mercredi 4 août 2010

L'autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie

Cette lecture est la première que je fais grâce à un partenariat du blog de blog-o-book, le marque-page des blogueurs.
Comme ce sont les vacances, je me suis dit qu’il serait plus facile d’être sélectionné, et j’ai postulé pour lire L’autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie.
Je ne connaissais pas du tout cet auteur, et je suis plutôt tournée vers l’Asie en général. Je dois lire la Ferme Africaine depuis des mois, sans m’être encore décidé. Cette lecture était donc une découverte totale, d’autant plus que le résumé de quatrième de couverture est assez évasif.

J’ai donc guetté ma boite à lettre, et quand le roman est arrivé, ma première impression a été « Oh ! Quel pavé ! » . J’avais un mois pour le lire, et il fallait quand même s’y mettre.
Finalement, j’ai mis une semaine et demi pour lire les 660 pages, et j’ai adoré.

La structure du roman évolue au fil des pages et permet de croiser les fils tissés dans les premiers chapitres.
L’auteur réserve des surprises au lecteur, des retournements de situations et des croisements que je n’avais jamais lu jusqu’à maintenant. Certains évènements sont prévisibles, d’autres le sont moins.
Les quatre parties du roman, par exemple, sont d’abord organisés de façon chronologique, puis reviennent en arrière. C’est très bien trouvé, le lecteur croit qu’il a manqué quelque chose, qu’il n’a pas été attentif, mais il a en fait été « victime » d’une ellipse invisible.

Le sujet était aussi une surprise. Je n’avais sans doute pas été très attentive au résumé présent sur blog-o-book quand j’ai postulé, et j’ai découvert tout un pan de l’histoire du Nigéria et du Biafra. Je n’étais pas né à la fin des années 1960, mais les plus de trente ans ont tous entendus parler des petits biafrais qui mouraient de faim sans réellement identifier ce pays et sa population.
Les indépendances rapides et non réfléchies n’ont que rarement aboutit à des gouvernements viables et durables en Afrique, et la Nigéria a, si l’on peut dire, fait les frais des luttes de pouvoir entre les ex colonisateurs. Sans être trop didactique, l’auteur explique les origines de cette guerre, place en arrière plan les manœuvres des anglais qui ne souhaitaient pas lâcher trop vite le territoire riche du Nigéria, les armes offertes aux Nigérians, le blocus imposé au Biafra et la famine qui décime la population, les journalistes condescendants et l’opinion publique étrangère qui préfère penser que le Biafra est entièrement responsable.
On ne peut éviter de penser aux massacres récents au Rwanda, ou de s’interroger quant au découpage arbitraire effectué par les colons et aux conséquences que cela a depuis cinquante ans sur une population qui n’avait rien demandé.

Bien sûr, le roman ne parle pas que de cela !

Les trois premiers chapitres alternent les points de vue et s’enchainent pour présenter les personnages principaux.
 Ce choix est plutôt intéressant, car il permet de découvrir des aspects très différents de la société nigériane du début des années 1960.
Le premier personnage, Ugwu, est un boy qui arrive de la campagne. Il joue le rôle de la figure classique de l’ingénu et permet à l’auteur de nous dévoiler la vie quotidienne d’un professeur d’université,  son patron, l’organisation de son quotidien, de sa maison et de présenter les personnages secondaires qui fréquentent son salon. Ce professeur sera lui-même la figure du savant dans le roman et permettra à l’auteur de développer un discours politique clair et éclairant pour les évènements à venir.
Ce même patron, Odenigbo, fréquente une jeune femme qui est au centre du deuxième chapitre. Olanna est issue de la haute société de Lagos mais fréquente différents milieux et les décrits par opposition, pour montrer son rejet des conventions.
Richard, le personnage du troisième chapitre, est un anglais blanc qui a fait le choix de s’installer au Nigéria pour fuir les conventions de la bonne société britannique. Il rencontre la sœur jumelle d’Olanna et part rejoindre l’université de Nsukka, où enseignent également Odenigbo et Olanna.
Ces cinq personnages vont sans cesse croiser leurs vies puis traverser la guerre chacun à leur façon.

Chimamanda Ngozi Adichie campe des personnages qui ont une épaisseur, une vie intérieure et offre une description de la guerre sans complaisance.
Le récit va au-delà du devoir de mémoire car il pourrait être emblématique de toutes les guerres, mais le choix de cette guerre, pourtant largement oubliée, apporte la force supplémentaire du témoignage de l’auteur.
La multiplication des récits, exigée par le pluralité des vies décrites dans le roman, impose une vision plurielle de cette guerre où le lecteur devient lui aussi un témoin chargé de relayer la parole des victimes.

