mercredi 12 juin 2013

Des voiles, des voiles, et quelques marins...

Une fois n'est pas coutume, je publie des photos en semaine et je m'écarte du mois anglais.
Cette manifestation étant très temporaire, je ne pouvais pas attendre pour vous en parler, et j'ai eu beau chercher, mais il n'y avait pas de bateau britannique.
Tant pis, faisons une escale ! (ah mais non, en fait il y a deux voiliers britanniques ! J'en profite alors !)

Et pour cette escale, je ne vous emmène pas très loin puisque nous allons à Rouen.
Pas très loin pour moi évidemment, parce qu'il se peut que vous soyez vous-même beaucoup plus éloigné.
Pour ceux qui sont dans le coin, je vous donnerai peut-être envie d'aller y faire un tour, pour les autres, vous aurez un petit aperçu de ce que nous avons la chance de voir tous les 4 ou 5 ans.
Mais nous ne sommes pas tout seul, puisqu'il y a d'habitude une manifestation similaire à Brest.
Le décalage de l'Armada en juin permet cette année de profiter des deux rassemblements.

Mais sinon, qu'est-ce que c'est l'Armada ? 
C'est une manifestation qui se déroule à plus de 100 km de la mer, tout en réunissant de grands voiliers et quelques bateaux de guerre.
Cela donne de jolis scènes bucoliques quand les bateaux descendent la Seine, mais cela permet surtout de pouvoir monter dessus et faire de belles photos quand le soleil est de la partie.
C'est aussi un endroit très couru par les gens du coin et ceux qui viennent de plus loin, et si ça vous tente, je vous conseille de partir tôt.
Nous sommes arrivés à 7h et nous n'étions pas seuls, mais la dernière photo a été prise à 11h et là, ce n'était plus possible de photographier quoi que ce soit.

La série d'aujourd'hui présente des vues du pont Flaubert et des bateaux de la rive droite.
Demain, vous aurez droit à la rive gauche, et en juillet, il y aura sûrement deux ou trois autres billets.
Je suis plutôt une adepte des détails et j'ai fait une jolie série de poulies (passionnant n'est-ce pas ?) mais surtout de figures de proue.

Rendez-vous demain pour la suite des photos...

(pour voir les photos en plus grand, on clique sur une photo)

Le deuxième voilier est anglais :D















Bonjour mademoiselle !






Bah qu'est-ce que tu fais là toi ?









Ce monde !!



Oui, il faut aller jusqu'au pont, et même plus loin ;)


 Un petit clin d'oeil au british month




mardi 11 juin 2013

Une petite visite chez M&S

Comment mieux honorer le mois anglais qu’en faisant une petite visite chez Marks & Spencer ?

Il y a plusieurs années, à Rouen, il y avait un grand magasin M&S avec un petit rayon alimentaire au sous-sol.
C’était un peu vieillot, mais je me souviens d’avoir craqué pour les jus de fruits et autres boissons qu’on ne trouvait pas ailleurs.
Et puis ce magasin a fermé quand la chaîne a quitté la France.
Terminé les petites boissons trop bonnes !

Et puis il y a un an et demi, Marks & Spencer est timidement revenu en France en ouvrant un magasin au bout des Champs Élysées.
Pendant deux jours, il fallait faire trois heures de queues pour avoir l’honneur de retrouver un peu de british attitude.
Je ne vous le cache pas, je n’ai pas fait la queue.
Je ne la fais pas dans les expo très courues où il y a 5 heures d’attente, alors je ne vais pas la faire pour aller dans un supermarché !
Mais après quelques semaines, je me suis aventurée jusque là, après un itinéraire pas du tout pratique pour moi.
Mais bon, l’attrait était trop fort.

Comme je n’ai pas dû être la seule à m’y rendre, l’enseigne a même ouvert une seconde boutique dans un centre commercial de Levallois.
Vous me direz que c’est encore un truc pour parisien et je vous dirai que vous avez raison.
Mais si vous avez le choix, préférez ce second magasin.
Il est plus grand et on y trouve un choix beaucoup plus intéressant.
Il est aussi beaucoup plus facile d’accès !

Et sinon, qu’est-ce qu’on y trouve chez M&S ?

Sur les Champs-Élysées, il y a un grand rayon vestimentaire, et un tout petit rayon alimentaire où vous trouverez un peu de thé, des chips et des sandwichs et toutes sortes de pain.
À Levallois, le rayon vestimentaire est très grand également, mais il y a un rayon alimentaire bien fourni et un rayon maison surtout tourné vers la vaisselle et le linge de maison.

