vendredi 17 décembre 2010

The murder of Roger Ackroyd, with David Suchet


Alors que je rédigeais mon billet sur le Meurtre de Roger Ackroyd, hier après-midi, je me suis dit qu’il serait logique de le faire en regardant Hercule Poirot sur TMC.
Je me suis donc installée devant la télé et là, surprise, l’épisode diffusé s’intitule justement Le Meurtre de Roger Ackroyd, ou plutôt The murder of Roger Ackroyd  puisqu’avec la TNT, je peux le regarder en VO sous-titrée.  
J’ai donc pu comparer avec une mémoire toute fraîche.

L’avantage de cette histoire, quand on connait la fin, c’est de pouvoir observer comment les fausses pistes sont traitées.
Le statut de suspect se transmet d’un personnage à l’autre et le réalisateur se focalise sur chacun au fur et à mesure de la reconstitution des évènements.
Car dans cette histoire, il me semble que le plus important c’est justement le temps et l’enchaînement des différentes phases du meurtre. La position de chaque protagoniste au moment du meurtre est reconstituée, puis leurs histoires individuelles avant de pouvoir observer le panorama général, à la toute fin de l’épisode.
Le réalisateur accentue également cet effet en disposant sans cesse dans le champ de la caméra des horloges et des pendules qui décompte le temps pendant le meurtre et pendant l’enquête. Elles marquent les mouvements de chacun des suspects ainsi que ceux de Poirot et constituent un indice à part entière, ce qui est évidemment moins visible dans le roman.

Un autre aspect apporté par ce téléfilm est celui des décors. Dans cette série de la BBC, une grande attention a été portée aux décors années 1930 et aux costumes. Aucun bal ou grande comtesse dans cet épisode et donc aucune robe affriolante. Par contre, la villa de Roger Ackroyd est un superbe spécimen du style art déco anglais, qu’il s’agisse de l’architecture ou de la décoration intérieure.

Mais la difficulté principale de cet épisode résidait dans le traitement de la narration. Comment retranscrire la lecture d’un journal ?
Pendant les premières minutes, j’avoue avoir été troublée. Le journal était filmé, mais la voix qui lisait était celle d’Hercule Poirot. Je me suis donc demandée si c’était lui qui l’écrivait mais la situation s’éclaircit rapidement. Cette lecture intervient ensuite comme une ponctuation après chaque hypothèse invalidée et permet de faire monter la tension. Le journal apparaît également gondolé, ce qui s’explique dans les dernières minutes.
La position de Poirot n’est pas la même non plus. Dans le roman, il est au second plan, ce qui n’est pas le cas ici. En tant que héros de la série, il occupe la place principale.

Il faut aussi dire quelques mots de David Suchet. Quand un personnage romanesque est incarné si longtemps par le même comédien, il est difficile de l’imaginer avec un autre aspect.
Poirot et Suchet se superposent et la panoplie des tics et manies de Poirot lui semble naturel.
Si vous pouvez regarder un épisode en VO, vous verrez également que l’acteur adopte un accent français (oups, pardon, Belge) et utilise des mots en français qui ne sont pas traduits. Ceci explique que certaines répliques des épisodes en VF soient parfois étranges, comme lorsque Hastings reprend Poirot en reformulant ses phrases. En réalité, il traduit en anglais ce que Poirot vient de dire.

En bref, une bonne adaptation du roman qui ne réserve pas la même surprise que le livre, bien sûr (puisque c’est Poirot qui raconte) mais qui se regarde très bien pendant 1h30.

Et un billet de plus pour le challenge de George. 



Le meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie

J’ai plein de billets en retard à publier.
La fin de l’année est bien chargée, je vais donc enchaîner les posts divers et variés sur ce blog pendant cette fin de semaine et la semaine prochaine J

Pour commencer, un petit Agatha Christie.
J’ai ressorti récemment de ma bibliothèque Qui a tué Roger Ackroyd de Pierre Bayard.
Avant de lire ce livre, je voulais quand même relire le roman d’Agatha Christie correspondant pour l’avoir bien en tête. J’ai donc ressorti aussi mon vieil exemplaire hérité de ma maman.

