silence, ce n'est pas évident à photographier.
Forcément, il va falloir l'illustrer par un motif qui exprime assez fort l'absence de bruit.
J'ai bien pensé aux montagnes, à un temple bouddhiste vide, à une ruine, mais j'ai déjà fait un peu tout ça alors je voulais changer.

En farfouillant dans mes photos, j'ai commencé par celles prises pas très loin de chez moi et je suis tombée sur cette inauguration du nouveau clocher de l'abbaye dont je ne me rappelais plus du tout !
Les cloches avaient été descendues, certaines ont été changées et les vieilles cloches attendaient la fin de leur vie sur la pelouse, à côté des cloches brillantes et sonnantes accrochées juste à deux pas.

Elles seront désormais silencieuses et reposeront sans doute dans un musée ou dans un coin du cloitre.





D'autres photos silencieuses chez mes camarades :

Nicky, Chat bleu, Testinaute, Kenza, Morgane Byloos Photography, Lair_co, J'habite à Waterford, Dr. CaSo, Philae, Tuxana, Wolverine, Pilisi, Estelle, La Tribu de Chacha, KK-huète En Bretannie, Giselle 43, Calamonique, Escribouillages, E, Krn, Xoliv\', écri'turbulente, Sous mon arbre, Gine, Lilou Soleillant, Renepaulhenry, Brindille, La Fille de l'Air, Alice Wonderland, Cécile, Céline in Paris, Luckasetmoi, Sense Away, The Beauty is in the Walking, Lyonelk, DelphineF, Philisine Cave, Danièle.B, Evasion Conseil, Lavandine83, Eurydice, magda627, Je suis partie voyager, Noz & 'Lo, Alexinparis, Autour de Cia, Alban, Lau* des montagnes, Mirovinben, Mon Album Photo, Who cares?, Josiane, Mamysoren, Aude, Christophe, Gilsoub, Akaieric, Nanouk, Frédéric, Angélique, BiGBuGS, François le Niçois, Koalisa, Cricriyom from Paris, Sinuaisons, Chiffons and Co, El Padawan, Tambour Major, CécileP, Blogoth67, Champagne, Josette, Lavandine, Laurent Nicolas.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...