Le rayon vestimentaire n’est pas ma tasse de thé, je dois l’avouer.
C’est un peu vieillot à mon goût et je n’y trouve jamais mon bonheur.
La vaisselle en revanche est très jolie et même si le rayon n’est pas grand, il y a de sublimes mugs et des théières très jolies.

Quant au rayon alimentaire, c’est là que se situe le cœur du magasin pour moi !
Les thés sont excellents, même s’ils sont peu nombreux. Fans de earl grey, n’hésitez pas !
Les muffins, scones et autres crumpets sont frais, les biscuits sont très bons, et les pains à sandwichs annoncent de belles découvertes.
Les chips sont un peu chères par contre.
Le rayon frais est bien fourni, des dizaines de sandwich, des desserts très riches mais excellents, des fruits et légumes, des plats cuisinés de folie pour le bureau.
Les boissons sont toujours aussi variées, même si on les trouve plus facilement aujourd’hui.

En bref, c’était donc une visite qui a alourdit mon sac, mais qui m’a bien plu !


Les magasins M&S en France :
- 100 avenue des Champs-Elysées / 1 rue de Berri, 
75008 Paris

- Centre commercial So Ouest
21-39 rue d'Alsace,
92300 Levallois-Perret

La boutique en ligne : marksandspencer.fr




dimanche 9 juin 2013

La pluie avant qu’elle tombe de Jonathan Coe

Le mois anglais de Titine et Lou a cet avantage de m’amener à piocher dans les tréfonds de ma PAL.
Si le roman dont j’ai parlé hier n’y figurait pas, les suivants, par contre, ont été repêchés dans les profondeurs de mes archives et je ne suis pas mécontente de les avoir lus.
Je savais que ma PAL recelait de bien bons romans, mais voilà qui me le confirme.

J’ai néanmoins eu besoin de digérer ma lecture avant de pouvoir vous en parler, et je ne suis pas sûre que cela soit terminé.
Je publie donc mon billet en temps et en heure pour la lecture commune, sans toutefois avoir fait le tour de cette histoire si particulière.
Je dois aussi préciser que grâce à la SNCF qui a mis tant de mauvaise volonté à me ramener chez moi mardi dernier, j’ai lu ce livre d’une traite, en une seule journée et 5 heures de lecture, ce qui explique peut-être ce besoin de laisser décanter ma lecture.

Gill vient d’apprendre le décès de sa tante Rosamond.
Sans enfant, la vieille dame a souhaité que sa nièce s’occupe de régler sa succession.
Lorsque Gill vide la maison de Rosamond après son enterrement, elle découvre un lot de cassettes qu’elle met de côté. Elles sont accompagnées d’un mot lui demandant de les transmettre à Imogen.
Si elle se souvient vaguement d’une petite fille portant ce prénom et aperçue il y a plusieurs années chez sa tante, elle n’en sait pas plus et se demande comment contacter cette jeune femme qui lui est inconnue.
Après une recherche infructueuse, elle décide avec ses filles d’écouter les cassettes pour tenter de découvrir qui est Imogen et pouvoir peut-être la retrouver…

Comme vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé lire ce roman.
Sa structure m’a paru très originale, en multipliant les récits enchâssés d’une manière intéressante.
Il y a d’abord l’histoire de Gill qui écoute celle de Rosamond qui raconte celle d’Imogen.
Mais il y a aussi Gill qui est le support de cette histoire pour le lecteur, puis les cassettes qui contiennent l’histoire de Rosamond et les photos sur lesquelles elles s’appuient.
Le lecteur se confond alors avec la personne de Gill qui disparaît d’ailleurs pendant le récit de Rosamond.
On se retrouve plongé dans la lecture de ce que dit Rosamond, on s’installe dans le salon où Gill et ses filles écoutent, sans autres interruptions que celles qui s’imposent à Gill.

Quelle est alors la place du support ? 
Pour nous qui dématérialisons de plus en plus, que restera-t-il ensuite de ces instants que nous vivons ? De nos photos qu’on ne peut pas feuilleter ?
Certes, la lecture de ces cassettes presque antiques nécessite un outil, mais les photos semblent rester davantage lorsqu’elles sont imprimées.
Ce sont elles qui paraissent être à la source du récit de Rosamond.
Et d’un autre coté, sa vie semble se résumer à 20 clichés. C’est tout !