J’ai déjà lu Le meurtre de Roger Ackroyd il y a plusieurs années. La surprise majeure du roman m’est donc connue, et on pourrait penser qu’un roman policier dont on connaît et la fin et le meurtrier n’a plus beaucoup d’intérêt.
Il recèle toutefois encore bien des plaisirs de lecture.
Quand le roman est bien construit, les indices qui avaient égarés le lecteur la première fois apparaissent dans leur fonction réelle, celle de paravent chargé de dissimuler la vérité. Les personnages occupent aussi d’autres fonctions. Alors qu’ils sont les suspects lors de la première lecture, ils deviennent victimes, complices ou témoins.
Cette seconde lecture permet de mieux apprécier le talent de l’écrivain car s’il y a des incohérences, elles sautent aux yeux du lecteur.


Venons-en au roman.
Difficile d’en parler sans trop en dire.
Célèbre pour le procédé utilisé par Agatha Christie, ce roman repose sur une narration à la première personne.
Le Dr Sheppard, l’un des protagonistes de l’histoire, raconte le meurtre d’un de ses patients dans son journal. Le patient Roger Ackroyd, riche capitaine d’industrie vivant avec sa belle sœur et la fille de celle-ci, a été retrouvé mort dans son bureau fermé à clef.
Hercule Poirot, ami de longue date de Roger Ackroyd, a justement décidé de s’installer dans ce village et de prendre sa retraite. Il s’occupe de son jardin et espère avoir trouvé la tranquillité mais ce n’est pas le cas et il va lui falloir résoudre cette affaire.

La publication de ce roman a provoqué un scandale oublié aujourd’hui. Mais l’idée d’Agatha Christie pour tromper le lecteur a véritablement choqué les défenseurs du roman policier, les puristes des sociétés littéraires.
Il était en effet de coutume de suivre les vingt règles du roman policier fixées par Van Dine dans les années 1920 et publiées en France dans le Mystère Magazine. Elles font toujours office de tables de la loi aujourd’hui, et même si, depuis, d’autres transgressions ont eu lieu, celle-ci a fait date.
La notoriété de l’auteur implique en effet que si Agatha Christie décide de ne plus les respecter, ces règles sont caduques. Si elle se permet cela, pourquoi d’autres auteurs ne le pourraient-il pas ?
Le scandale reposait aussi sur le principe d’honnêteté. Une loi tacite implique en effet que l’auteur doit tromper son lecteur, mais dans certaines limites. L’assassin ne peut donc pas être un inconnu, ou un personnage mineur, ou un domestique. Il faut ainsi cacher l’assassin, tout en laissant assez d’indice pour que le lecteur ait les moyens de le découvrir.
Malgré cette tromperie, le meurtre de Roger Ackroyd connut un grand succès, entérinant l’usage et, par la même occasion, interdisant à un autre écrivain d’user du même procédé, désormais éventé.
J’ajouterai pour finir que j’ai été ravie de découvrir une écriture fine et assez travaillée dans ce roman.
Mes lectures "Christiques" remontent à bien des années, à une époque où l’intrigue m’intéressait plus que l’écriture. Or ce roman est une mine de phrases à double sens, de fausses pistes savamment ménagées, et le dernier chapitre laisse émerger des interrogations d’écrivain que l’on pourrait sans nul doute attribuer à Agatha Christie elle-même.

Après cette seconde lecture, une question subsiste néanmoins.
Quel est l’assassin qu’a choisi Pierre Bayard pour réécrire la fin du roman d’Agatha Christie ? 


Cette lecture est ma première participation au Challenge Agatha Christie



lundi 13 décembre 2010

Pour les fans de l'oulipo

Dans la lettre hebdomadaire de Gallimard de la semaine passée, il y avait un lien vers un concours oulipien.

A l'occasion de la sortie d'un coffret comprenant une anthologie et un documentaire vidéo, le site Arte.tv propose chaque semaine des jeux de lettres à la manière oulipienne.
Chaque jour, une nouvelle question est publiée, à laquelle il faut répondre par mail.
Les plus assidus ayant donnés le plus de bonnes réponses dans la semaine se voient récompensés par un coffret.

Etant une fan inconditionnelle de l'Oulipo, je ne pouvais manquer ce jeu, et j'ai donc cogité un peu, et envoyé un mail avec mes réponses.
Et j'ai gagné un coffret !

N'hésitez pas à tenter votre chance, car il reste encore plein de coffrets à gagner.

Pour la troisième semaine, cliquez ici ou sur l'image et bonne chance !

dimanche 12 décembre 2010

Une bibliothèque universitaire

Le retour de la bibliothèque du dimanche.