Seul petit bémol, certains personnages secondaires restent opaques ou sont simplement effleurés et j’aurais apprécié qu’ils aient plus de consistance. C’est sans doute un effet voulu par l’auteur, puisque ces personnages sont présents pendant un temps limité, mais leur multiplication fait que je me suis parfois perdue parmi les visiteurs, les cousins et les amis. Bon, le roman fait déjà plus de 600 pages, et une saga de ce genre impose une série de personnages de ce type.

Pour conclure, vous l’aurez sans doute deviné, je vous conseille cette lecture si :
-               -   Vous aimez apprendre quelque chose quand vous lisez un roman
-               -  Vous aimez les sagas familiales
-               -   Vous aimez vous identifier au personnage principal (ici, il y a du choix)
-               -   Vous aimez l’Afrique
-               - Vous avez envie de lire un bon bouquin !


Ce livre a fait l’objet d’un partenariat. Je remercie les éditions Gallimard pour l’envoi de ce livre et Blog-O-Book pour le partenariat.

J'ajoute aussi le Nigéria à ma participation au challenge Tour du monde

dimanche 1 août 2010

Une petite bibliothèque

En ce dimanche tout gris, je vous invite à faire un petit tour au soleil avec une nouvelle bibliothèque.

C'est un havre de paix et de fraicheur au milieu de l'activité de cette grande ville.
Elle n'est pas très grande, les publications qui s'y trouvent sont pour la plupart anglophones, mais cela ne signifie pas qu'il s'agisse de la langue maternelle des gens qui la fréquentent.


Il ne s'agit pas d'une bibliothèque très connue, mais elle a le mérite de nous faire voyager. 
Allez, je vous donne un indice, sinon ça va être très compliqué. 

* Vous aurez peut-être noté que j'ai parlé de grande ville, c'est même la capitale*

Et voilà une seconde photo avec un GROS indice...


Alors ? 
Vous avez trouvé ? 

Et chez Delphine's books, il y en a une autre.


mercredi 28 juillet 2010

Un challenge qui ne dépend pas que de moi...

Je viens de découvrir sur le blog de George S puis sur le site de Sophie / Herisson une proposition de chaîne de livres.
Il s'agit pour chaque participant de trouver six volontaires pour participer avec lui.
Ainsi, si je trouve ces six volontaires, je serai moi-même un volontaire de George.
Pour chaque participant, il s'agit d'envoyer un seul et unique livre et de recevoir jusqu'à 36 livres. Une bonne idée, non ?


Bon, c'est un peu compliqué, mais en gros, je dois trouver six personnes qui enverront chacune un livre à George S, et ces six personnes (vous peut-être ? ) trouveront elles-mêmes six personnes qui m'enverront chacune un livre.
La chaine se poursuit ainsi, et même si quelques maillons abandonnent, on peut quand même espérer une bonne dizaine de découverte livresques.

Alors, ça intéresse quelqu'un de devenir l'une des six personnes qui participeront avec moi ?
hh

mardi 27 juillet 2010

Le Talisman de Walter Scott

Je suis une fan de Walter Scott depuis que je suis passée sur les bancs d’une faculté de Lettres.
Je le connaissais déjà, mais dans mon jeune temps, le seul roman disponible était une version simplifiée de Quentin Durward, et j’avais beau enquiquiner mon fidèle libraire, il n’arrivait pas à trouver autre chose.
Bien sûr, je l’ai lu, mais ça n’a pas grand-chose à voir avec la fougue et les développements enfiévrés de Walter Scott.
Imaginez mon euphorie quand la collection Bouquin a sorti un énorme volume contenant Waverley, Rob-Roy et la Fiancée de Lamermoor, sortie qui coïncidait avec la création d’un cours sur le roman gothique où Waverley figurait en bonne place.
Je les ai donc lu, au moins deux fois, je crois, décortiqués, analysés et surtout appréciés.
Puis il a fallut attendre qu’un autre éditeur fasse de même.
Et là, ce magnifique éditeur qu’est Phébus, a accomplit l’exploit : la parution de vieux Walter Scott.

Certains titres ne sont pas vraiment connus, ce qui m’a amené à penser que peut-être, ils étaient moins bien que ceux dont on connait par cœur les titres : Ivanhoé (que je n’ai pas encore lu, chouette) ou La Fiancée de Lamermoor.
Il fallait tenter pour le savoir, et j’ai donc lu le Talisman.