Un sentiment de tristesse émane alors de ce récit, de ses circonstances, de son contenu.
La vie de Rosamond a manqué de gaieté.
Seules deux années lui paraissent merveilleuses, le reste ayant été gâché ou sacrifié.
Elle a observé le silence et les incompréhensions chez les autres et chez elle, mais l’absence d’amour est ce qui fait le plus mal.
Elle a elle-même aimé Beatrix sans recevoir autre chose qu’un plaisir sadique à la torturer, plaisir qui s’est apparemment prolongé pendant 40 ans.
Comme l’avait fait sa mère avant elle, Beatrix a utilisé sa fille comme un souffre-douleur, un objet de rejet dont elle se débarrassait facilement.
Il n’y a pas de rachat ou de pardon dans ce livre.
Rosamond constate simplement le mal qui a été fait, sans accuser ou blâmer, ce qui renforce encore le malaise ressenti à la lecture.

Dans ce genre de roman, je me demande toujours pourquoi l’auteur est si cruel avec ses personnages.
Jusqu’au bout il en rajoute, assenant des coups plus ou moins durs, sans laisser le plus petit espace à l’espoir.
Les vies sont gâchées et le lecteur s’en extrait avec difficulté, tout comme Gill.
Certes, cela ne nous touche pas directement (elle non plus d’ailleurs), mais on n’en sort pas indemne et on ne peut qu’y réfléchir de façon plus personnelle.
Et puis cela pouvait-il finir autrement ?
J’attendais le dénouement comme une délivrance, sachant bien ce que j’allais y trouver.
Traçant des boucles de destins croisés, Jonathan Coe se doit de les clore les unes après les autres.

Il faut aussi ajouter un mot des paysages décrits dans le roman.
Il n’y en a pas beaucoup, et les descriptions ne sont pas longues, mais les images se constituent progressivement et m’ont fait forte impression.
Rosamond est censée décrire les photos pour Imogen, justifiant la présence de ces détails.
Et cela fonctionne parfaitement !
Je rêverais presque d’un séjour dans le Shropshire. Ces images sont d’autant plus impressionnantes qu’il s’y passe des scènes qui y sont étroitement liées.
Ce chien qui part en courant, par exemple, me reste en mémoire comme si j’avais vu la photo moi-même.
Les chiens sont sans doute aussi symbolique dans ce roman.

Pour finir, je garde le souvenir d’un roman magnifique, très sensible, qui me questionne sur plein de sujets et notamment sur la conservation de la mémoire.
Nous avons commencé à imprimer quelques photos à la maison, mais je crois qu’il faut que je continue et que je fasse des albums comme on n’en avait autrefois.
J’ai toujours des photos d’identité de ma sœurette et de mon frérot (et de ses enfants) dans mon portefeuille et je crois que ces images me sont nécessaires.

En bref, si vous souhaitez lire un bon roman qui vous fera verser quelques larmes, avec des personnages forts, une structure originale et de belles images, n’hésitez pas !!



Lecture commune avec Enna, Sylire a lu un autre titre, comme Denis et Val.

British month


PAL




samedi 8 juin 2013

Dark Island de Vita Sackville-West


J’ai découvert Vita Sackville-West il y a peu d’années, lors de la sortie en poche de son roman au titre si bien trouvé Toute passion abolie.
Les résumés sont toujours alléchants, de même que les billets des lecteurs qui sont généralement enchantés.
J’ai donc logiquement cédé à la tentation, et intriguée par cette femme réputée si acide, j’ai acheté Paola et Au temps du roi Édouard sans trouver le temps de les lire.
Et puis est venu le mois anglais, accompagné d’un petit séjour professionnel dans une île !
Il me fallait donc une PAL spécial île, et là encore, la tentation a été plus forte que la raison et je me suis jetée sur Dark Island chez mon libraire.

Comme chaque été, la famille Wilson part en vacances à Port-Breton.
Comme chaque été, c’est Shirin qui a tranché.
Mrs Wilson essaie chaque année d’aller ailleurs, de trouver une autre destination, mais sa fille finit toujours par imposer son choix et par convaincre tout le monde que cette destination que chacun connaît par cœur leur permettra de passer de bonnes vacances.
Il faut dire que Shirin a son petit coin à elle à Port-Breton. Elle a ses petites habitudes.
Depuis l’enfance, elle se réfugie dans une crique qui n’appartient qu’à elle, d’où elle peut observer au loin l’île de Storn qui l’a fascine.
Pour rien au monde elle ne franchirait le bras de mer qui la sépare de cette île, cela romprait le charme…

Mes sentiments concernant ce roman sont pluriels et je ne suis pas sure d’être parvenue à saisir toute sa complexité.
Comme il s’agit d’une lecture commune, les différents billets que vous pourrez lire aujourd’hui apporteront sans doute d’autres informations et je vous encourage à les parcourir.