En ce dimanche un peu gris, voici des photos d'une bibliothèque universitaire que je trouve juste magnifique.
Dans un cube, l'architecte a utilisé des courbes et des cercles pour créer un lieu à la fois lumineux, espacé mais où chacun peut trouver un espace adapté au travail.
Le long des balcons, il est possible de s'installer pour travailler avec prise de courant et connexion internet.

Mais où est cette BU ?         (un indice : c'est en Normandie) (réponse dans les commentaires)












samedi 11 décembre 2010

Je ne sais pas résister...(challenge petit bac)

Quand je vois un nouveau challenge, en ce moment, je file voir dans ma PAL si j'ai des munitions.
Il faut dire que ma PAL comporte déjà 122 titres, auxquels s'ajoutent 11 achats depuis le 1er octobre, date à laquelle j'ai décidé de fixer ma PAL.
De cette façon, j'espère vider un peu cette pile où figurent forcément plein de livres que j'ai eu envie de lire à un moment ou un autre et qui me font toujours de l'oeil.
J'ajouterais que je suis déjà inscrite à 15 challenges, ce qui impose de vérifier quand même à l'avance si un seizième est réaliste ou non.

Et pour ce seizième là, la réponse est oui !




Organisé par Enna, et circulant déjà sur plusieurs blogs, ce challenge nous propose de reprendre ce jeu de réflexion qui a fait les beaux jours de pas mal de cours de récréation de notre jeunesse.

Il s'agit donc de trouver un livre à lire pour chacune des catégories fixées, soit 7 livres à lire pendant l'année 2011.

Après une petite sélection, voici les possibilité qui me sont offertes par ma réserve personnelle.
Je crois pouvoir dire que ce challenge est atteignable :)

Prénom :
Austen Jane, Emma
Doumenc Philippe, Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary
Dumas alexandre, Ange Pitou
Dumas Alexandre, Herminie
Fforde Jasper, L'affaire Jeanne Eyre
Gay Marcel, L'affaire Jeanne d'Arc
Le Rouge Gustave, Le mystérieux docteur Cornélius  
Rousseau, La Nouvelle Héloïse
Rosnay Tatiana de, Elle s'appelait Sarah
Tremayne Peter, Le Pélerinage de soeur Fidelma
Von Arnim Elisabeth, Vera

Lieu géographique : 
Burdett John, Bangkok Tattoo
David-Neel Alexandra, Voyage d'une parisienne à Lhassa
Duras Marguerite ,Un Barrage contre le Pacifique
Féré Octave, Les mystères de Rouen
Fruttero & Lucentini, Place de Sienne, côté ombre
Gogol, Nouvelles de Petersbourg
Mann Thomas, La Mort à Venise
Simon Eddy, Les Grandes affaires criminelles de Seine-Maritime
Tejpal Arun, Loin de Chandigarh  
Xiaolong Qiu, Visa pour Shanghai

Métier : 
Barbey d'Aurevilly Jules, Un prètre marié
Diderot Denis, La Religieuse

Animal :
Braun Lilian Jackson, Le chat qui lisait à l'envers
Ferrère Fabienne, Un Chien du diable
Follet Ken, Les Lions du Panshir
Hammett Daniel, Le Faucon de Malte
Mac Call Smith Alexander, Les larmes de la girafe
Picouly Daniel, L'enfant Léopard 
 
Végétal : 
Ellroy James, Le Dahlia noir
Sharma Bulbul, La colère des aubergines
Van Gulik Robert, Meurtre sur un bateau de fleurs

Objet :
Assouline Pierre, Le portrait
Benzoni Juliette, Le collier sacré de Montezuma
Dumas Alexandre, Le Collier de la Reine

Sport / loisir : 
Vargas Fred, Les jeux de l'amour et de la mort

Ce qui est amusant, c'est de voir que certaines catégories sont beaucoup plus fournies que d'autres. 
Il semble que les destinations lointaines me tentent beaucoup, et que les prénoms soient très fréquents dans les titres. 
A l'inverse, les sports et loisirs sont absents de ma PAL. J'ai dû placer là un titre un peu tiré par les cheveux, mais bon, je pense que le mot "jeu" est valide. 
Et vous avez vu cette catégorie "métier" ? Prêtre et religieuse sont bizarrement seuls ;)

Evidemment, je ne lirai sans doute pas tout, mais si j'arrive à lire un livre pour chaque catégorie, ce sera déjà pas mal. 

Bon weekend, et à demain pour une bibliothèque du dimanche...


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