Dans ce roman, publié en 1825, Kenneth est un chevalier énigmatique dont la position social et nobiliaire semble compromise par un secret bien caché.
L’histoire se déroule à la fin de la troisième croisade, au 12e siècle. Richard Cœur de Lion, accompagné de plusieurs rois européens, affronte Le Sultan Saladin pour conquérir la Palestine et garder Jérusalem.
Mais le roi Richard est malade, et ne peut occuper sa position de chef. Il s’ensuit des dissensions parmi les rois, et certains menacent de partir.
Parallèlement, les templiers fomentent un complot pour reprendre la direction des combats.
Le camp des croisés est donc le lieu de luttes internes qui risquent de mettre fin à la croisade.
Au milieu de tous ces intérêts croisés, le chevalier Kenneth apparaît comme un noble pauvre et désespéré qui tente de se racheter et de se faire une réputation auprès du roi. Il est écossais, ce qui lui impose de montrer sa valeur. Il est également amoureux d’une femme inaccessible, Edith de Plantagenêt, qui appartient à la famille royale.
Pour mériter son amour et se faire une place parmi les chevaliers proches du roi, Kenneth va accomplir une série d’actes de bravoure et croiser de nombreux personnages ennemis ou amis.
Le roman narre ses aventures, avec forces rebondissements et surprises pour le lecteur.

J’adore les atmosphères à la fois noires et romantiques des romans de Walter Scott, et je dois dire que j’ai été gâtée. Même dans le désert et sous un soleil implacable, l’intrigue est tendue et le lecteur en attente.
Les personnages principaux sont bien décrits, ils ont une profondeur et on entre directement dans leur psychologie. Ainsi, Saladin, le Roi Richard et Kenneth deviennent des familiers quand on a refermé le roman.
Je regrette toutefois la minceur des personnages féminins. Edith est aperçue, elle intervient peu et subit plus qu’elle n’agit, même si on la sent volontaire. Il en est de même de certains hommes, comme l’ennemi de Kenneth auprès du roi, dont on attend plus d’action.
Il y a également quelques longueurs au deux tiers du roman. Quelques cinquante pages se succèdent sans qu’il s’y passe quoi que ce soit de percutant.

Verdict : du vrai Walter Scott comme on les aime, trépidant et passionnant, avec quelques petites faiblesses qui se font oublier.

Le jour de la parution de ce roman, le 22 juin 1825, est également sorti Les Fiancés, premier volet des Histoires du temps des croisades, qui ne semble pas édité en France. Mais je crois que pour le prochain, je choisirai Ivanhoé



Ce livre est ma contribution au challenge J'aime les Classiques pour le mois de juillet.
C'est aussi un passage en Ecosse pour le Challenge Tour du monde.



C'est ahh

lundi 26 juillet 2010

Encore quelques challenges

Je poursuis la liste des challenges auxquels je prends part (cf. et aussi)
Ils sont tous récapitulés sur une page ici, qui constitue un peu mon bloc note, et si j’étais très prévoyante ou très organisée,  j’envisagerai presque de ranger ma bibliothèque en piles correspondant aux différents challenges en cours.
Mais je ne l’ai pas encore fait…

Je suis donc monté en marche dans le train de deux challenges pas trop contraignants, et qui permettent de revisiter les auteurs classiques (pour la majuscule, c’est selon. On peut la mettre ou pas, mais tout dépend ce que vous entendez par « classique » et si c’est un adjectif ou un nom).

Le premier est organisé par Marie et ses carabistouilles et s’intitule « J’aime les Classiques ».
Il s’agit de lire un Classique chaque mois et de lui signaler le lien.
J’ai commencé en mai, et j’ai lu Mademoiselle de Scudéry de Hoffman, puis Le Moine de Lewis.
Au mois de juillet, je lis Le Talisman de W. Scott.
Et pour le mois d’août ? Je cherche.

Le second petit challenge est organisé par Cynthia, c’est le challenge 2 euros.
Folio et Librio publient régulièrement des petits volumes, souvent libres de droit, qui se lisent rapidement, mais peuvent présenter des textes  majeurs dans l’histoire littéraire.
Ce challenge permet donc d’en lire quelques uns et le récapitulatif donne surtout des informations quant à ceux qui ont été publiés.
C’est plus facile pour faire son choix.
Pour le moment, j’ai lu Pour une nuit d’amour d’Emile Zola. 
Le prochain est déjà acheté, mais j'en ai quelques uns, alors il faut que je me décide.

A demain pour le Talisman de W. Scott et plus tard pour d'autres challenges...

hh

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