Pour ma part, j’ai commencé par être un peu déçue par cette petite famille Wilson sans ambition et sans intérêt.
Mrs Wilson m’agaçait par sa petitesse, et j’ai eu du mal à comprendre les relations entre les personnages car c’est évoqué assez rapidement au début du roman.
La construction du roman m’a également surprise, puisque l’auteure a choisi de nous parler de Shirin tous les dix ans, scindant son roman en quatre parties de 16 à 46 ans.
Et puis les choses se sont améliorées.
J’ai saisi l’ironie dont l’auteure faisait preuve à l’égard de certains de ses personnages, tout en n’adhérant pas totalement à la personnalité de Shirin.

Il faut préciser que cette ironie est particulièrement présente chez Vita Sackville-West.
De nombreux personnages passent sous son regard, et celui-ci n’est pas tendre.
Elle appuie chaque fois sur le défaut principal du personnage, sans pitié, présentant un type de femme ou d’homme que chacun connaît dans son entourage.
Certains sont ridicules, comme Mrs Jolly, fine mais trop bavarde, ou la mère de Shirin, idiote et hystérique.
Parallèlement, Shirin garde tout son mystère, ne se dévoilant pas, même à son mari.

Une société du paraître qui broie ceux qui ne s’y insèrent pas apparaît ainsi, invitant à penser qu’on ne connaît jamais son prochain, même si on le fréquente souvent.

Et puis il y a Storn.
Cette île est finalement le seul endroit où il semble possible de vivre vraiment sa vie, à condition que l’on y soit autorisé.
Paradoxalement, l’île n’enferme pas, mais elle redonne une liberté et une raison de vivre à ceux qui y vivent.
Cet endroit qui fascine de l’extérieur, peut révéler certains individus, comme il peut en briser d’autres.

Vita et Virginia
Enfin, il ne faut pas oublier Virginia Woolf qui m’a semblé hanter les deux dernières parties du roman.
Cristina, l’amie de Shirin, est la seule personne qui peut l’approcher.
Leur relation est ambivalente, faite d’amour et d’amitié mêlés, sans que chacune n’en aient jamais rien dit à l’autre.
Les réflexions de Cristina sont abondamment détaillées. Elle observe Shirin et essaie de la comprendre, de décrypter ses actes, ses réactions pour l’aider à vivre.
On ne peut s’empêcher de penser à la relation entre l’auteure et Virginia Woolf, et au mal-être de celle-ci, qui ne se sentait pas toujours à sa place.

Pour terminer, je dirais donc qu’il s’agit d’un livre surprenant, original et très agréable à lire.
Si vous aimez les îles, les paysages sombres, les châteaux et l’orage, les personnages tourmentés, les livres bien écrits, celui-ci pourrait bien vous plaire.



Lecture commune : Eliza, Shelbylee, George, Adalana et titine
D'autres lectures de cette auteure : Lou





lundi 3 juin 2013

Emma de Jane Austen

Il y a pas mal de temps que je voulais relire un roman de Jane Austen.
Après la lecture d’Orgueil et préjugés, j’ai accumulé ses romans dans ma PAL (dont certains achetés en double :S ) pour être certaine de pouvoir les lire quand j’en aurai envie.
Pourtant, quand j’ai ouvert Emma la première fois il y a quelques mois, ça ne m’a pas emballé et j’ai préféré le reposer pour attendre le bon moment.

Le british month et un billet de George m’ont décidé à retenter cette lecture, qui s’est déroulée sans accroc cette fois.

Miss Emma Woodhouse est une jeune femme très sûre d’elle, qui règne sur Highbury depuis son domaine de Hartfield.
Entourée, choyée et gâtée, elle se plait à affirmer qu’elle ne se mariera jamais pour rester à Hartfield où elle est si bien.
Mais sa vie vient de changer car miss Taylor, sa gouvernante et son amie depuis plusieurs années, s’est mariée avec Mr Weston et a quitté Hartfield.
Ce départ s’ajoute au mariage de la sœur d’Emma (vieux toutefois de quelques années) et désespère Mr Woodhouse, toujours enclin à déplorer l’absence de ses proches.
Heureusement, Mr Weston a un fils qui ne vient jamais le voir et que personne ne connaît, qui doit venir rencontrer sa nouvelle belle-mère.
Mr. Franck Churchill, le fils de Mr Weston, a été élevé par son oncle et sa tante après la mort de sa mère. On le dit charmant, et sa visite devrait animer un peu la vie quotidienne à Highbury.
Son arrivée se fait pourtant attendre, elle est reportée plusieurs fois, et il faut bien trouver autre chose à faire.
Emma entreprend alors de marier une de ses nouvelles amies, Harriet Smith…

Pour une fois, j’ai beaucoup à dire sur un roman, et ce billet va être interminable ^-^.
Il faut dire que Jane Austen a le talent de nous plonger au cœur d’intrigues simples mais attachantes.
Je sais que je vais m’attirer les foudres de certaines fans absolues, mais elle me donne toujours le sentiment de lire un roman à l’eau de rose d’un niveau très élevé.
Attention ! Je précise que j’adore les romans à l’eau de rose et que je lis même des romans Harlequin. Ce n’est donc pas une remarque dégradante pour moi, surtout que les qualités qui font de ce roman un excellent moment de lecture ne se retrouve franchement pas chez Harlequin.

Jane Austen a effectivement le talent de nous présenter un parterre de personnages complexes et attachants, qu’on a envie de mieux connaître et de suivre pendant des années.
Elle se met aussi à distance de ce récit, pour déployer une ironie qui permet de ne pas tomber dans l'histoire niaise que ce roman aurait pu être.
Elle n'est pas tendre et si Emma est adorable et Harriet est toute mignonne, Austen ne se prive pas de les juger avec humour et de les montrer sous un jour qui n'est pas toujours favorable.
Mais c’est encore une fois le personnage masculin principal qui m’a marqué (Knightley, pas Frank Churchill, évidemment !).
Knightley est à la fois distant et prévenant, en retrait mais toujours là et passe pour un brutal tout en laissant paraître dès le début un intérêt pour les autres qui se laisse deviner.
Le célibat de Jane Austen lui permettait-il d’imaginer des hommes aussi intéressants ?
S’agit-il à chaque fois de l’homme qu’elle aurait souhaité rencontrer ?
On ne le saura jamais, mais je ne peux pas m’empêcher de le penser.

Ces personnages positifs sont aussi entourés d’une flopée de personnages en contraste, qui ne semblent pas être des faire-valoir, mais plutôt une variation autour de la femme bavarde et/ou désagréable.
Les personnages de pies et de grues sont effectivement fréquents chez Jane Austen et ici elles sont particulièrement présentes.
Il y a d’abord miss Bates dont les bavardages incessants sont étourdissants, puis Mrs Elton, désagréable et instante, qu’on ne peut que détester.
Ces bavardages me semblent d’ailleurs être un morceau de bravoure incroyable, car à la lecture, on peut attraper un mal de tête équivalent à celui que l’on aurait eu devant une femme qui ferait de même.
J’ai eu l’impression de me trouver au milieu de ce salon et de voir cette femme si volubile envahir tout l’espace.

Évidemment, je ne vous cacherais pas que l’histoire est cousue de fil blanc.
On se doute très rapidement de ce qu’il va advenir, des couples qui vont se former et de l’évolution de la pensée d’Emma.
Le respect de la hiérarchie sociale est fort chez l’auteure qui insiste sur le maintien des rangs par la parole d’Emma.
Maison de Jane Austen
Les circonvolutions que celle-ci suivra pour y parvenir sont néanmoins très agréables à lire, et c’est aussi là que Jane Austen se différencie clairement d’un auteur de romans sentimentaux du 20e siècle.
Les moments de doute, les rencontres entre les personnages, les rebondissements font tout le sel de ce roman où Emma devient petit à petit  une personne un peu plus raisonnée.

C’est aussi un roman dense, qui vous permettra de vous installer dans l’histoire car les pages se tournent lentement.
Ne comptez pas le lire en une après-midi, et ne le laissez pas en cours de route.
Vous risqueriez de vous perdre tant il y a de personnages différents.
Les Cole, les Perry, les Bates, les Weston, les Churchill (et j’en oublie) viennent et reviennent et parfois on les confond un peu.
lui, c'est Darcy, hein, pas Knightley ;)
Jane Austen s’y perdait probablement aussi, vu que le bébé qui naît à la fin du roman change de nom en quelques pages pour s’appeler d’abord Anna, puis Adélaïde !!

J’ajouterais pour finir que le basculement d’Emma se fait là encore lors de la visite de la maison de son amoureux, comme pour Elizabeth Bennett !
Décidément, les maisons sont symboliques pour Austen, et on ne semble pas devoir se décider sur son conjoint avant d’avoir vu l’endroit où il habite.

Si vous voulez vous plonger dans une belle histoire pour l’été, si vous avez envie d’un bon roman, celui-ci pourrait vous plaire.
Quant à moi, je vais aller voir les adaptations ciné et télé pour me replonger dans cette histoire et voir ce qu’ils en ont fait !


Pour lire d'autres avis : le billet de George, le billet de Noveleen

British month, PAL, Lecture commune, J'aime les Classiques






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